LA CHAMBRE BLEUE de Mathieu Amalric
#Cannes2014 – Critique (en salles, drame)

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170326.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre
note 7
Carte d’identité :
Nom : La Chambre Bleue
Père : Mathieu Amalric
Livret de famille : Mathieu Amalric (Julien), Léa Drucker (Delphine), Stéphanie Cléau (Esther), Serge Bozon (Capitaine de gendarmerie), Laurent Poitrenaux (le juge d’instruction)…
Date de naissance : 2013
Majorité : 16 mai 2014 (en salles)
Nationalité : France
Taille : 1h16
Poids : Budget 1 M€

 

Signes particuliers (+) : Singulier, séduisant, maîtrisé et fascinant, La Chambre Bleue est une spirale cinématographique troublante et tortueuse dans laquelle on est happé sans contrôle. Drame sensuel, romance passionnelle, thriller haletant et policier hitchcockien, un film aux multiples reflets, ce qui lui va comme un gant avec sa capacité à jouer de l’art du faux-semblant.

Signes particuliers (-) : x

 

IL N’EST PAS QU’UN GRAND ACTEUR…

LA CRITIQUE

Résumé : – « Dis- moi Julien, si je devenais libre,  tu te rendrais libre aussi ? » – Tu dis ?…
Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour. Du moins l’homme semble le croire. Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. « La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. » Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?…541078.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx
L’INTRO :

Cannes 2014, où l’année des talentueux comédiens révélant ou confirmant leurs aptitudes à être aussi de brillants metteurs en scène ? Alors que Tommy Lee Jones a emballé la Croisette avec son The Homesman, alors que Ryan Gosling a été convié pour présenter son premier effort Lost River, Mathieu Amalric est en compétition dans la sélection Un certain Regard avec son cinquième long-métrage, La Chambre Bleue. Une adaptation d’un roman policier de Georges Simenon, paru en 1964, qui intéressa pas mal d’illustres cinéastes avant lui, Maurice Pialat, Claude Chabrol ou encore André Téchiné. Tourné de façon express avec de modestes moyens, La Chambre Bleue a toutes les allures d’une série B policière. Si ce n’est que c’est Amalric, et que l’acteur-réalisateur n’a jamais été connu pour son classicisme que ce soit dans son jeu de comédien, comme dans ses précédents efforts de mise en scène. Devant sa caméra, un trio composé de lui-même, de Léa Drucker et de la méconnue Stéphanie Cléau.507950.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS :

La Chambre Bleue, où quand le Nuit d’été en Ville de Jean Dréville rencontre le thriller hitchcockien et l’univers fantasmagorique d’un David Lynch. Voilà comment on pourrait définir en somme cette œuvre étrange, iconoclaste, énigmatique, racontant en définitive une histoire très simple mais revisitée avec adresse et maîtrise, seulement à la force d’un montage rusé, d’une narration captivante et d’effets de manche scénaristiques malins pour la rendre imprévisible, tortueuse, passionnante. Jouant la carte du suspens haletant par un effeuillage partiel et progressif de son récit en brouillant les frontières du rêve et de la réalité, des acquis et de l’insaisissable, 474667.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxgrâce à un subtil déploiement figuratif et narratif de l’art du faux-semblant, La Chambre Bleue déroute autant qu’il ne fascine par sa maîtrise à tous les niveaux. Dans les silences comme dans les dialogues, dans les dits comme dans les non-dits, dans son champ comme dans son supposé hors-champ nourrissant sans cesse un imaginaire invité et cultivé, cette œuvre aux allures de pièce de théâtre évoluant entre l’auteurisme exigeant et le pur cinéma de genre, est une formidable immersion dans un drame passionnel aux oripeaux de fait divers troublant. Sans cesse surprenant à toujours remettre en question avec brio et verve cinématographique ses perspectives d’appréhension de son histoire, La Chambre Bleue est de ces films esquissant leur tableau d’ensemble très lentement, par petites touches, pour mieux nous happer… L’intensité, la sensualité et le parfum de mystère adroitement tenu, font le reste. Etonnamment et malgré sa très courte durée (1h16), voilà peut-être le film le plus abouti de Mathieu Amalric.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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