LA 5ème VAGUE de J Blakeson : la critique du film
Sortie cinéma

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la 5eme vague Mondo-mètre
note 1.5 -5
Carte d’identité :

Nom : The 5th Wave
Père : J Blakeson
Date de naissance : 2015
Majorité : 27 janvier 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h57 / Poids : 35 M$
Genre : SF

Livret de famille : Chloë Grace Moretz (Cassie Sullivan), Nick Robinson (Ben), Alex Roe (Evan), Liev Schreiber (Vosh), Ron Livingston (Oliver Sullivan), Maggie Siff (Liza Sullivan), Maria Bello (Reznik), Maika Monroe (Ringer), Zackary Arthur (Sammy)…

Signes particuliers : On se demande encore si le pire est ce film ou le fait qu’il va y avoir des suites.

LES TWILIGHT ? AU BOUT DU COULOIR, À GAUCHE…

LA CRITIQUE

Résumé : Quatre vagues d’attaques, chacune plus mortelle que la précédente, ont décimé la presque totalité de la Terre. Terrifiée, se méfiant de tout, Cassie est en fuite et tente désespérément de sauver son jeune frère. Alors qu’elle se prépare à affronter la cinquième vague, aussi inévitable que fatale, elle va faire équipe avec un jeune homme qui pourrait bien représenter son dernier espoir – si toutefois elle peut lui faire confiance…the_5th_wave_SD3_758_426_81_s_c1L’INTRO :

Fait établi n°1 : la littérature jeunesse fait vendre. Fait établi n°2 : les films adaptés de succès de la littérature jeunesse font des entrées. Et en plus, ils font re-vendre des romans de la littérature jeunesse, qui du coup refait d’autres bouquins pour la jeunesse, qui donnent lieu à de nouveaux films adaptés de… Bienvenue dans la matrice. Twilight, c’est fini. Harry Potter, c’est fini. Hunger Games, c’est fini. Divergent, c’est bientôt fini, et Le Labyrinthe, on a hâte que ça finisse. Bref, Hollywood avait donc besoin de se trouver une ou plusieurs nouvelles sagas à développer histoire de faire marcher la pompe à fric qui a éternellement peur de ne plus pomper grand-chose ou personne. Et c’est là que Rick Yancey entre en piste et propose ses services (enfin, on les a achetés fort cher) avec La 5eme Vague, premier tome d’une trilogie entamée en 2014 et qui s’achèvera théoriquement en 2016. L’histoire d’une adolescente obligée de grandir plus vite que prévu lorsque son monde s’effondre avec l’arrivée d’extraterrestres belliqueux qui déciment l’humanité, et ses parents au passage. Bah voilà, on la tient cette future saga à succès qui passionnera la jeunesse avide d’aventures. On prend une star à laquelle elle s’identifiera (la talentueuse Chloe Grace Moretz a encore une bonne bouille de jeune pousse), quelques beaux gosses passepartout, deux-trois têtes un peu connues pour faire la blague (Liev Schreiber et Maria Bello étaient dispo et puis de toute manière, toutes les méga-vedettes contactées avaient refusé alors…) et enfin, un jeune réal pas trop exigeant à qui l’on octroie un budget pas trop gros (faut pas déconner quand même), qui se pliera à toutes les demandes de formatage en règle. Bonjour J Blakeson (déjà, il a pas de prénom, ça commence mal), que l’on n’avait plus jamais revu depuis le potable La Disparition d’Alice Creed il y a six ans. Voilà, y’avait plus qu’à et roule ma poule, comme dirait l’autre.la 5eme vague_2L’AVIS :

Vous l’aurez compris rien qu’au titre, qui dit 5eme Vague, dit qu’avant, il y en avait eu quatre autres. Mais de quoi ? En gros, quatre vagues d’attaques aliens qui ont décimé la population terrestre. La 5eme Vague, c’est censé être celle du coup de grâce pour éradiquer les culs-terreux que nous sommes et qui s’accrochent encore. Fort excitant tout ça. Du moins, sur le papier. Car malheureusement, la saga en a décidé autrement.

1ère vague : Prenez un script en papier mâché, pondu par une scénariste au chômage. Il fut un temps, Susannah Grant avait signé les scénarios de Pocanhontas ou Erin Brockovich avant de se retrouver à officier pour la télé (la série A Gifted Man) puis de disparaître. Faites lui retravailler un peu le roman originel, histoire de bien y coller tous les clichés possibles et imaginables destinés au public visé. Et dans la foulée, demandez lui à écrire des dialogues bien neuneu car faudrait pas que ça soit trop bon quand même.

2ème vague : Faites ensuite comprendre au réalisateur qu’il n’est pas là pour créer ou faire dans l’originalité mais seulement pour jouer les faiseurs et emballer le plus proprement possible, le script bêta qu’on lui a refilé. A la limite, on lui autorise les lens flare à gogo, car c’est à la mode. Pour le reste, faire du passe-plat et surtout pas de vagues (y’en a déjà assez dans le film).

3ème vague : Expliquez à la distribution qu’elle ne pourra pas prétendre aux Oscars avec cette affaire, donc pas besoin de se casser la tête à jouer correctement. Etre là, ça suffira.

4ème Vague : Étirez bien la chose en longueur parce qu’il faut qu’on tienne plusieurs films avec ça, et si possible, qu’on termine en plus avec un truc en deux chapitres, c’est plus lucratif.

5ème Vague : Et enfin, important, il faut un peu d’action et beaucoup d’amour. Les jeunes, ils aiment bien quand ça se bécote. Mais pas que ça se bécote simple, faut que ça soit complexe, qu’il y ait des enjeux, faut qu’on insiste bien que l’ado en chaleur, elle est paumée entre deux mecs et ça va lui déchirer le cœur. Bah comme dans Twilight quoi. Mieux, refaites Twilight, mais avec des aliens. Ça sera très bien comme ça.la_5e_vague_3

Se payant une mécanique barbante que l’on a déjà vu mille fois, La 5eme Vague aurait pu être un spectacle sympathique s’il n’était pas aussi plombé qu’un canard pris entre les feux croisés d’une battue de chasseurs auvergnats. D’autant plus dommage que le long-métrage de J Blakeson avait pour lui quelques idées de scénarios pas inintéressantes, mais noyées dans un océan de médiocrité qui l’amène à quitter les sentiers de la nationale « survival post-apocalyptique » pour emprunter ceux de la morne autoroute du teen movie romantico-SF grotesque. Passée une introduction qui expédie le meilleur du film en moins d’une demi-heure (la partie spectaculaire et catastrophe) tout en superposant des couches de « pire » pour mieux flinguer son potentiel, La 5eme Vague tourne ensuite au périple aussi palpitant que l’annuel dimanche aprem obligatoire chez la vieille mémé zinzin de la famille. J Blakeson monte ses enjeux ridicules en marchant sur les plates-bandes de Twilight (et autres Divergent, Le Labyrinthe et compagnie, avec un zeste de Walking Dead dans le fond du fond) avec son ado énamourée-paumée courant en forêt, toutes émotions dehors. La pauvre Chloe Moretz, parachutée dans une galère qu’elle risque fort bien de regretter, est contrainte de passer le plus clair de son temps à faire la moue en déclamant des dialogues d’une stupidité sans nom, tout en se posant des questions de confiance à l’égard de son bellâtre au goût de tofu, rencontré sur le chemin périlleux qui la mène vers son petit frère choupi qu’elle veut récupérer. the-5th-wave-dom-df-15132-rgbOn connaît tout par cœur, on s’emmerde passablement, on se sent parfois gêné (entre le coup des pitits nenfants militaires et cette pauvre Maika Monroe parachutée dans un rôle idiot) et en dehors d’un rebondissement pas trop mal senti (on lui reconnaîtra au moins ça, sauf pour ceux qui l’auront vu venir à 300 kilomètres), La 5eme Vague passe complètement à côté de son affaire ou au contraire s’y vautre justement trop bien, en plus de nous assommer avec sa niaiserie, son absence de vraisemblance, et sa facture à faire saigner des yeux (le chef op avait la gastro pendant le tournage pour chi** une lumière pareille ?). Fuyez pendant qu’il est encore temps, ils risquent de revenir avec un chapitre 2, puis 3.1, puis 3.2…

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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