IL ÉTAIT TEMPS de Richard Curtis
En salles – critique (comédie romantique)

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21023225_20130729172913429.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 7
Carte d’identité :
Nom : About Time
Père : Richard Curtis
Livret de famille : Domhnall Gleeson (Tim), Rachel McAdams (Mary), Bill Nighy (le père), Lindsay Duncan (la mère), Margot Robbie (Charlotte), Lidya Duncan (Kit Kat), Richard Cordery (Oncle D.), Josh McGuire (Rory), Tom Hollander (Harry), Will Merrick (Jay)…
Date de naissance : 2013
Majorité au : 06 novembre 2013 (en salles)
Nationalité : Angleterre
Taille : 2h03
Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) : Quatre ans après Good Morning England, la nouvelle merveille de Richard Curtis. Une jolie comédie romantico-fantastique pleine de tendresse, de rires et d’émotions mais non dépourvue d’un fond qui touche les coeurs en profondeur en philosophant avec humilité sur la vie dans toute sa splendeur. Une véritable et pure invitation au bonheur immédiat, et pas que !

Signes particuliers (-) : x

 

VOYAGE DANS LE TEMPS ET L’AMOUR

Résumé : À l’âge de 21 ans, Tim Lake découvre qu’il a la capacité de voyager dans le temps… Lors de la nuit d’un énième nouvel an particulièrement raté, le père de Tim apprend à son fils que depuis des générations tous les hommes de la famille maîtrisent le voyage intertemporel. Tim ne peut changer l’histoire, mais a le pouvoir d’interférer dans le cours de sa propre existence, qu’elle soit passée ou à venir… Il décide donc de rendre sa vie meilleure… en se trouvant une amoureuse. Malheureusement les choses s’avèrent plus compliquées que prévu. Tim quitte les côtes de la Cornouailles pour faire un stage de droit à Londres et rencontre la belle et fragile Mary. Alors qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre, un voyage temporel malencontreux va effacer cette rencontre. C’est ainsi qu’au fil de ses innombrables voyages temporels il n’a de cesse de ruser avec le destin afin de la rencontrer pour la première fois, encore et encore, jusqu’à ce qu’il arrive à gagner son coeur. Tim se sert alors de son pouvoir afin de créer les conditions idéales pour la demande en mariage parfaite, pour sauver la cérémonie à venir du discours catastrophique du pire des garçons d’honneur imaginable mais aussi pour épargner à son meilleur ami un désastre professionnel. Mais alors que le cours de sa vie inhabituelle se déroule, Tim découvre que ce don exceptionnel ne lui épargne pas la peine et les chagrins qui sont communs à n’importe quelle autre famille partout ailleurs.

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L’INTRO :

Scénariste à succès (Quatre Mariages et un Enterrement, Bridget Jones) devenu par la ensuite réalisateur à succès (Love Actually, Good Morning England), le britannique Richard Curtis signe aujourd’hui la passe de trois avec Il Etait Temps, son troisième effort de réalisation en dix ans. Une jolie comédie romantico-fantastique réunissant Domhnall Gleeson (fils de l’illustre Brendan Gleeson) et Rachel « sourire magique » McAdams qui aura connu un beau succès sur son territoire, louée par le public et adoubée par la presse.

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L’AVIS :

Il était temps est typiquement le genre de film dont on aurait envie de dire trivialement qu’il « fout la banane ». Par une belle histoire un brin décalée où un jeune homme apprend à ses 21 ans qu’il a, comme tous les hommes de sa famille, la capacité à voyager dans le temps pour revivre certains épisodes de sa vie, Richard Curtis s’engouffre une fois de plus sur le terrain où a toujours pris place son cinéma : celui de l’amour. Et une fois de plus le cinéaste de signer une comédie romantique à la douceur imparable qui sait trouver le chemin des cœurs sans rencontrer de résistance. Mieux, elle les anticipe et les fait voler en éclat en se révélant nettement plus fine et intelligente que nombre de stupidités artificielles et inoffensives usant et abusant des ficelles faciles du genre, en se parant d’un fond qui sait poser les bonnes questions, jouant à merveille du mariage entre l’inconséquent et l’approfondissement de ses thématiques empreintes de sensibilité et d’un regard touchant sur la vie.

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Drapé dans un sublime message humaniste et épicurien, Il était temps est une ode à la vie dans toute sa beauté, sa magie et sa splendeur, un conte amoureux déguisé en comédie romantique douce et délicate, teinté d’un fantastique qui dépasse le simple stade du postulat pour embrasser une histoire métaphorique conjuguant la chronique drôle et tendre et le prétexte à philosopher sans prétention aucune sur le monde moderne et la façon dont les êtres humains traversent le temps au quotidien. Par une petite pépite à la fois maligne, enlevée et enjouée, servie un rythme pimpant et exaltant, Richard Curtis érige un récit improbable mais qui trouve un écho fort et bouleversant dans les petites choses où le probable jaillit de mille feux. Dans cette façon qu’il a de cerner avec beaucoup de justesse, des moments, des étapes de vie, des situations, le tout servi par une écriture brillante et d’une grâce infinie qui en vient à résumer fondamentalement ce qu’est l’existence dans toute sa richesse. Avec Il était temps, il déroule un pan de vie avec humour et émotion et le fait bien, dans un cinéma confortable et chaleureux, où la réalité est certes souvent enjolivée mais c’est pour mieux justement nous cueillir et nous tendre la main dans une invitation au bonheur cinématographique qui laisse, encore bien longtemps après la séance, les réminiscences joyeuses d’une envie de vivre l’existence et d’en savourer chaque instant.

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Il était temps s’appuie autant sur le sens de l’observation, la dextérité d’écriture et l’art de la parabole de son auteur, que sur son duo somptueux qui permet au film de trouver à travers lui, l’ancre qui lui servira à mouiller son embarcation et à s’amarrer à la terre pour ne pas dériver. Deux personnages attachants donnant corps et âme à cette belle histoire subtilement profonde, interprétés par un Domhnall Gleeson tout en souplesse et timidité attendrissante et une Rachel McAdams magnifique de beauté simple et estomaquante, qui a cette force de faire fondre les cœurs en un sourire esquissé. Gravite derrière ce tandem complice, une belle galerie de personnages délicatement peaufinés, du père un brin décalé et originalement affectueux (le grand Bill Nighy) à une mère plus en retrait et contemplatrice de ce bonheur familial (Lindsay Duncan) en passant par une sœur fofolle et troublante de mélancolie (Lydia Wilson), un premier amour semblable à une déesse sortie des cieux (Margot Robbie) et surtout un oncle qui n’a plus toute sa tête (Richard Cordery), peut-être l’un des plus beaux personnages de cette craquante famille. Toute la diversité et les nuances de l’humain incarnés en une famille à laquelle l’on rêverait de prendre part.

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Il était temps est quelque part presque mieux que tous les antidépresseurs du monde. Du beau cinéma naïf et universel. Par le biais d’une souriante balade merveilleuse dans le parcours de vie à la fois normal et extraordinaire d’un jeune homme des Cornouailles, Richard Curtis nous offre un beau cadeau, un divertissement en apparence fugace, mais qui sait pourtant se transcender dans son fond pour résonner de vibrations et impacter notre sentiment vis-à-vis de l’existence et notre regard sur la vie. Quand c’est fait avec autant d’humilité et de fantaisie simple, on ne peut qu’adhérer et dire merci pour ce petit coup de pied aux fesses égayant une journée et illuminant les suivantes en nous donnant l’envie d’aimer, de vivre chaque instant en en tirant le meilleur, de vivre tout court le temps qui passe, de faire en sorte à ne rien regretter. Splendide et affectueux, le genre qui « font sur la langue, pas sur la main » et qui vous dit : « allez vivre votre vie avec passion et fougue… maintenant ! »

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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