LOVE ACTUALLY de Richard Curtis
DVD – critique (comédie romantique)

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18364463.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 8
Carte d’identité :
Nom : Love Actually
Père : Richard Curtis
Livret de famille : Hugh Grant, Keira Knightley, Liam Neeson, Laura Linney, Alan Rickman, Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy, Martin Freeman, Andrew Lincoln, Chiwetel Ejiofor, Joanna Page, Rodrigo Santoro, Rowan Atkinson, Billy Bob Thornton, Claudia Shiffer, Denise Richards, January Jones, Shannon Elizabeth, Ivana Milicevic…
Date de naissance : 2003
Majorité au : 03 décembre 2003 (en salles)
Nationalité : Angleterre
Taille : 2h10
Poids : 30 millions £

Signes particuliers (+) : Richard Curtis insuffle du sang neuf à la comédie romantique avec ce film choral impressionnant de grâce et de maîtrise d’écriture. Une douce sucrerie plein de naïveté et de tendresse mais qui sait aussi, par moments, faire preuve de caractère. Dans tous les cas, à chaque instant, elle sait saisir ces petits riens qui veulent tout dire et fait preuve d’une justesse du sens de l’observation qui la rend attachante comme pas deux. Drôle, touchant, mélancolique aussi… Bref, bravo Monsieur Curtis !

Signes particuliers (-) : x

 

LA PLUS BELLE HISTOIRE D’AMOUR JAMAIS CONTÉE

Résumé : L’amour est partout, imprévisible, inexplicable, insurmontable. Il frappe quand il veut et souvent, ça fait pas mal de dégâts… Exemple avec le nouveau Premier Ministre britannique, un écrivain au coeur brisé parti se réfugier dans le sud de la France, un quinquagénaire au quotidien ronronnant, un meilleur-ami qui a un problème, un jeune garçon qui vient de perdre sa mère, une femme qui en pince pour un collègue de travail, deux doublures lumière dans le porno ou encore un jeune anglais immature partant aux states…

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L’INTRO :

Fort de son expérience de scénariste sur une poignée de classiques du genre comme Quatre Mariage et un Enterrement, Coup de Foudre à Notting Hill et Le Journal de Bridget Jones, le britannique Richard Curtis décide en 2003 de franchir le pas qui le sépare des plateaux de tournage et de s’attaquer à son premier long-métrage en tant que réalisateur. Bien entendu, et scénariste, puisqu’il écrira lui-même comme il se doit, le script de ce qui deviendra l’une des plus grandes merveilles de la comédie romantique des années 2000 : Love Actually. En un seul film, Richard Curtis va s’imposer comme un petit génie dans son registre. Il confirmera qu’il est un génie tout court quelques années plus tard avec le magnifique Good Morning England.

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Love Actually, c’est un immense film d’amour prenant place aux alentours des fêtes de Noël. C’est aussi un récit choral, éclaté entre une foule de personnages et une multitude d’histoires qui s’entrecroiseront dans un enchevêtrement complexe et roublard impressionnant de maîtrise narrative. Devant la caméra, un problème. Le casting. Impossible de l’évoquer sans être forcé de s’étaler sur dix pages. On ne sait si c’est par sympathie pour un réalisateur que beaucoup ont côtoyé en tant que scénariste, ou si c’est parce que le mélange amour-Noël donne des ailes aux vedettes mais toujours est-il que la galerie de Love Actually est probablement l’une des plus dingues jamais vue au cinéma. Indiscutablement, le film mériterait sa place au panthéon des « best casting ever ». Jugez un peu pour la faire courte : Hugh Grant, Keira Knightley, Liam Neeson, Laura Linney, Alan Rickman, Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy, Martin The Hobbit Freeman, Andrew Walking Dead Lincoln, Chiwetel Ejiofor, Joanna Page, Rodrigo Santoro…  Et en prime, des têtes connues et caméos plus ou moins longs à la pelle, de Rowan Atkinson à Billy Bob Thornton en passant Claudia Shiffer, Denise Richards, January Jones, Shannon Elizabeth, Ivana Banshee Milicevic etc… Il fallait bien ça pour accouche du film ultime sur l’amour !

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L’AVIS :

On ne sait comment il fait mais Richard Curtis a développé un style de cinéma personnel, que l’on pourrait qualifier de « cinéma-machine à laver ». Grosso-modo, des films préréglés sur 1300 tours/minute, et qui vous font chavirer puis tourbillonner dans tous les sens pour au final vous laisser littéralement essoré, vidé, déboussolé. C’est la force du cinéma estampillé Richard Curtis qui est en train de devenir progressivement une marque de fabrique à lui-seul. Cette capacité à vous mettre parterre avec des histoires aussi simples que magnifiques réveillant tous vos sens pour les mettre alerte. Ça a beau dégouliner de bons sentiments dans chaque pixel de l’écran, ça a beau être plein de naïveté enjolivée, ça a beau user de ficelles tellement épaisses qu’on pourrait confectionner un radeau avec et pourtant… Et pourtant, c’est beau, c’est irrésistible, c’est Richard Curtis. Avec une grâce et une virtuosité d’écriture unique, le néo-cinéaste pond d’entrée de jeu un classique intemporel. Une comédie dramatique qui fourmille d’histoires mais qui au final, n’a qu’un seul thème : l’amour. Et c’est ce thème qui va dicter toutes les explorations entreprises par chacune des mini-histoires offrant au final un riche panorama humain. Qu’on soit Premier Ministre, qu’on soit écrivain fraîchement divorcé, qu’on soit veuf ou gamin de dix ans, qu’on soit domestique ou patron d’une entreprise florissante, employée ou jeune adulte immature, doublure lumière sur des pornos ou rock star passée de mode, « on a tous besoin d’amour » comme le murmure la sibylline Mylène Farmer dans son tube XXL.

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L’amour qui égaye, l’amour qui rend idiot, l’amour qui rend triste, l’amour qui rend fort, l’amour qui rend trouillard ou celui qui met dans l’inconfort, l’amour déchirant, l’amour enfoui, l’amour contrarié, l’amour qui file, l’amour qui illumine, l’amour timide, l’amour qui ose, et celui qui n’ose pas, l’amour évident et celui qui l’est moins, l’amour qui s’use et celui qui éclot, l’amour qui file, l’amour qu’on rattrape, l’amour fugace, l’amour à vie… Richard Curtis est un fin maître de la rhétorique dès lors qu’il s’agit de converser sur les choses de l’amour. Grand observateur du monde qui l’entoure, il a su capter des choses, capter des moments, des situations, capter des périodes de vie, capter les différentes facettes du plus noble des sentiments. Et aujourd’hui, avec beaucoup de justesse d’approche et une démarche fraîchement intelligente, il sait en tirer le meilleur pour façonner des histoires universelles qui parleront à tout le monde et qui auront ce pouvoir d’émerveillement et d’attendrissement unique qui percera directement les murailles pour atteindre les cœurs les plus difficiles d’accès. Peu d’artistes savent aussi bien badiner avec les choses de l’amour. Richard Curtis, lui, est un expert. Il sait faire rire, il sait faire pleurer, il sait émouvoir puis dans la foulée faire réfléchir. Oui, en matière d’amour, Richard Curtis est le meilleur. La diversité du casting de ce Love Actually n’a d’égale que la diversité de ses histoires et de ce qu’elle tendent chacune à montrer. Riche, pleine, définitive, cette savoureuse sucrerie érigée en « feel good movie » ultime est un somptueux et aisé panorama des différents visages de l’amour et au passage, de la vie en général.

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Si Love Actually est une dissertation structurée, limpide et talentueuse sur l’amour avec un immense « A », le film n’en oublie pas pour autant d’être aussi, et d’abord, une belle comédie dramatique « so british » dans l’âme. A côté de ses moments poignants qui font état d’une véritable sensibilité touchante chez son auteur (même si l’on sent que ce n’est pas là que l’auteur est le plus à l’aise, peut-être à cause d’un optimisme de vie débordant), Love Actually est avant tout et surtout, très drôle. Curtis confirme pour la énième fois qu’il est un maître de l’humour doué. Et de tous les humours en prime. Le génie britannique manie aussi bien la plume que le fouet ou en somme, le fin et le délicat, le grivois et le graveleux, l’humour moderne et l’humour référentiel, l’humour tendre et l’humour vachard, l’humour déjanté et l’humour sérieux, l’humour classieux ou l’humour potache… Au son d’une playlist endiablée servant à merveille un film bourré d’énergie et de vie, chargé en électricité et en tension romantique, Curtis déroule son talent soutenu par un enchaînement de standards de la musique pop. Et à l’image, scène culte sur scène culte, des apparitions de Bill Nighy à sa reprise monumentale de Love is All Around, d’une séquence déchainée entre Hugh Grant et les Pointers Sisters à chacune de saynètes dans l’univers du porno entre Martin Freeman et Joanna Page… Love Actually, c’est tout simplement du bonheur littéralement versé sur pellicule, un cadeau plein de sincérité qu’il serait criminel de refuser, surtout en période de fin d’année !

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Love Actually est un petit comprimé de bonne humeur revigorant. Richard Curtis est en verve et il accouche d’un premier film conduit avec maestria, capable d’être juste, caricatural voire surréaliste sans que jamais cela ne sonne faux. Toutes ces love stories déployées s’empile les unes dans les autre pour former au final un grand moment messianique puissant seulement coupable de vouloir prêcher à qui veut l’entendre, que l’amour est partout, caché quelque-part et qu’il ne faut jamais baisser les bras, il saura vous surprendre en temps et en heure, à condition de ne pas lui tourner le dos et de l’embrasser chaleureusement. Alors oui, il n’y a pas beaucoup d’originalité dans ce bazar cajoleur. Sauf que l’humilité, la passion et la tendresse avec laquelle toutes ces mini-histoires nous sont contées fait la différence. Love Actually a beau être simple et sans prétention, il n’en est pas moins qu’il traduit discrètement la virtuosité d’un auteur fin conteur et fin témoin de ses congénères, en plus d’être capable de faire passer à travers ses œuvres pimpantes et réjouissantes, beaucoup d’émotions primaires qui touchent en profondeur. Et ça, quoiqu’on en dise, c’est tout aussi difficile que de pondre un pamphlet pseudo-métaphysique. Redonner le goût au bonheur et transformer l’humeur rien qu’à la force d’un film, non, tout le monde n’en est pas capable. Richard Curtis, oui. Et Love Actually est une très grand film qui ne se l’avoue pas par modestie.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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