WHITNEY de Kevin McDonald : la critique du film
Sortie cinéma

Partagez cet article
0 votes

[Note spectateurs]

Carte d’identité :
Nom : Whitney
Père : Kevin McDonald
Date de naissance : 2018
Majorité : 05 septembre 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h00 / Poids : NC
Genre
: Documentaire

Signes particuliers : Un documentaire passionnant mais qui manque d’émotions.

LE DESTIN TRAGIQUE DE WHITNEY HOUSTON

LA CRITIQUE DE WHITNEY

Résumé : Elle a vendu 200 millions d’albums. Elle détient le record du plus grand nombre de numéros 1 consécutifs. Sa chanson « I Will Always Love You » est le single le plus vendu par une chanteuse. Derrière les records, les rumeurs, les scandales, les secrets et la gloire, voici la vraie Whitney.

Après This is it sur Michael Jackson puis Amy sur Amy Winehouse, Whitney est un nouveau documentaire consacré à une chanteuse de légende tristement disparue. Le 11 février 2012, le monde apprenait la mort de l’artiste aux 170 millions d’albums vendus, décédée dans un hôtel, victime d’une noyade dans sa baignoire liée à une maladie cardio-vasculaire et à la cocaïne. Whitney Houston avait 48 ans. Six ans après, le réalisateur Kevin McDonald (Le Dernier Roi d’Ecosse) retrace la trajectoire compliquée de l’interprète de I Will Always Love You, révélation de la pop américaine aux débuts des années 80, devenue superstar planétaire aux nombreux tubes puis vedette des tabloïds où s’étalaient ses problèmes de drogue et d’alcool et sa relation houleuse avec Bobby Brown. Whitney Houston, c’est un parangon du schéma (classique) de l’ascension et de la chute, du record mondial de disques vendus pour un premier album à une déchéance incessante et tragique qui l’amènera à ne plus pouvoir assurer ses performances vocales.

De retour au registre après Marley sur l’icône Bob Marley (en 2012), Kevin McDonald nous replonge dans une existence agitée, survolant l’entière Whitney en deux heures très denses. A travers ce documentaire partagé entre joie et noirceur à l’image de l’artiste elle-même, on passe en revue son enfance, sa famille, ses chansons mondialement connues comme I Wanna Dance with Somebody qui l’a propulsé au firmament, on se remémore Bodyguard, on retrouve un visage et sourire unique qui faisait dire à Kevin Costner que Whitney Houston était la fille la plus mignonne qu’il ait jamais rencontré (« the cutest girl i ever met« ), on devient aussi le triste spectateur d’une dégringolade ponctuée par ce fameux concert à Copenhague où Houston était tellement « défoncée » sur scène que sa prestation calamiteuse avait fait fuir son public qui quittait la salle plutôt que d’assister à pareil spectacle pathétique. Pourquoi cette terrible destinée ? Comment s’est produit un tel passage aux extrêmes ? Qu’est-ce qui se cache derrière la façade d’une vie trop facilement réductible ? Sans concession ni volonté hagiographique mais malgré tout avec un regard lucide et tendre, Kevin McDonald décortique une vie tumultueuse et livre des clés de compréhension (avec quelques révélations à la clé).

Néanmoins, au-delà du biopic documentaire sur une artiste, c’est dans son sous-texte sociologique que Whitney trouve sa plus belle résonance, un fin portrait sur l’évolution de la communauté afro-américaine et sa place dans la société accompagnant le focus de McDonald qui par intermittence, parvient à partir du particulier pour tirer vers le général. Le meilleur visage d’un effort qui, s’il s’avère instructif (à condition d’être intéressé par la vie de Whitney Houston) et parfois touchant, manque toutefois d’émotions, peu se dégageant d’un documentaire finalement pas aussi bien raconté qu’il ne le croit. On est loin du bouleversant Amy, peut être parce que McDonald ne parvient pas à fédérer au-delà de son sujet et parce qu’il peine à apporter de la clarté à sa dramaturgie documentaire, comme à bien mettre en exergue les blessures de l’artiste et à faire ressortir l’intime fond de son long-métrage en dehors de l’éternel problème du père (apparemment commun à tous les artistes en souffrance) et de l’habituelle petite pique à l’encontre de la cruauté des médias. En un sens, c’est logique, McDonald n’ayant pas signé une synthèse biographique cherchant les larmes mais plutôt un documentaire d’investigation cherchant à répondre à LA question méconnue : comment la diva rayonnante est passée du toit du monde à la plus sordide addiction à la drogue, qui va entraîner sa perte. Au terme d’une minutieuse enquête nourrie d’archives rares (cela dit à la qualité parfois discutable), McDonald a trouvé la réponse, en grattant le vernis d’une famille aux lourds secrets.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.