L’ENGRENAGE (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Kurz und schmerzlos
Père : Fatih Akin
Livret de famille : Mehmet Kurtulus (Gabriel), Aleksandar Jovanovic (Bobby), Adam Bousdoukos (Costa), Regula Grauwiller (Alice), Idil Üner (Ceyda), Ralph Herforth (Muhamer)…
Date de naissance : 1998
Nationalité : Allemagne
Taille/Poids : 1h40 – 1 million Deustsh Marks (500.000 €)

Signes particuliers (+) : Beaucoup de qualités dans ce premier film rageur qui prépare à l’éclosion d’un futur grand : Fatih Akin.

Signes particuliers (-) : Comme tout premier film, des maladresses et un résultat un peu bancal, la maîtrise n’étant pas toujours au rendez-vous.

 

BOUILLON DE CULTURES

Résumé : Trois amis, le turc Gabriel, le grec Costa et le serbe Bobby, vivent en Allemagne. Ils forment un petit gang alternant travail honnête et petits larcins. Jusqu’au jour où tout va déraper…

Premier long-métrage du grand cinéaste turco-allemand connu sur la scène internationale Fatih Akin, L’engrenage est paradoxalement à la fois éloigné et en même temps très proche des futures oeuvres d’un artiste qui atteindra par la suite la consécration avec plusieurs chefs d’œuvres souvent primés tels que Head-on, De l’autre côté ou encore Soul Kitchen

Si aujourd’hui sa maîtrise de son art est exceptionnelle et lui valu les honneurs, comme pour beaucoup de monde, le passage de la première œuvre fut un cap à franchir avec ses difficultés et ses réussites. Histoire d’amitié internationale entre un triptyque de personnages tentant tant bien que mal de concilier rêves et réalité d’une vie quotidienne difficile et impitoyable, L’Engrenage marque les prémices du style du metteur en scène autant qu’une première exploration des thèmes qui jalonneront sa carrière. L’amour contrarié, l’amitié douloureuse, l’inadaptation à une société difficile et peu engageante, la violence tant physique qu’émotionnelle, tant de thèmes qui se retrouvent traités avec une envie bouillonnante de dire des choses, de montrer des choses. Loin des quartiers huppés d’Hambourg, Akin pose sa caméra dans les bas-fonds d’une ville cosmopolite où les immigrés tentent de faire leur trou, de trouver leur place. Mais rien ne leur étant offert sur un plateau d’argent, les réalités vont venir s’entrechoquer à leurs rêves les plus intimes laissant planer une explosion latente palpable.

Il est évident que l’on assiste là à la naissance d’un futur grand auteur de cinéma. Akin fait preuve d’une rage dans sa mise en scène et le traitement intimiste de son histoire et de ses personnages, qui caractérisera l’ensemble de sa carrière à venir. Mais comme toute première œuvre s’inscrivant dans une trajectoire balbutiante (par opposition au coup de maître unique), L’Engrenage est imparfait, marqué par un manque d’expérience évident que le cinéaste corrigea haut la main et très vite. Assez décousu, pas toujours bien maîtrisé, on est loin des qualités formelles et scénaristiques des futurs Head On ou De l’Autre Côté qui brilleront par leur écriture d’une grande finesse. Ici, Akin développe au contraire un récit à la scénarisation pataude, trop souvent excessivement dramatisé et aux clichés visibles.

Mais malgré ces défauts et un manque de professionnalisme du casting (toute la famille d’Akin y figure y compris lui-même d’ailleurs au détour d’une courte scène) dont un Adam Bousdoukos qui a considérablement progressé depuis, L’Engrenage reste tout de même un film intéressant, sombre, abrupt et désespéré, à voir pour les amateurs de la trajectoire de ce fabuleux cinéaste.

L’intro du film :

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