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WONDER WOMAN 1984 de Patty Jenkins : la critique du film

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Spectateurs

Carte d’identité :

Nom : Wonder Woman 1984
Mère : Patty Jenkins
Date de naissance : 2020
Majorité : 31 mars 2021
Type : sortie VOD
Nationalité : USA
Taille : 2h31 / Poids : 200 M$
Genre : Fantastique, Super-héros, Action

Livret de Famille : Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Kristen Wiig, Robin Wright, Pedro Pascal…

Signes particuliers : Mais comment a t-on pu passer d’un premier film sympa à une suite aussi diurétique ?

 

 

WONDER FLOP

NOTRE AVIS SUR WONDER WOMAN 1984

Synopsis : Suite des aventures de Diana Prince, alias Wonder Woman, Amazone devenue une super-héroïne dans notre monde. Après la Première guerre mondiale, direction les années 80 ! Cette fois, Wonder Woman doit affronter deux nouveaux ennemis, particulièrement redoutables : Max Lord et Cheetah.

Sans avoir été non plus un monument de cinéma à l’originalité démentielle, le premier Wonder Woman (2017) avait eu le mérite de réveiller un peu un DCU qui patinait dans la semoule après les ratages Batman V Superman et Suicide Squad. Solide blockbuster non exempt de défauts mais agréable et bien fichu, le film de Patty Jenkins s’était attiré une bonne sympathie générale au point d’avoir même été rangé par beaucoup dans le haut du panier des productions super-héroïques DC, et pas que. Logiquement, sa suite était attendue. Longtemps repoussée en raison de la pandémie assassine qui a fermé les lieux de culture, sa sortie a fini par capoter chez nous. Et dire que Wonder Woman 1984 devait être des temps forts de l’année ciné coté gros spectacles yankees… Le voir directement poussé en vidéo est symptomatique de la catastrophe actuelle que vivent tant les studios que les salles obscures. Néanmoins, l’argument de ne pas « l’avoir vu sur grand écran » ne fonctionnera pas comme excuse recevable pour justifier la déception. Wonder Woman 1984 n’est pas juste moins bon que son aîné, c’est une débâcle totale de la première à la dernière minute de ses loooooongues deux heures trente engluées dans l’embarras le plus total.

Pourtant, on a pris grosso merdo les mêmes pour recommencer. Patty Jenkins à la réalisation et au scénario, Gal Gadot dans le costume de l’athlétique Amazone, l’inexpressif Chris Pine « ressuscité » à ses côtés, Hans Zimmer et ses petites mains à la musique, 78 producteurs, 7300 techniciens aux effets spéciaux et tout le bordel. Mais rien n’y a fait, Wonder Woman 1984 est une purge, limite une honte. Une honte à 200 millions, ça fait cher payé le ridicule. Ce ridicule, c’est d’ailleurs à peu près la seule chose que cette suite parvient à nous servir avec une générosité indiscutable tant il dégouline de tous les côtés de l’écran au point que l’on en viendrait presque à se demander si la ringardise du bidule n’est pas faite exprès pour justifier le « 1984 » du titre en lui en collant le look. Mais en réalité… non.

Premier vecteur de ridicule, le scénario. L’idée de départ n’était pas si mauvaise, l’antagoniste vilain plutôt bien écrit (limite attachant dans sa folie). Malheureusement, tout est noyé dans des surcouches de connerie à n’en plus finir. A commencer par le retour de l’huître Chris Pine amené avec un je-m’en-foutisme lunaire comme si les auteurs n’avaient eu absolument aucune idée pour justifier pareil comeback nawako-invraisemblable. Autour, le scénario déploie une artificialité qui n’a d’égale que l’incroyable paresse d’écriture qui tient un blockbuster en roue libre sur l’autoroute de l’insipide, incapable de faire de son héroïne, autre chose qu’une « super » vainement sexy. Car tout fait toc, à commencer par sa douce mélancolie risible qu’elle cache sous sa garde-robe glam-chic-choc. Deuxième vecteur de ridicule qui entre en collision avec le premier, le production design. Dire que Wonder Woman 1984 est moche serait un trop doux euphémisme. Entre effets spéciaux moyens et fonds verts dégueulasses, le film se balance dans le ratage visuel le plus absolu. Mention à cette scène pseudo-romanesque en avion au milieu d’un feu d’artifice qui, à elle seule, cristallise autant la laideur du barnum que sa kitscherie crétine. Car Wonder Woman 1984 ne se contente pas d’être juste affreux, il est d’une ringardise qui frôle la démence. Et cette même ringardise va aspirer toutes les parcelles du film, de l’histoire aux dialogues en passant par l’imagerie ou le jeu des comédiens. Et puisqu’on en parle tiens… Gal Gadot vs Chris Pine, le match du siècle. Qui va l’emporter au grand concours du pire comédien de l’année ? A croire que le duo se tire la bourre pour voler le titre à l’autre tant le cabotinage n’a de répondant que dans l’inexpressif non-jeu poussé à l’extrême. Même Gal Gadot, pourtant convaincu par son truc il y a quatre ans, semble professionnellement absente et ne fait aucun effort pour « incarner » quoique ce soit. Et on passera sur le montage d’une mollesse terrible ou sur la photo dans aucune cohérence formelle car à force de tirer sur l’ambulance, il y aura bientôt plus de trous que de carlingue.

Bilan, Wonder Woman 1984 est un naufrage dont il est difficile de sauver quelque chose. Peut-être un plan par-ci, une idée de mise en scène par là. Kristen Wiig éventuellement, dont le jeu rappelle parfois celui de Michelle Pfeiffer dans le Batman burtonien. Ou Pedro Pascal qui campe un méchant très humain. Mais au terme de ses interminables (inter-minables ?) 2h30, Wonder Woman 1984 nous laisse exsangues, avec des yeux gonflés tant ils ont pleuré des larmes de sang.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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