PASOLINI d’Abel Ferrara
Critique – #Festival de Deauville – Sortie Ciné

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PasoliniMondo-mètre
note 4 -10
Carte d’identité :
Nom : Pasolini
Père : Abel Ferrara
Date de naissance : 2014
Majorité : 31 décembre 2014
Type : Sortie en salles
Nationalité : Italie, France, Belgique
Taille : 1h24 / Poids : NC
Genre : Drame, Biopic

Livret de famille : Willem Dafoe (Pasolini), Ninetto Davoli (Epifanio), Riccardo Scamarcio (Ninetto), Valerio Mastandrea (Nico), Adriana Asti (Susanna), Maria de Medeiros (Laura), Roberto Zibetti (Carlo), Andrea Bosca (Andrea)…

Signes particuliers : Abel Ferrara évoque son idole Pier Paolo Pasolini dans une sorte de biopic partiel crépusculaire sur sa tragique fin…

SCANDALISER EST UN DROIT. ÊTRE SCANDALISÉ UN PLAISIR

LA CRITIQUE

Résumé : Rome, novembre 1975. Le dernier jour de la vie de Pier Paolo Pasolini. Sur le point d’achever son chef-d’oeuvre, il poursuit sa critique impitoyable de la classe dirigeante au péril de sa vie. Ses déclarations sont scandaleuses, ses films persécutés par les censeurs. Pasolini va passer ses dernières heures avec sa mère adorée, puis avec ses amis proches avant de partir, au volant de son Alfa Romeo, à la quête d’une aventure dans la cité éternelle…Pasolini_Abel_Ferrara L’INTRO :

Passablement conspué pour son controversé et racoleur Welcome to New York, plus ou moins inspiré de l’affaire Strauss-Kahn, le cinéaste underground Abel Ferrara n’aura pas perdu de temps pour se remettre à tourner. Nouvel exercice, une ode à son maître absolu et cinéaste majeur de l’histoire du cinéma, l’italien Pier Paolo Pasolini. Avec le sobrement intitulé Pasolini, Ferrara revient sur la dernière journée de l’artiste transalpin auteur de Salo ou les 120 Journées de Sodome, Le Décaméron, Mamma Roma, Théorème ou Accattone, sauvagement assassiné dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975. C’est à sa muse Willem Dafoe que Ferrara confie l’exercice délicat d’incarner le metteur en scène, journaliste, poète, militant engagé etc. qu’était Pasolini. Présenté à la Mostra de Venise, le film aura également été dévoilé à Deauville, choix étonnant puisqu’il faut bien chercher pour trouver un quelconque financement américain dans cette coproduction franco-italo-belge qui aura eu toutes les peines du monde à trouver des financements… italiens ! Un comble.061831.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS :

Peut-on dire que l’on a aimé ? Non. Peut-on dire que l’on n’a pas aimé ? Non plus. À vrai dire, Pasolini est de ces films dont on ressort en ne sachant pas trop quoi en penser, un peu désarçonné, partagé entre une multitude de sentiments contradictoires, et abandonné à une sensation laconique de « j’en sais rien ». Abel Ferrara signe un film étrange, déroutant, souvent hermétique, parfois même confus par manque d’intelligibilité, de fluidité et d’humilité. Un film dans le temps fascinant, profond et virtuose. Le cinéaste américain y clame son amour évident pour le maestro italien, mais l’on peut y voir aussi quelque part, au-delà de l’hommage rendu, une sorte de mise en abîme de lui-même, comme si Ferrara affichait ses points communs avec l’illustre metteur en scène dans un film où il parlerait de son « professeur » tout en parlant de lui-même par écho, puisqu’il se revendique à demi-mots (à demi seulement, point de prétention non plus) de son héritage et de son courant. Tous les deux sont (ou étaient) des artistes controversés, politisés, torturés, explicites, aimant choquer et pousser le spectateur dans ses retranchements mais sans gratuité, le tout au service d’un discours puissant et dominateur.pasolini

Œuvre audacieuse dans la forme comme dans le fond, Pasolini est aussi admirable qu’il ne peut être perçu comme « ofniesque ». Un court long-métrage (1h20) qui pourra rebuter les plus réfractaires à un cinéma extrêmement exigeant (limite un peu trop d’ailleurs), autant qu’il peut exercer sur de courts instants, un certain pouvoir de fascination par sa beauté et sa richesse. Ferrara a encore frappé. Mais Pasolini a ce tort d’être une oeuvre pompeuse et excessivement repliée sur elle-même, comme si Ferrara déclarait solennellement à quel point il se fiche bien de la critique, des avis mais aussi des spectateurs.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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