LA NINA DE FUEGO de Carlos Vermut : la critique du film [Sortie Ciné]

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note 5 -10
Carte d’identité :
Nom : Magical Girl
Père : Carlos Vermut
Date de naissance : 2015
Majorité : 12 août 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : Espagne
Taille : 2h07 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : José Sacristán (Damian), Bárbara Lennie (Barbara), Luis Bermejo (Luis), Israel Elejalde (Alfredo), Lucia Pollan (Alicia), Elisabet Gelabert (Alda), Miquel Insua (Oliver)…

Signes particuliers : Un drame sous tension présenté comme « la révélation de ce siècle » par Pedro Almodovar.

QUAND PEDRO ALMODOVAR S’ENFLAMME

LA CRITIQUE

Résumé : Bárbara est une belle femme vénéneuse et psychologiquement instable, que son mari tente de contenir. Damiàn n’ose pas sortir de prison de peur de la revoir. Luis veut la faire chanter mais ne réalise pas encore qu’il joue avec le feu. Le trio se retrouve plongé dans un tourbillon de tromperies où la lutte entre la raison et la passion tourne à la guerre des nerfs…magical_girlL’INTRO :

Vendu de façon dithyrambique par un Pedro Almodovar qui en parle comme un chef d’œuvre et « la grande révélation du cinéma espagnol de ce siècle », La Nina de Fuego est le second long-métrage d’un Carlos Vermut qui confirme, quatre ans après son premier effort remarqué, le drame Diamond Flesh. Lorgnant avec la lisière du thriller de genre, La Nina de Fuego est un nouveau drame couronné du prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival de San Sebastian, avant de prendre la direction de Pusan, Toronto ou encore Beaune, où il aura intégré la compétition de la section « Sang Neuf ».la_nina_de_fuegoL’AVIS :

Film au rythme lymphatique exigeant doublé d’une esthétique brute et ascétique, dans lequel il sera important de pénétrer par les interstices de son ambiance lourde et sous tension, La Nina de Fuego est un drame à la fois lent et vénéneux, long mais fascinants par à-coups, d’apparence monotone mais capable de glacer quand il décide de surprendre le spectateur en le saisissant d’effroi par des coups de sang qui impactent le ressenti général. Sur la base d’un récit fragmenté, débutant dans un état de flottaison en naviguant par une narration éclatée entre plusieurs personnages, La Nina de Fuego intrigue alors que l’on est suspendu à attendre que les connexions se fassent. Elles viendront et la confrontation sera terrible. La question est de savoir si le spectateur aura pu soutenir la lenteur du récit en se soumettant soit à la curiosité qui l’étreint ou la beauté de ses images qui témoignent d’une immense maîtrise dans la façon de jouer avec les regards et les silences.la-nina-de-fuego_65177_41545La Nina de Fuego a pour ambition, selon son auteur, de parler du tiraillement intérieur propre à chaque être humain, à chaque microcosme, à chaque société, entre la raison et l’émotion. Un tiraillement qui pourrait faire de chacun nous des assassins potentiels si certaines conditions sont réunies. En terme de conduite narrative, de style soigné, d’élaboration des personnages et par sa façon d’agencer miroir social, étude de l’être humain, drame et violence froide, La Nina de Fuego est une comparable à un certain cinéma d’auteur coréen, référence que d’ailleurs Carlos Vermut cite, assume et revendique. Si l’on devait émettre quelques réserves, ce serait probablement dans le maniérisme de l’œuvre qui s’applique de façon peut-être un peu forcée, à essayer de s’imposer comme une claque sourde pétrie dans le minimalisme extrême au point de ne pas toujours embrasser avec force, son histoire.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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