LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA de Isao Takahata
#Cannes2014 – Critique (avant-première, animé)

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KaguyaMondo-mètre
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : Kaguya-hime no monogatari
Père : Isao Takahata
Livret de famille : Avec les voix (en VO) de Aki Asakura (Kaguya), Kengo Kora (Sutemaru), Takeo Chii (le père), Nobuko Miyamoto (la mère)…
Date de naissance : 2012
Majorité : 25 juin 2014 (en salles)
Nationalité : Japon
Taille : 2h17
Poids : Budget NC

 

Signes particuliers (+) : Sans 3D, sans ordinateur, sans numérique, sans recette pré-pensée, juste avec des planches, des crayons, des dessins, des couleurs et une haute dose de sincérité et de pureté, Le Conte de la Princesse Kaguya nous transporte dans son univers magnifique, touchant et fortement mélancolique. Un dessin-animé très adulte, souvent triste et cruel, mais en tout point somptueux.

Signes particuliers (-) : Seule sa longueur nuit à sa perfection et à sa grâce. Sur 2h17, Le Conte de la princesse Kaguya perd un peu de sa force enivrante.

 

L’ART DU « DESSIN-ANIMÉ » DANS TOUTE SA SPLENDEUR

LA CRITIQUE

Résumé : Adapté d’un conte populaire japonais « Le couper de bambou », un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans la tige d’un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.095220.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx L’INTRO :

Si de la production des Studios Ghibli le grand public occidental connaît essentiellement les travaux du populaire Hayao Miyazaki, il ne faut pas croire que la firme nippone se résume à lui-seul. Aux côtés du père du Voyage de Chihiro, Ghibli compte un autre talentueux cinéaste, Isao Takahata, réalisateur de bijoux tels que Le Tombeau des Lucioles, Horus Prince du Soleil ou Pompoko. La différence majeure qui sépare ces deux artistes, est que contrairement à Miyazaki, Takahata ne dessine pas lui-même, se considérant avant tout comme un metteur en scène d’histoires. Absent des écrans depuis 1999 et Mes Voisins les Yamada, Isao Takahata signe en 2014 un retour remarqué, puisque son nouveau Le Conte de la princesse Kayuga a pris le chemin du dernier Festival de Cannes, sélectionné dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs après avoir raflé plusieurs prix dans différentes manifestations. Adaptation d’un très ancien conte japonais daté du 10ème siècle et mainte et mainte fois retravaillé en roman, manga, jeu vidéo ou film (La Princesse de la lune de Kon Ichikawa – 1987), Le Conte de la princesse Kayuga est un drame d’animation romantico-fantastique au visuel surprenant.kaguya

L’AVIS :

À l’heure des films d’animation en images de synthèse formatés et semblant tous sortir du même moule dans leur élaboration, Isao Takahata nous renvoie en enfance avec ce pur dessin-animé par essence, portant fièrement la dénomination de son genre. Des crayons, de l’aquarelle, une histoire de conte merveilleuse… Et une pureté sublime qui se dégage d’un film beau et envoûtant, incarnant avec passion et humilité toute l’âme de la riche culture et du folklore japonais. Sans esbroufe numérique ni infantilisation patentée, Le Conte de la princesse Kayuga est un récit enchanteur à l’originalité fascinante.337512.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Adulte, Le Conte de la princesse Kayuga est un autre cinéma d’animation, œuvre naturaliste émouvante et très mélancolique, esquissant quelques rayons de lumière quand il déploie son humanisme cristallin mettant un peu de couleur dans un ensemble globalement ancré dans une la tristesse, évoquant la condition humaine avec douleur et le bonheur souvent barré par les contraintes imposées par la vie, les devoirs et les différences de classes sociales. Céder aux voies tracées par le destin ou lutter pour aller arracher son bonheur coûte que coûte, aller chercher le bonheur là où on estime qu’il se trouve ou se laisser embarquer par les sirènes d’une vie qui ne serait pas faite pour soi, ce sont là tous les enjeux au centre de cette tragédie illuminée par sa subtilité, son intelligence et son vent d’émotion fort.489469.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le seul reproche que l’on pourra éventuellement formuler envers ce Conte de la princesse Kayuga, sera à aller chercher du côté de sa longueur. Très conséquente pour un film d’animation (2h14), elle fait perdre un peu de sa superbe et de sa force à ce magnifique effort de Tahakata, terni par une petite vingtaine de minutes en trop dans une œuvre parfois redondante. Mais sa richesse, sa poésie, sa magie et son originalité (à l’image de son final déroutant) emportent et aident à esquisser le tableau d’ensemble d’un travail vraiment formidable et touchant en plein cœur un spectateur conquis par la grâce.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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