LES VIEUX FOURNEAUX de Christophe Duthuron : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Les Vieux Fourneaux
Père : Christophe Duthuron
Date de naissance : 2017
Majorité : 22 août 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h49 / Poids : NC
Genre
: Comédie

Livret de famille : Pierre Richard, Roland Giraud, Eddy Mitchell, Alice Pol, Henri Guybet…

Signes particuliers : Encore une adaptation de BD ratée.

TROIS COPAINS CABOTINS

LA CRITIQUE DE LES VIEUX FOURNEAUX

Résumé : Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de 70 balais, ont bien compris que vieillir était le seul moyen connu de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Leurs retrouvailles à l’occasion des obsèques de Lucette, la femme d’Antoine, sont de courte durée … Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… 50 ans plus tard !

Adaptation de la BD éponyme à succès, Les Vieux Fourneaux est une joyeuse comédie réunissant un casting senior prestigieux composé de Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud. Un trio chic et choc dirigé par Christophe Duthuron (coscénariste de Brice 3 et de la série Un Gars Une Fille) qui met en images les bulles de la bande-dessinée franco-belge de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, dans laquelle trois vieux amis se retrouvent pour l’enterrement de la femme de l’un d’eux. Le point de départ d’une folle aventure qui va les amener à régler de lointains secrets enfouis depuis des lustres.

L’art de la BD transposée au cinéma est un registre sinistré. On ne compte même plus le nombre de viols éhontés de nos enfances, trahies par une interminable enfilade de comédies pouêt-pouêt aussi abrutissantes que médiocres. Heureusement, Les Vieux Fourneaux avait la chance de pouvoir passer entre les gouttes. La BD d’origine date de 2014 et parce qu’il n’est pas question de venir se frotter à de vieux souvenirs nostalgiques de jeunesse, le film n’était pas instantanément attendu avec de gros canons armés de boulets rouges fumants, comme ce fut récemment le cas pour le charmant Bécassine, méprisé avant même sa sortie en salles. Malheureusement, Christophe Duthuron n’a pas su saisir cette opportunité salvatrice. Et c’est l’éternelle même rengaine qui résonne : encore une adaptation de BD foireuse.La plupart des adaptations ratées sont plombées prioritairement par une écriture complètement neuneu sacrifiant l’âme du matériau originel au profit d’un nivellement comique par le bas, voire en dessous du seuil minimum de crétinerie tolérable. Mais dans le cas des Vieux Fourneaux, le principal problème est autre. Ce sera sa seule originalité d’ailleurs. La plus grosse gêne est à aller chercher du côté de sa distribution. Mauvaise direction d’acteur ou comédiens totalement en roues libres qui cabotinent à outrance, on n’aura probablement jamais la réponse mais toujours est-il que l’on se crispe instantanément dès qu’Eddy Mitchell et consorts ouvrent la bouche. Chaque phrase déclamée avec une fausseté de jeu surréaliste est un supplice pour les tympans, et le charme qu’aurait pu avoir ce collectif de vieux emmerdeurs qui rappelle le trio des Vieux de la Vieille (film de 1960 avec Jean Gabin, Noël-Noël et Pierre Fresnay) part immédiatement en fumée, remplacé par un agacement total.

Derrière, on aimerait pouvoir se raccrocher aux branches mais Duthuron est fièrement lancé dans une entreprise de destruction massive. Moche dans sa mise en scène, hystérique jusqu’à l’insupportable, la résistance du spectateur ne sera rendue possible que par une chose : l’envie de connaître le fin mot de l’histoire de ce vieux secret de village bien gardé. Car après avoir supporté un tel degré de nullité cinématographique, on n’a quand même besoin que ce ne soit pas totalement en vain, histoire de sauver des meubles déjà bien trempés après avoir autant pris l’eau.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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