POMPÉI de Paul W.S. Anderson
Critique – en salles (péplum, catastrophe)

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Carte d’identité :
Nom : Pompéi
Père : Paul W.S. Anderson
Livret de famille : Kit Harington (Milo), Adewale Akinnuoye-Agbaje (Atticus), Carrie-Anne Moss (Aurelia), Emily Browning (Cassia), Jared Harris (Severus), Kiefer Sutherland (Corvus), Isabel Lucas (Ariadne), Currie Graham (Bellator), Sasha Roiz (Proculus)…
Date de naissance : 2013
Majorité : 19 février 2014 (en salles)
Nationalité : USA
Taille : 1h44 / Poids : 100 millions $

 

Signes particuliers (+) : Parce que les miracles existent, Paul W.S. Anderson a réussi à accoucher d’un bon film ! Sous ses airs de série B traversée de défauts, Pompéi est une petite surprise à laquelle on ne s’attendait pas. Visuellement soigné, exécuté avec sérieux, solidement interprété, plus crédible scientifiquement que ce à quoi on s’était préparé et haletant de bout en bout, il est un modeste mélange entre romance, Gladiator, 300 et le cinéma catastrophe. Mieux, Anderson réussit même à éviter l’écueil de ce dernier en parvenant à rendre palpitante une exposition écrite avec densité. Au final, un blockbuster tout à fait défendable tenu avec intensité et efficacité.

Signes particuliers (-) : Sympathique ne voulant pas dire génial, au rayon des défauts, on retiendra un script pas très finaud dans ses grosses coutures, quelques virées hasardeuses en terres pleurnicheuses et des effets digitaux inégaux quoique supérieurs à ceux entrevus dans le trailer. 

 

UN FILM CATASTROPHE… EXPLOSIF !

LA CRITIQUE

Résumé : En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, esclave d’un puissant marchand, rêve du jour où il pourra racheter sa liberté et épouser la fille de son maître. Or celui-ci, criblé de dettes a déjà promis sa fille à un sénateur romain en guise de remboursement… Manipulé puis trahi, Milo se retrouve à risquer sa vie comme gladiateur et va tout tenter pour retrouver sa bien-aimée. Au même moment, d’étranges fumées noires s’élèvent du Vésuve dans l’indifférence générale… Dans quelques heures la ville va être le théâtre d’une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps.425216.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’INTRO :

Ça lui va bien à Paul W.S. Anderson de poser ses bottes dans la Rome Impériale car il retrouve un élément qu’il connaît bien, lui-même étant Empereur de son état, celui des tacherons du tout-puissant Hollywood. Pour son nouveau méfait, le cinéaste aux 1001 navets (choisissez sur l’étalage : Alien vs Predator, Mortal Kombat, Death Race, Les Trois Mousquetaires 3D, Soldier ou n’importe quel Resident Evil…) se voit confier le plus gros budget de sa carrière par un producteur sans doute toqué du ciboulot, confiant dans l’idée de le laisser s’emparer de la tragédie de Pompéi en vue d’un péplum catastrophe ultra-spectaculaire. Le film devait à la base être signé à Roman Polanski (quel drôle d’idée cela dit) mais c’est finalement dans la besace d’un Anderson qui signe là sa douzième réalisation, qu’atterrit un film porté au final par Kit Harrington (Jon Snow de Game of Thrones) et Emily Browning (Sucker Punch). Le premier est un esclave « gladiatorisé », la seconde une belle romaine de riche famille. Autour de ce duo romantique, une belle galerie bis emmené par notre cher Kiefer Jack Bauer Sutherland en méchant tribun sans pitié et le talentueux mais dont on ne retient jamais le nom Adewale Akinnuaoye-Agbaje (le colosse black de la série Oz). Egalement, Carrie-Ann Moss, Jared Harris ou encore la sexy Jessica Lucas, dont la généreuse poitrine en 3D vaut le détour. Parce qu’au fait, n’oublions pas de préciser que Pompéi est un grand spectacle, en 3D.

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L’AVIS :

Il est parfois de ces petits miracles ou faits de l’histoire que l’on ne pensait jamais voir de son vivant et qui arrive par surprise. Comme voir un jour l’Equipe de France championne du monde de foot, François Hollande atterrir à la Présidence, l’Eglise catholique militer pour le port du préservatif… Ah non, on me dit que ça, toujours pas. Bref, à la liste, on pourrait rajouter voir un jour Paul W.S. Anderson refaire un bon film, 17 ans après Event Horizon. Mais comme le cours de l’histoire est fait pour surprendre, ce jour là est arrivé. Et c’est Pompéi.Pompei-131203-02

On ne va pas se le cacher, on s’attendait à assister à une énième débâcle artistique du plus balourd des épouvantails hollywoodiens. Le genre de film dont la crétinerie n’a d’égale que la nullité abyssale du spectacle proposé. En somme, on s’attendait à voir Anderson faire du Anderson et une fois de plus nous aiguiller vers l’idée qu’il aurait dû choisir WC et non WS comme particule centrale à son nom. Pourtant, béni soit les dieux du cinéma, le réalisateur a su nous faire mentir. Pompéi est un bon spectacle haletant, calibré pour être efficace, loin de la purge escomptée.416383.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Peut-être déjà parce que le projet bénéficiait du talent d’un scénariste qui a su gagner sa crédibilité avec, entre autre, un Gosford Park. Peut-être aussi parce que le sujet est traité avec un angle qui lui confère un intérêt certain au-delà du simple récit d’une catastrophe dévastatrice. Ou encore, peut-être parce que ses comédiens font le job avec sérieux et application servant ainsi les desseins d’un Paul W.S. Anderson qui, pour une fois, essaie de sortir des ornières du ridicule pour s’adonner à une cristallisation de l’intensité made in blockbuster. Dans tous les cas, Pompéi est une grosse machine qui fonctionne et chose intéressante qui n’est pas donné à tous les films du genre, de part en part. Car l’un des gros défauts du cinéma catastrophe généralement, est de ne pas savoir comment remplir son exposition pré-moment de bravoure attendu. En développant sans nonchalance un récit historique palpitant, Anderson esquive cet écueil et parvient à nous tenir en haleine durant une bonne heure, certes prévisible et sans grandes surprises, mais pleinement divertissante.Emily-Browning-and-Jessica-Lucas-in-Pompeii-2014-Movie-Image-2

Pompéi fonctionne donc en deux temps. Une première partie à mi-chemin  entre Gladiator et 300, des références avoués par le cinéaste, avant une seconde résolument tourné vers le pur cinéma catastrophe saupoudré de romance. On n’ira pas jusqu’à dire que le résultat est un grand métrage fascinant de génie mais c’est dans tous les cas, une surprenante réussite modeste et à son échelle, à prendre pour ce qu’elle est, un entertainement movie de bonne facture, suffisamment prenant pour faire la blague. Certes, on aurait été curieux de voir ce qu’en aurait fait un Emmerich avec toutes ses aptitudes en terme de mise en scène catastrophe. Le scénario n’en aurait pas été plus finaud, mais plastiquement peut-être un cran au-dessus, d’autant que tous les effets digitaux ici présents ne sont pas du même niveau question réussite. Au moins, ils sont loin d’être la honte que laissé présager la bande-annonce.428884.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

On ne pensait dire cela un jour d’un film du bonhomme, mais le Pompéi de Paul W.S. Anderson est un plaisir coupable plus qu’honnête et défendable. Si l’ensemble reste assujetti à une intrigue un brin naïve et sans une grande épaisseur dans ses coutures générales ou s’il se perd parfois dans des velléités pleurnicheuses appuyées, reste une attraction généreuse et emballante, qui a au moins le mérite de ne jamais ennuyer et d’être exécutée avec un minimum de soin apporté tant à la direction artistique qu’à l’écriture de son récit, qu’à une mise en scène efficiente ou à un certain souci du détail historique dans le contexte comme la catastrophe en elle-même (oui, oui, vous pouvez vérifier, l’illustration n’est pas si ahurissante comparé à ce que l’on pouvait attendre). Sérieusement, un effort solide, plaisant et armé d’une volonté de fer d’intéresser. Et ça a marché.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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