ROCK FOREVER (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Rock of Ages
Père : Adam Shankman
Livret de famille : Julianne Hough (Sherrie), Diego Boneta (Drew), Tom Cruise (Stacy Jaxx), Alec Baldwin (Dennis Dupree), Catherine Zeta-Jones (Patricia), Russell Brand (Lonnie), Malin Akerman (Constance), Bryan Cranston (le maire), Paul Giamatti (Paul), Mary J. Blige (Justice)…
Date de naissance : 2012 / Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 2h02 – 70 millions $

Signes particuliers (+) : Dans l’esprit des anciennes comédies musicales avec un script à l’arc narratif très simple compensé par un maximum d’énergie et de bonne humeur. Des seconds rôles géniaux et Julianne Hough ravissante.

Signes particuliers (-) : La plupart des chansons sont une trahison au rock

 

I LOVE ROCK N’ ROLL

Résumé : Sherrie sort de son Amérique profonde pour venir tenter sa chance comme chanteuse à Los Angeles. Elle est naïve, L.A. est impitoyable. Elle trouve refuge dans la salle culte du Bourbon Room sur Sunset Strip en tant que serveuse grâce au jeune Drew, qui lui-aussi rêve un jour de chanter du rock…

On ne sait pas si c’est le poids des décennies qui passent qui le rendent ainsi boulimiquement productif mais décidément, Tom Cruise n’est jamais là où on l’attend et semble avoir envie de tout faire avant qu’il ne soit trop tard, à commencer par s’éclater maintenant que sa stature de superstar du cinéma hollywoodien est établie et inébranlable. Le voilà du coup dans… une comédie musicale où il interprète une star du rock barrée sur le déclin, aussi perchée qu’alcoolique et addict au sexe et autres vices ! Les racines de ce choix original et surprenant sont peut-être à aller chercher soit du côté de son expérience en producteur déjanté dans le Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller qui lui l’avait amené à une prestation musicale mémorable aux MTV Movie Awards avec Jennifer Lopez, soit du côté d’une frustration enfouie au plus profond de lui-même, celle de ne pas avoir été une rock star, curieusement rêve commun à bien des acteurs.

Réalisateur de comédies romantiques et de comédies tout-court (Baby-Sittor, Un Mariage trop Parfait, Treize à la Douzaine 2), le cinéaste Adam Shankman confesse avoir été transporté par la comédie musicale Rock of Ages, à l’origine de son film et qu’il avait découvert à Broadway. Lui qui s’est déjà frotté au genre en 2007, avec l’adaptation d’Hairspray (et la réalisation de deux épisodes de la série culte Glee) a eu envie de s’en repayer une tranche et s’est alors lancé dans le projet de transposition cinématographique du spectacle faisant revivre l’esprit rock des années 80 en perdition au milieu des fatales nineties avec l’arrivée du fléau des Boys Band.

Construit comme une pure comédie musicale à l’ancienne, avec tous les clichés et la narration ultra-primaire typique du genre où les raccourcis sont quasiment une marque de fabrique revendiquée (en dehors de quelques chefs d’œuvre), Rock Forever assume à 100% son parti pris et développe une histoire toute simple, faite de rêves, d’espoirs, de combat entre le Bien et le Mal, d’idéaux et d’ascension vers les sommets. Une histoire évidemment à la naïveté mise en avant comme un étendard la catégorisant au rang d’humble divertissement privilégiant le plaisir à l’intelligence. Le discours ne vole certes pas haut et rabâche des évidences (il faut croire en ses rêves, ne jamais trahir ses idéaux et rester qui l’on est en gardant à tout prix son intégrité morale car vendre son âme, c’est mal) mais l’intérêt, c’est comme la vérité pour Mulder, il est ailleurs.

Rock Forever ambitionne juste de servir une histoire simple, dans un film simple mais résolument « rock ‘n’ roll » dépotant en toute modestie au niveau des chansons et de l’humour ! Effet bonne humeur recherché, Adam Shankman injecte une grosse dose de vitamines dans un film coloré renouant avec l’esprit des anciennes comédies musicales sympathiques et fun. Et le cocktail prend pas si mal, avec un résultat qui fait aléatoirement tapoter du pied sous le fauteuil, seulement freiné dans sa course par un problème de taille : c’est quoi ce rock n’ roll de merde, bordel !!! Les grandes gloires du genre pourraient bien faire un infarctus en voyant ce spectacle proposant des chansons qui se revendiquent « rock » mais qui sont au final plutôt « n’ drôles » décrédibilisant tout un courant musical. Du rock à l’eau de rose là où l’on aurait préféré du bon son comme à l’époque, c’est clairement la faute de goût d’un film qui partait bien et qui se tire en beauté une belle balle empoisonnée dans le pied ! Un beau gâchis mais qui ne fait pas, heureusement, voler tout le film en éclat car passée cette pilule un peu grosse à avaler, le spectacle survitaminé et les bonnes intentions font le reste dans un film vivant et distrayant.

Comme pour toute comédie musicale, un genre casse-gueule -et mention à tout ceux qui ont eu le courage de se lancer dans cette aventure- le principal et premier problème à surmonter est le casting qui doit être parfait car toute l’entreprise repose sur leurs épaules. Shankman a fait appel à un duo plutôt bon (à défaut se révéler bon acteur) où l’alchimie passe suffisament pour que la sauve prenne. D’un côté, la pétillante et mignonette Julianne Hough, fraîche blondinette qui n’est pas sans rappeler la Christina Aguilera des débuts, danseuse et chanteuse à la base aperçue ou vue dans Burlesque et Footloose. De l’autre, Diego Boneta, chanteur mexicain qui s’est fait connaître aux Etats-Unis via la série revival Beverly Hills : Nouvelle Génération. Un duo de chanteurs qui aura quand même travaillé leurs vocalises de longs mois durant à l’instar de Tom Cruise mais aussi de tout un casting riche et varié, Catherine Zeta-Jones en méchante de service, Alec Baldwin et Russell band en duo comique ou encore Malin Akerman en journaliste sexy incendiaire (et Mary J. Blige en guest).

Il est impératif de ne pas être réfractaire au genre pour apprécier le divertissement proposé par Rock Forever. D’une, parce que ça y chante sans cesse et de deux, parce que ce ne sont pas qualités esthétiques ou narratives qui vous feront apprécier un film gentiment débile mais sauvé par sa punch touch. En même temps, on n’allait pas attendre du scénariste (l’ex-acteur Justin Theroux) de Iron Man 2, un monument d’intelligence ! Revendiquant l’esprit d’une époque où le rock n’était pas un courant musical mais un style de vie en se focalisant sur la période où son déclin amenait les derniers puristes à passer par des neuneus passés d’âge, jamais redescendu d’un trip fini et balayé par la merde moderne (ah les années 90 ont fait du mal, ça c’est clair), Rock Forever pétille, amuse par sa douce caricature, essaie de faire vibrer même son côté bluette romantique limitée et facile en atténue l’impact. Mais c’est tellement inoffensif qu’on finit par presque apprécier…

Bande-annonce :

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