GUTTERBALLS de Ryan Nicholson – critique (slasher)

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note 3.5
Carte d’identité :
Nom : Gutterballs
Père : Ryan Nicholson
Livret de famille : Alastair Gamble (Steve), Saraphina Bardeaux (Hannah), Stephanie Schacter (Cindy), Nathan Dashwood (AJ), Candice Lewald (Lisa), Wade Gibb (Joey), Mihola Terzic (Sarah), Danielle Munro (Julia), Dan Ellis (BBK)…
Date de naissance : 2008
Majorité au : inconnue
Nationalité : USA
Taille : 1h31
Poids : 350.000€

Signes particuliers (+) : Des meurtres plutôt fun et graphiques, variant les plaisirs à l’aide de toute la panoplie du parfois joueur de bowling.

Signes particuliers (-) : A vouloir trop parodier le slasher nanardesque des années 80, Gutterballs en devient un, et un de la pire espèce aussi gonflant que rebutant.

 

STRIKE DANS TA GUEULE !

Résumé : Deux bandes rivales de joueurs de bowling se chauffent un soir dans le complexe local. Plus tard dans la soirée, Lisa, une des participantes, est sauvagement violée en réunion par les membres de l’équipe adversaire. Les retrouvailles le lendemain s’annoncent houleuses, sauf qu’un mystérieux tueur psychopathe se met à assassiner tout le monde…

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L’INTRO :

Le nom de Ryan Nicholson ne vous dira probablement rien et pourtant, ce mordu de cinéma de genre officie depuis maintenant un bon bout de temps dans le milieu et affiche une filmographie impressionnante ! Qu’est-ce que c’est que ces Salma Hayek, vous direz-vous… C’est normal, pas de panique, vous n’avez pas manqué un chapitre important de l’histoire de l’horreur. En fait, Ryan Nicholson est tout simplement un maquilleur expert en trucages. Pas un gars du genre à poudrer le nez de bimbos avec des produits achetés au Sephora du coin, non, un geek à l’ancienne spécialisé dans les effets horrifiques et qui a frénétiquement œuvré dans le genre ces quinze dernières années en alternant productions télé (Stargate SG1, X-Files, Supernatural), films de cinéma (Ghost Rider, Les Chroniques de Riddick, Blade Trinity) ou bisseries vidéo (Grave Encounters 2, The Tortured etc…). A côté de ça, Nicholson a également tâté du fauteuil de réalisateur et Gutterballs est déjà son quatrième long-métrage si l’on exclue Hell Hath no Fury, film à sketch où il n’a signé qu’un segment.

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Deux ans après Live Feed, une médiocrité lorgnant du côté du populaire Hostel d’Eli Roth, Nicholson remet le couvert avec cette fois un film hommage au slasher des années 80. Gutterballs est l’histoire de la nuit cauchemardesque que va passer une poignée de jeunes débiles dans un bowling glauque où rôde un psychopathe au visage masqué par un affreux sac de boule de bowling, armé de quilles et autres accessoires propice au massacre généralisé fendard. On sent bien rien que dans le scénario le côté rétro-vintage qui fleure bon le nanar émérite et nostalgique de la grande époque des slashers eighties. Soirée excitante en perspective seulement ternie par la crainte de voir la bisserie fun espérée se transformer en zéderie de la pire espèce, quand on voit le listing et la tronche des acteurs de cinquième zone recrutés, quand on remarque que le film a été réalisé à l’arrache et avec un faiblard 250.000 dollars de budget et que les précédents travaux de Ryan Nicholson n’ont jamais recueilli des suffrages très positifs auprès des spectateurs…

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L’AVIS :

Gutterballs a failli nous surprendre agréablement. Au lieu de faire sérieux recyclant de vieilles recettes sans génie ni inventivité, avec le risque de tomber dans la plus absolue des « pourritude », Nicholson décide de s’embarquer dans le second voire troisième degré en signant un nanar hommage comique ultra-exagéré en tout point de vue, avec une prédilection pour le naze assumé façon Psycho Beach Party mais en moins bien foutu. L’idée était amusante, d’autant que le passionné réal en fait des caisses dans le dialogue vulgos-craignos, le meurtre complètement frappadingue, l’omniprésence de nudité gratuite ou les clichés les plus lourdingues. Et vas-y que je te pénètre bien profond avec une quille, que je t’éclate la pastèque avec une boule de bowling ou que je te lustre la tronche avec une machine à les polir ! Sur le papier, Gutterballs est fendard. Seulement c’est juste sur le papier. Dans la forme, la nanarderie de Nicholson exagère tellement son concept hommage qu’elle finit par y tomber dedans. Le retour de flamme est alors violent et l’affaire ne fait plus rire pour un sou, ressemblant à un Troma du pauvre (c’est dire !) croisé avec du Russ Meyer. Les dialogues enchaînent les « pute », « salope », « bite », « queue », « couille » à un rythme frénétiquement épuisant, d’autant qu’ils sont noyés dans des textes tout droit sortis tour à tour d’un horrible porno trash décadent et hardcore ou d’un court-métrage d’ado de 14 ans qui se la jouerait jeune rebelle provocateur sur-vulgaire. Ils sont bien entendu déclamés par des non-comédiens qui, soit sont excellents dans l’art de la parodie du pire acteur ringard recruté au billard du PMU du coin, soit sont tout simplement et purement à chier en plus d’être insupportables, du physique à la voix. Quelques petites répliques délicieusement kitsch auraient bien eu droit à un wall of fame sur Youtube mais les pauvres surnagent dans un magma épouvantable à l’ouïe, entourées à gauche, à droite, en haut et en bas de conneries abyssales telles, qu’on en vient à ne même plus les remarquer. Le script lui, ne fait évidemment pas la dentelle et a dû être écrit aux chiottes par un obsédé au chômage. Ok, on n’attendait pas non plus du Harold Pinter mais quand même, y’a des limites aux bornes…

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Gutterballs a voulu pousser le bouchon si loin qu’il finit par pâtir de son postulat volontairement mécréant. La parodie se transforme en horripilante ânerie ridicule estampillée Z et le film devient ce dont il semblait se moquer (en espérant qu’il se moquait bien sûr, soudain le doute nous habite… air perplexe). Bref, amateurs de nazeries foutraques pleine de cul et de gore, faites-vous plaisir. Gutterballs est aussi fauché qu’excessif, aussi mauvais que drôle, à condition de le voir dans un contexte malbouffe-potes-défonce. Cela dit, c’est quand même bien nul et on regrettera presque que Nicholson n’ait pas su doser son équilibre entre l’hommage et la parodie caricaturale. Son slasher rétro aurait pu alors devenir une bisserie décalée savoureuse au lieu de tomber à ce point dans la saleté exécrable et rebutante. L’éternel problème du « trop, c’est trop ». Nicholson étouffe et tue son film par excès de zèle et à vouloir singer et rigoler des nanars surréalistement nuls d’une époque, il en pond un lui-même, peut-être même pire que ses modèles.

Bande-annonce :

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