LE CHEMIN SANS RETOUR (critique – fantastique)

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note 4.5
Carte d’identité :
Nom : Yellowbrickroad
Père : Andy Mitton et Jesse Holland
Livret de famille : Cassidy Freeman (Erin), Clark Freeman (Daryl), Anessa Ramsey (Melissa), Lee Wilkof (Clerk/Usher), Michael Laurino (Teddy), Laura Heisler (Liv), Alex Draper (Walter), Tara Giordano (Jill), Sam Elmore (Cy)…
Date de naissance : 2010 (sortie DVD le 06/03/13)
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h40 – 500.000 $

Signes particuliers (+) : Une bonne idée de départ et une tentative d’installer une atmosphère étrange qui donne envie de voir vers où tout cela mène.

Signes particuliers (-) : Un postulat mal exploité par un film au final ennuyeux, manquant d’originalité et d’une progression dramatique maligne. Les nombreuses maladresses, la lenteur excessive du rythme, l’interprétation moyenne de personnages qui n’existent pas suffisamment et le final abscons, gâchent les ambitions de départ.

 

LA VÉRITÉ EST AU BOUT DU CHEMIN…

Résumé : Un petit groupe préparant un livre sur une légende urbaine, part en expédition sur le mystérieux sentier de Yellowbrick où plusieurs décennie auparavant, juste avant la 2ème Guerre Mondiale, les villageois de la bourgade voisine se sont inexplicablement engagés avant qu’un seul n’en revienne vivant…

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L’INTRO :

Quand Jesse Holland et Andy Mitton se rencontrent, les deux hommes s’apprécient tout de suite et se trouvent rapidement des atomes crochus. Ils échangent sur leurs passions, leurs goûts et références cinéphiliques. Ils ont les mêmes et en particulier dans le cinéma de genre qu’ils affectionnent tous les deux. Jesse Holland a cumulé quelques postes éphémères sur 2-3 courts-métrages, Andy Mitton, lui, en a écrit et réalisé un quelques années plus tôt. Ces deux néophytes ou quasi-néophytes de la mise en scène décident alors de se lancer dans un premier long-métrage écrit ensemble. Ils n’ont pas d’argent mais de vagues idées, de la passion et de la volonté. Ils peaufinent à quatre mains alors le script de Yellowbrickroad, un thriller fantastique psychologique minimaliste rappelant les étranges histoires de La Quatrième Dimension. En voyant débarquer leur projet, pourrait croire à un énième film en found footage cherchant (vainement ou pas) à faire flipper le spectateur rompu à ce type d’exercice. Mais il n’en est rien. Un petit groupe composé d’auteurs de bouquins sur des légendes urbaines, de cartographes, d’un psy etc. part en expédition sur les traces d’un sentier, le Yellowbrick, sur lequel, plusieurs décennies auparavant à l’aube de la Deuxième Guerre Mondiale, les habitants d’un village se sont engouffrés avant de mystérieusement disparaître ou mourir sur le chemin. Seul un survivant en est revenu mais ses propos incohérents n’ont jamais permis d’expliquer ce qu’il s’y est passé…

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L’AVIS :

Rebaptisé Le Chemin sans Retour et sorti chez nous directement en DVD il y a quelques mois, Yellowbrickroad est le genre de petit budget qui n’aura guère fait parler de lui si ce n’est dans les quelques festivals où il a été présenté comme chez nos voisins belges qui ont pu le découvrir dans le cadre du BIFFF bruxellois. Pour palier à leur manque de moyens, Mitton et Holland essaient de tabler essentiellement sur une atmosphère envoûtante et étrange, plus que sur des effets de terreur voyeurs et directs. Yellowbrickroad se voulait plus captivant que terrifiant et certains pourraient du coup être amenés à se laisser entraîner et charmer par cette bien mystérieuse histoire qui tisse très lentement sa toile façon Blair Witch dans l’idée en plus psychologique (et filmé de façon traditionnelle), en construisant son intrigue autour de l’explosion progressive de ce groupe à la dérive, confronté aux limites de la folie latente, embrouillé par une étrange musique des années 30 venue de nulle part et dans le même temps de partout autour d’eux. Une musique séduisante, obsédante puis confusante, énervante, éreintante alors que toute envie de retour sur ses pas semble impossible, liée à une force inexplicable qui brouille les cartes du rationnel… Le tandem de cinéastes en herbe espérait ainsi plonger le spectateur dans une sorte d’état de fascination pour leur modeste travail léché et élégant, interprété avec conviction toute relative, et conduit sur un rythme à la fois lancinant et happant. Le problème de ce genre d’exercice ambitieux est qu’il requiert beaucoup d’exigence et de savoir-faire pour exploiter de façon optimale et juste ses ambitions. Or, Yellowbrickroad passe un peu côté du sentier casse-gueule sur lequel il s’est engagé et se perd en route. Alors que l’immersion dans l’ambiance proposée ne fonctionne qu’à moitié, le résultat vire fatalement et rapidement vers l’ennuyeux et le pénible alors que la verbosité de la chose devient plus un fardeau lourd qu’une captivante aventure aux confins de l’irrationnel étrange, d’autant que jamais les personnages ne seront développés ou rendus attachants, tous interchangeables et noyés dans l’idée développée par le script mise en avant à leur détriment. La tentative de Mitton et Holland est symptomatique d’un nouveau cinéma fantastique à petit budget misant sur une idée plus que sur un vrai scénario malin et intelligemment écrit, et peine à embarquer le spectateur sans cesse dans l’attente d’une évolution imprévisible qui ne viendra malheureusement jamais. Le bout du sentier semble alors lointain (et pourtant le film ne dure qu’une petite heure et demie) et Yellowbrickroad n’a tristement pas grand-chose à proposer pour palier à ses carences narratives avant de déboucher sur un final abscons laissant songeur, et qui est tout aussi symptomatique d’un projet qui finalement ne semblait pas vraiment savoir vers où il dirigeait.

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Voulu comme une aventure à la lisière du fantastique et du rationnel qui aurait pu plaire à un Stephen King débutant, Yellowbrickroad est une sorte de petite production insaisissable, un OVNI de genre qui accumule les maladresses, qui se rate dans sa tentative d’évolution à mi-parcours (forcée car le film ne pouvait tenir en haleine éternellement sur le rythme exagérément lent de sa première partie) en prenant trop brutalement un virage le renvoyant au grand n’importe quoi alors que l’ensemble paraît trop décousu pour convaincre. Il laisse alors en suspens, perplexe et avec un goût d’inachevé, face à quelque-chose qui aurait pu être pas mal s’il avait été plus inspiré car au bout d’un moment, comme les protagonistes, le spectateur serait presque tenté de lui aussi vouloir aller au bout de ce chemin obsédant pour savoir ce qui s’y cache.  Et peut-être le fera t-il sans céder à la tentation du bouton « accéléré » de sa télécommande…

Bande-annonce :

2 commentaires à propos de “LE CHEMIN SANS RETOUR (critique – fantastique)

  1. Je te trouve très dur!
    Ce film est quand même très ambitieux. Une qualité quasi inexistante dans le marasme horrifico-bidule du moment.
    Il faut absolument défendre ce genre de productions (même si elles sont bancales). Elles, au moins, sont originales!!!!!!!

    • Bonjour Doc ! Merci pour ton com, tout d’abord. Ca me touche. Le film est en effet extrêmement ambitieux. Peut-être trop justement car finalement, il n’atteint pas ses ambitions. J’ai l’impression d’avoir vu ce genre de petite péloche très/trop souvent mais surtout ses défauts ont raison de ses intentions. Dans le genre petite production à ambiance troublante, je trouve nettement plus intéressant un Absentia ou récemment, un Resolution… Pas d’argent mais des idées.

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