RENCONTRE AVEC L’ÉQUIPE DU FILM « CONNASSE, PRINCESSE DES COEURS »

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CONNASSELa semaine dernière, nous avons eu la chance de rencontrer l’équipe du film Connasse, Princesse des Coeurs, lors d’une projection suivie d’une petite session de questions/réponses avec Camille Cottin (la Connasse), ainsi que les deux réalisatrices du film, Noémie Saglio et Eloïse Lang.

Pour rappel, Connasse, Princesse des Coeurs est l’adaptation de la mini-série diffusée sur Canal+ et le film sera en salles le 29 avril.

Notre avis et la critique du film ici.

IMG_2613Pouvez-vous nous raconter la genèse du programme et comment vous en êtes arrivées à faire un long-métrage ?

Eloïse Lang : Connasse, c’est un personnage qu’on a créée avec Noémie (Saglio). On cherchait un personnage drôle et on s’est dit pourquoi pas une connasse. Puis on a trouvé Camille (Cottin) pour l’interpréter. On a tourné 70 épisodes pour Le Grand Journal sur Canal+. Et un jour, on s’est dit qu’on aimerait passer plus de temps avec elle alors on en est venues à faire un film, sauf qu’on allait faire un film dans les mêmes conditions que la série, c’est à dire entièrement fait en caméra cachée.

Est-ce que ça n’a pas été trop dur de tourner le film en caméra cachée à cause du succès de la série et de la notoriété de Camille Cottin ?

Noémie Saglio : Bah c’est pour ça que nous sommes est parties à Londres ! Sur la fin, ça devenait assez difficile sur Paris, on était tout de suite reconnues, les gens pouffaient de rire rien qu’en voyant Camille donc… Il fallait aller ailleurs. Là-bas au moins, c’était pratique. Et pour les scènes à Paris, quand les gens reconnaissaient Camille, on allait ailleurs du coup, on choisissait d’autres personnes. Puis on a tourné l’été, il y avait pas mal de touristes et sinon, on avait affaire à des gens qui n’étaient pas des fans ou qui ne regardaient pas forcément Canal+… Comme le notaire. On a un peu le casting en fonction de ça.

Petite question pour Camille. A force de jouer la connasse, est-ce qu’on ne devient un peu…

Camille Cottin : Qu’est-ce que ça peut te foutre ! (rires) Non, ça va, au contraire, quand on arrête de jouer la connasse, on est content de revenir mignon, gentil, docile, je fais la queue dans les magasins etc… Bon en ce moment, non, j’en profite (elle est enceinte – ndlr) mais je dis « J’en ai que pour quatre mois, s’il vous plaît, laissez-moi passer.« 

Les gens dans la rue sont plutôt sympas avec vous ou pas ?

Camille Cottin : Les gens qui me reconnaissent sont souvent des gens qui aiment bien le programme donc ça va, ils sont gentils.IMG_2616

Dans certains épisodes de la série (comme La Voyante ou Le Taxi), on avait un peu peur pour vous car on avait l’impression que vous alliez vous en prendre une. Est-ce que vous avez eu peur parfois ? Personne n’est jamais devenu violent ?

Camille Cottin : Non, ça va, personne n’est jamais devenu violent. Après c’est vrai que la voyante, c’est une des personnes avec laquelle je suis restée le plus longtemps. En général, c’est assez court, y’a pas d’acharnement. Le ressort comique de la série, c’est pas de voir dans quel état peuvent se mettre les gens. La voyante était vraiment agacée, elle a dit qu’elle était à deux doigts de m’envoyer son rouleau de scotch dans la figure.

Vous pouvez nous parler de la police anglaise. Ils sont aussi aimables que ça ?

Camille Cottin : Franchement, ils sont plutôt sympas, ouais. Les hommes sont sympas. La femme à cheval dans le film, était plus agacée, elle. Je sais plus ce qu’elle a utilisé comme mot mais c’était un truc du genre « prick » ou « count ». Un truc pas sympa. Du genre connasse, quoi !

Est-ce que le Prince Harry a vu le film ?

Camille Cottin : Je vais déjà aller lui présenter sa progéniture ! (en montrant son ventre rond – ndlr). Puis s’il veut savoir comment c’est arrivé, je lui montrerai le film. (rires)

Le chien que vous martyrisez dans le film va bien ?

Camille Cottin : Le chien va bien, oui ! Non mais on l’a pas maltraité, il était cool. D’ailleurs quand je lui cours après, moi je vais perdre un poumon et lui, il ne bouge pas. Elle s’appelait Holly. Et on l’a bien rendu.

Noémie Saglio : Après, quand Camille le frappe, c’est un faux chien par contre.

Camille Cottin : On l’avait empaillé en fait. (rires)noemie-saglio-camille-cottin-et-eloise-lang

Il y a de l’impro dans le film, des parties qui n’étaient pas prévues à la base ?

Eloïse Lang & Noémie Saglio : Je crois qu’il n’y a rien qui a été improvisé. C’est impossible en fait. Après, il y a l’improvisation de Camille parce qu’elle va dans la vraie vie et que tout ne tombe pas forcément au moment où on a écrit telle ou telle réplique etc… Elle se faufile là-dedans et elle se débrouille pour nous ramener la scène qu’on veut. On nous a souvent demandé pour la scène où elle grimpe à la grille du Palais du Prince Harry. C’est pas possible d’improviser ça car on a qu’une seule chance vu qu’elle est arrêtée et qu’elle part au poste. On ne peut pas se rater. C’est des mois de préparation, tout le monde sait exactement où il doit être etc… D’autant que Camille n’a pas de micro sur elle car quand elle se fait arrêter, on ne peut pas dire qu’on fait un film. Les mecs du son ont fait une boulette de poussière dans laquelle ils sont cachés des micros. Ils sont allés discrètement la mettre derrière la grille avant la scène, puis sont allés discrètement la récupérer après. Toute l’équipe était déguisée en touristes pour ne pas se faire griller. Donc Camille s’est fait arrêtée comme c’était prévu dans le scénario et dès qu’on avait la scène, tout le monde s’est vite barré pour pas qu’on se fasse choper. Rien ne peut être improvisé. C’est comme plein de petits braquages. En fait, la caméra cachée, c’est la chose la moins improvisée au monde, curieusement. En plus, nous, on ne piège pas les lieux comme les caméras cachées traditionnelles, où toutes les caméras sont disposées dans un endroit etc… D’habitude, ce sont les victimes qui viennent dans un lieu piégé. Là, c’est nous qui allions vers les lieux donc effectivement, impossible d’improviser.

La musique et les chansons sont géniales. Comment les avez-vous choisies ? (Le compositeur Fred Avril étant au premier rang, il monte sur scène – ndlr)

Fred Avril : C’était Noémie je crois, qui voulait un truc genre Sex Pistols.

Noémie Saglio : Non, c’était Eloïse. Moi, c’était un peu style Kaizer Chief.

Fred Avril : On a fait ça en un dimanche à l’époque du pilote et cette fois, on a décliné ça en version longue. Et y’a plein de déclinaisons du thème dans le film.IMG_2625

Dès fois, il y a des plans incroyables à plusieurs caméras et avec plusieurs angles. Comment avez-vous planqué les caméras ?

Eloïse Lang & Noémie Saglio : En fait, on avait des caméras cachées dans plein de choses. Par exemple, la scène du notaire au début. On avait une caméra planquée dans un étui de guitare que la cadreuse a amené en se faisant passer pour la cousine de province de Camille. Il était posé contre le mur. L’accessoiriste avait fait un tout petit trou dedans pour l’objectif. Cette caméra faisait le plan large. Ensuite, Camille avait son sac à main… Un sac Delphine Delafon, que vous pouvez trouver partout, au Printemps, aux Galeries Lafayette… Je fais de la pub, c’est ma cousine. (rires). On avait fait des trous dedans et il y avait deux autres caméras, une tournée vers Camille, une tournée vers le notaire. Au début, les gens regardent un peu la cousine-assistante… D’autant qu’elle fait de drôles de tête car elle vérifie sans cesse la lumière, le cadrage etc… Puis les gens finissent par l’oublier, ce qui limite les regards caméra. Le champs/contre-champs, c’est mon sac et le plan large, c’est l’étui.

Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ?

Eloïse Lang & Noémie Saglio : Les Horse Guards (la police montée – ndlr). C’était la plus angoissante. Pour Camille, ce fut ça. Pour nous, c’était le notaire. On s’y est repris à dix fois avec dix notaires différents ! Il y avait toujours un problème de cadrage, d’éclairage, de contre-jour ou autre.

Question sur l’organisation encore. Pour la chambre d’hôtel, vous avez fait comment ? Combien de temps ça a duré le manège avec la femme de chambre et surtout, comment vous avez fait pour faire en sorte à ce que la chambre ne soit pas nettoyée pour garder tout ce que vous aviez mis sur les murs ?

Eloïse Lang & Noémie Saglio : On a tourné en une nuit ! On a tout collé sur les murs dans la nuit et le lendemain matin, Camille a commandé un sandwich. Pour la petite histoire, il fallait en plus qu’on justifie d’être aussi nombreux pour seulement deux chambres, car on avait deux chambres. Le producteur a fait croire que Camille était une personnalité très importante qui voulait rester discrète. On a commencé à mentir hors champs.

Camille Cottin : On lui a fait croire que je devais avoir mon prof de sport personnel et là le mec du son est arrivé avec son tapis de yoga à la main. On lui a vraiment fait croire qu’il ne fallait pas me déranger car j’étais très chiante. C’était assez marrant. Toute l’équipe se travestissait.IMG_2621

Avez-vous dû enlever des choses dans le film ?

Noémie Saglio : Oui, on a gardé des choses, on a dû en enlever… Mais on est clean hein… Enfin… Y’a des avocats dans la salle ?

Il y a une scène avec un joueur de polo qui essaie de choper Camille, un vieux monsieur flouté…

Eloïse Lang & Noémie Saglio : Il était marié. C’est pour ça qu’il est flouté !

Vous avez vraiment fait de la prison après vos arrestations ?

Camille Cottin : Non. J’ai été au poste deux fois mais pas en garde à vue. J’ai fait ma déposition et voilà. Je ne devais pas dire que c’était pour un film car on avait encore des choses à tourner et il ne fallait pas qu’on nous expulse. Donc à chaque fois, je disais que c’était un enterrement de vie de jeune fille et que mes copines allaient arriver. Je répétais « ah j’ai été trop conne, pardon, pardon… » Et Noémie et Eloïse arrivaient etc… Quand l’infraction n’est pas inscrite dans votre casier, ils ne font pas le lien entre les commissariats donc ça va. Enfin… Bon, aujourd’hui, j’ai plus le droit d’approcher d’un endroit « royal » mais bon… (rires)

BANDE-ANNONCE :

Merci à Camille Cottin, Noémie Saglio, Eloïse Lang, ainsi qu’à Gaumont, Réjane et Vincent.

Par Nicolas Rieux

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