LA GRANDE AVENTURE LEGO de Phil Lord et Chris Miller
Critique – en salles (comédie, animé)

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21061838_20131128144957302.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 6
Carte d’identité :
Nom : LEGO, The Movie
Mère : Phil Lord et Chris Miller
Livret de famille : Avec les voix de Chris Pratt (Emmet), Elizabeth Banks (Cool-Tag), Will Ferrel (Lord Business), Morgan Freeman (Vitrivius), Channing Tatum (Superman), Alison Brie (Uni-Kitty), Will Arnett (Batman), Charlie Day (Benny), Liam Neeson (Cop), Nick Offerman (Metalbeard), Cobie Smulders (Wonder Woman), Jonah Hill (Green Lantern), Billy Dee Williams (Lando), Shaquille O’Neal…
Date de naissance : 2013
Majorité : 19 février 2014 (en salles)
Nationalité : USA / Taille : 1h40 / Poids : 60 millions $

 

Signes particuliers (+) : Par une folie furieusement déjantée, étudiée pour plaire aux petits comme aux grands, La Grande Aventure Lego nous plonge avec nostalgie et énergie dans l’univers de notre enfance entre rire, esprit référentiel et spectacle exaltant. Et c’est sans parler du tour de force visuel de proposer quelque chose de totalement inédit, bluffant techniquement dans son pari fou de ne pas faire un film sur les Lego mais… avec des Lego !

Signes particuliers (-) : Phil Lord et Chris Miller pèchent par excès de zèle à trop vouloir en mettre plein les mirettes dans un spectacle tonitruant et survolté. Sur la durée, le manque de respirations d’un film effréné, lancé à 150 à l’heure, finit par devenir épuisant comme une journée passée à Disneyland.

 

NOSTALGIE, QUAND TU NOUS TIENS !

LA CRITIQUE

Résumé : Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n’est absolument pas prêt à relever un tel défi !Capture d’écran 2014-02-18 à 15.02.43

L’INTRO :

Si l’univers Lego s’est déjà payé quelques incursions en vidéo via des franchises détournées comme Batman ou Star Wars, c’est en revanche la première fois que les célèbres jouets de construction sautent le pas du grand écran avec un film pour le moins étonnant puisqu’il ne s’agit pas là d’un animé classique basé sur les petits personnages qui s’emboîtent mais d’un authentique film d’animation singulier recréant fidèlement l’univers Lego et tout ce qui s’y apparente, avec le pari esthétique fou de conceptualiser ce monde de façon réaliste ! Dans les faits, on peut même se laisser à aller à dire que le duo Phil Lord / Chris Miller (Tempête de Boulettes Géantes, 21 Jump Street et sa suite) a choisi la difficulté en se détournant de l’animation traditionnelle au profit d’une stop motion à l’ancienne, idéale pour renouer avec les mouvements limités des nos chers joujoux de l’enfance, plongés dans un monde visuel entièrement fait de briques en plastique restituées en images de synthèse.

Lego

L’AVIS :

Projet complètement surréaliste sur le papier, La Grande Aventure Lego ne trahit pas ses intentions une fois matérialisé. A tous les égards, le film du tandem est une sorte d’hallucination salvatrice qui bouscule un peu le cinéma traditionnel en proposant quelque chose de relativement inédit et de totalement barré, assumant sa folie jusqu’au bout de sa pellicule à défaut d’avoir des ongles. On en vient même à se demander comment un studio a pu accorder autant de liberté stylistique à deux trublions pour se lancer dans une telle entreprise risquée et frappadingue, façonnée de sorte à plaire aux petits comme aux grands pour des raisons différentes. Les petits, parce que La Grande Aventure Lego est avant tout, comme son nom l’indique, une véritable aventure animée virant par moments au cartoonesque, rassemblant tous les ingrédients du grand spectacle enchanteur exaltant l’imaginaire en plus de faire brillamment vivre des objets habituellement cantonnés aux parterre des chambres d’enfants ou aux vitrines des collectionneurs. Mais les grands, eux, ne seront pas en reste et s’amuseront comme des petits fous à décrypter les 1001 clins d’œil qui parsèment un film hautement référentiel pour tout amateur de cinéma. Batman, Star Wars, Green Lantern, Le Seigneur des Anneaux, Superman, Le Choc des Titans, Wonder Woman, Harry Potter, Transformers, Flash Gordon, autant de renvois évidents qui se combinent à quantité de références plus discrètes et facétieuses dans un film jubilatoire pour tout geek qui se respecte.505683.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Dans ce maelström vertigineux pullulant de bonnes idées, Phil Lord et Chris Miller usent et abusent sans retenue de cette liberté sans limite accordée, et se permettent toutes les folies les plus hallucinantes dans un long-métrage à gros budget pourtant émanant d’un grand studio, démarche rappelant quelque part la géniale série Community, OVNI télévisuel givré et iconoclaste étonnamment diffusé sur un grand network (NBC) auquel fait écho cette fois-ci un OVNI cinématographique foutraque pourtant produit par un grand label (Warner Bros). Mais l’intelligence de la chose est de parvenir à ne jamais se couper du grand public malgré ses dérives déjantées parfois à la limite de l’ubuesque audacieux.21053573_20131029104155232.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Techniquement enfin, La Grande Aventure Lego est peut-être ce que l’on a vu de plus dément en matière d’animation depuis des années. En gros geek qu’ils sont, le tandem Phil Lord et Chris Miller a poussé le réalisme de la re-création de l’univers Lego jusqu’à une perfection ultime, ingérant les contraintes, les reproduisant, et en jouant avec humour à un tel point, que cette aventure de cinéma débridée devient un film avec de vrais Lego dedans ! Les flammes correspondent aux véritables pièces avec lesquelles l’on jouait étant enfant, l’eau est matérialisée par un amoncellement de petits ronds de plastiques, les sols sont semblables aux planches de construction d’origine, les voitures sont identiques à celles que l’on fabriquaient, les personnages se meuvent selon les lois physiques des Lego réels et ainsi de suite jusqu’à une ville entièrement faite de briques… de Lego. C’est bien simple, il n’y a pas un plan qui n’interpelle pas d’une manière ou d’une autre sur le ton du « ah j’avais ce jouet-ci ou j’avais cette pièce là ! » Familiarité et nostalgie sont les maîtres mots d’une œuvre merveilleuse de souvenirs auquel participe un super casting vocal et un Will Ferrel en chair et en os qui ne manque pas de régaler. 123865.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le travail plastique effectué sur cette Grande Aventure Lego force le respect, au moins autant que l’esprit passablement fêlé qui anime cette entreprise timbrée du ciboulot. On ne sait pas exactement quoi, mais en tout cas ce qu’ont fumé les deux petits malins devait être sacrément efficace pour avoir mené leur imaginaire vers de tels cieux où la folie et l’irréalité n’avaient plus de frontières ! Sauf que malheureusement, leur enthousiasme les a peut-être mené un peu trop loin. Cool et sympathique comme pas deux, La Grande Aventure Lego est dans le même temps une expérience fatigante dont les excès ont vite fait de nous rappeler une journée entièrement passée à Disneyland. Lord et Miller pèchent par excès de zèle à vouloir faire de leur affaire une plongée délirante et over-trépidante, au rythme ultra-soutenu. Trop. Dès ses premières minutes, La Grande Aventure Lego nous balance sans ménagement dans une sorte de parc d’attraction cinématographique pour pas loin d’1h40 exténuante où tout clignote, où tout n’est que vitesse, bruit, et agitation, sans temps mort ni respiration pour rendre fluide et digeste une œuvre mi-jubilatoire mi-usante, bordée par un esprit bordélique partant dans tous les sens à visiter ainsi en série en mode « Fast & Furious » tous les univers développés par Lego Group. On ressort de là avec des étoiles dans les yeux au sens propre comme au sens figuré, d’une part admiratif mais aussi déboussolé et presque heureux que ça se termine car on méritait bien un peu de répit, surtout que la chose est en 3D (plutôt jolie au passage).Capture d’écran 2014-02-18 à 15.02.09

Reste une petite interrogation. La marque danoise se paye au détour de cette fantaisie, une gigantesque exposition. Après Google et Les Stagiaires l’été dernier, le cinéma ne serait-il pas en train de devenir le nouveau médium à la mode pour faire dans le sur-placement de produits en troquant le concept de « spot publicitaire » par celui de « film publicitaire » tout entier ? Une considération de fond qui toutefois ne gâche pas le plaisir de cette joyeuserie gloutonne qui nous gratifie au passage, d’un encore délicieux Will Ferrel.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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