LADY SNOWBLOOD 1 & 2 de Toshiya Fujita : la critique des films et le test Blu-ray [Sortie DVD/Blu-ray]

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lady snowblood

note 7-10
Nom : Shurayukihime
Père : Toshiya Fujita
Date de naissance : 1973 & 1974
Majorité : 28 septembre 2015
Type : Sortie DVD/Blu-ray collector
(Editeur : Metropolitan Films)
Nationalité : Japon
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Thriller, Arts martiaux

Livret de famille : Meiko Kaji (Yuki), Akemi Negishi (Okiku), Hosei Komatsu (Genzô Shibayama), Toshio Kurosawa (Ryûrei Ashio), Masaaki Daimon (Go Kashima), Miyoko Akaza (Sayo Kashima), …

Signes particuliers : Le diptyque japonais culte Lady Snowblood ressort dans une superbe coffret collector estampillé HK vidéo.

LA VENGERESSE AU SABRE QUI A INSPIRÉ TARANTINO

LA CRITIQUE

Résumé : Une mère privée de sa famille, humiliée, violée puis emprisonnée donne naissance à une fille durant sa captivité, Yuki. Cette dernière sera élevée pour devenir un instrument de vengeance redoutable.lady-snowbloodL’INTRO :

Les passionnés de cinéma asiatique connaissent généralement fort bien Lady Snowblood, films de chevet de Quentin Tarantino, qui s’en est beaucoup inspiré dans la réalisation de ses Kill Bill, où il rend un vibrant hommage à ce dytique nippon des années 70 (à commencer par la récupération de son magnifique thème musical chanté par la comédienne Maiko Kaji). A l’origine, il était une fois un manga à succès, paru en 1972 et 1973, sous la plume de Kazuo Koike (l’auteur des Baby Cart ou Razor). Dans la foulée de sa sortie en librairie, le célèbre studio Toho met en chantier deux adaptations sous la direction du réalisateur Toshiya Fujita, qui sortiront respectivement en 1973 et 1974. Devenus des classiques de la contre-culture et des films de sabre à la japonaise, les deux opus des aventures de l’héroïne Lady Snowblood s’imposeront comme des incontournables d’un cinéma de l’époque, marqué par une ultra-violence radicale. C’est d’ailleurs en partie pour cet aspect, que la courte saga entrera dans la légende. Aujourd’hui, Lady Snowblood et Lady Snowblood 2 : Love Song of Vengeance ressortent chacun dans une toute nouvelle édition collector placée sous le label « HK Video », regroupant les deux films en version restaurée.snowblood-press3L’AVIS :

Lady Snowblood, c’est tout d’abord un visage. Celui de l’actrice Meiko Kaji, qui prête ses traits et son regard sombre à cette princesse du sabre, affublée du masque de la vengeance qui conditionne depuis toujours, son existence. Lady Snowblood, c’est ensuite l’histoire d’une tragédie douloureuse. Mise au monde par une mère emprisonnée, victime d’une terrible injustice, dans l’unique but d’assouvir à sa place une croisade vengeresse qu’elle ne pourra elle-même accomplir, Lady Snowblood n’est pas une femme, elle n’est même pas un être vivant à proprement parler. Elle est plus un instrument, l’arme créée par sa mère pour restaurer la justice divine et traquer les responsables de son malheur. C’est cette traque acharnée et meurtrière que narrera le premier film, le second développant une suite moins rattachée aux fondements du mythe, où l’héroïne sabreuse entrera dans une guerre politique opposant le Gouvernement et des anarchistes.Lady_Snowblood_101Inscrit dans la grande tradition du cinéma de sabre japonais, avec un fond dramatique à la noirceur terrible, Lady Snowblood est un film remarquable sur la thématique de la vengeance, qui ne résout pas tout et qui laisse ensuite errant sans but. C’est là d’ailleurs, tout le cœur de la tragédie contée par Koike puis Fujita. Découpé en chapitres, au nombre des adversaires à éliminer, Lady Snowblood est le récit poignant d’une quête qui laissera son personnage orphelin de tout but à poursuivre, une fois l’acte accompli. Programmée dès sa femme pour mener à bien ce funeste dessin, que reste t-il finalement à cette enfant de la vengeance, une fois la mission menée à bien ? C’est à cela qu’essaiera de répondre le second long-métrage, qui se range au passage dans la veine crépusculaire sur fond de fin d’une ère, celle des braves et nobles samouraïs. Fujita déploie à l’écran un grand manga filmé, rendant justice au travail de Koike. Les gerbes de sang sur-exagérées répondent à une étrange forme de poésie mélancolique, la beauté esthétique de la mise en scène de Fujita et la construction habile multipliant les flashbacks et autres ruptures du récit, élèvent la linéarité de la trame narrative au pitch expéditif, et c’est une impression de grande tragédie épique à échelle humaine qui ressort de Lady Snowblood, joyau du cinéma « bis » regorgeant de qualités et où la sauvagerie s’entremêle non sans fascination, avec la beauté d’un triste spectacle.Capture d’écran 2015-09-03 à 11.47.09Plus poussif, alors qu’ironiquement il essaie de développer une intrigue plus complexe et recherchée, Lady Snowblood 2 conservera certaines des qualités de son aîné, notamment formelles et thématiques. Néanmoins, l’effet de surprise est moindre, et surtout, le film sera plus avare en combats, malgré un final rageur et mémorable. Le personnage de Yuki (alias notre Lady Blanche-Neige) y sera d’ailleurs étonnement plus en retrait, même si elle reste, bien évidemment, le moteur essentiel de l’histoire. Si on lui préfèrera nettement le premier volet, cette suite reste quand même, à bien des égards, splendide et participe de faire de la « saga » Lady Snowblood, un must du genre.

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LE BLU-RAY

Le travail de restauration autour de ces deux films qui avaient soufferts des ravages du temps est somptueux. L’image retrouve une nouvelle jeunesse éclatante (dans sa netteté comme dans le rendu des couleurs et la profondeur du grain), le son est parfaitement retravaillé (déployant ainsi le magnifique thème repris par Tarantino sur Kill Bill avec grâce et beauté). Pas de suppléments à se mettre sous la dent, pour accompagner les deux longs-métrage proposés en combo Blu-ray/DVD, mais un beau livret collector qui embellit encore un peu plus, cette sortie HK Video à l’intérêt cinéphile fort.

Par Nicolas Rieux

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