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WHEN EVIL LURKS de Demian Rugna : la critique du film [Gérardmer 2024]

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Nom : Cuando acecha la maldad
Père : Demian Rugna
Date de naissance : 17 avril 2024
Type : sortie en salles
Nationalité : Argentine
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Horreur

Livret de Famille : Ezequiel RodríguezSilvina SabaterLuis Ziembrowski

Signes particuliers : Enfin un vrai bon film d’horreur !

Synopsis : Après avoir découvert un cadavre mutilé près de leur propriété, deux frères apprennent que les événements étranges survenant dans leur village sont causés par un esprit démoniaque qui a élu domicile dans le corps purulent d’un homme. Le mal dont souffre ce dernier ne tarde pas à se répandre comme une épidémie, affectant d’autres habitants de la région.

VOUS ALLEZ DOUILLER !

NOTRE AVIS SUR WHEN EVIL LURKS

Ce fut l’une des grandes sensations du dernier festival de Gérardmer. En même temps, on l’avait annoncé, la présentation montagnarde du film ayant été précédée d’échos dithyrambiques. Et quel choc ! Si When Evil Lurks ne finit pas l’année auréolé du titre de « Meilleur Film d’épouvante de 2024 », c’est qu’il y aura vraiment eu un ou plusieurs chefs-d’œuvres derrière lui, et on les attend de pied ferme. Venu de la lointaine Argentine, When Evil Lurks est la nouvelle pépite d’un spécialiste du genre, Demián Rugna, Scénariste monteur et réalisateur qui s’est toujours illustré dans l’horreur jusque là. Dans une région campagnarde, un mystérieux mal démoniaque se répand en se transmettant de personne en personne. Deux frères tentent d’échapper à la malédiction galopante mais leur fuite est contrariée par les règles qu’elle ordonne.
Qu’attend t-on d’une bonne comédie ? Qu’elle fasse marrer. Qu’attend t-on d’un bon film d’action ? Qu’il divertisse et envoie le spectacle. Qu’attend t-on d’un bon film d’horreur ? Qu’il foute la trouille. Et à ce petit jeu là, When Evil Lurks coche la case. Mais pas que celle-ci. Le film de Demián Rugna a tout pour lui, un univers qui fonctionne, un mythologie pensée et maîtrisée, du gore bien dégueu, des scènes chocs que l’on n’est pas prêt d’oublier, d’autres absolument terrifiantes, un rythme haletant qui croit crescendo… Surtout, à l’heure où il est de plus en plus difficile de faire original dans le carcan d’un cinéma de genre qui tourne souvent en rond, When Evil Lurks affiche fièrement une certaine originalité. Enfin une histoire que l’on n’a pas l’impression d’avoir vu 200 fois. Pourtant en soi, Rugna surfe sur une mécanique dont le mode de fonctionnement n’a rien de nouveau au demeurant. La même qu’un certain cinéma de zombie ou de possession avec un mal qui se transmet d’être en être. Mais le cinéaste argentin développe tout un imaginaire surprenant qu’il acoquine à un parfum de mystère permanent rendant son film à la fois très efficace et étrangement énigmatique.

Captivant et perturbant, When Evil Lurks tient en haleine d’un bout à l’autre de son voyage dans un cauchemar qui se sert des schémas classiques de l’horreur pour mieux les relancer, prouvant ainsi que l’on peut encore souffler un vent d’air frais sur le genre sans pour autant avoir l’idée de génie maligne et ultra-originale. Sa seule réelle originalité, c’est la manière dont Rugna construit son affaire, tordant le coup aux schémas narratifs classiques. When Evil Lurks ne se perd pas dans une introduction cherchant à instaurer une pseudo-atmosphère angoissante avant d’être dérouler son programme en côtoyant toutes les balises habituelles. Dès la première minute, When Evil Lurks entre dans le vif de son sujet en posant une atmosphère délétère rejointe par un univers que le cinéaste ne s’embarrasse pas à poser ou expliquer. La menace qui plane est connue des habitants (pourquoi et comment, on s’en fout) et ces derniers semblent s’en accommoder comme ils peuvent. L’effet est déstabilisant pour le spectateur habitué au sur-explicatif mais en passant outre ces bases, When Evil Lurks gagne en impact car il va droit au but. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour avoir une pelletée de scènes extrêmement surprenantes et dont l’impact horrifique laisse dans un état de tétanie traumatique jubilatoire. Avec sa violence sèche et son refus de respecter la bonne morale, When Evil Lurks est un film salvateur pour le genre. Un exercice qui saura régaler les aficionados d’épouvante craspec et ce, malgré ses petites maladresses ou défauts d’écriture et de mise en scène. Quel pied !

 

Par Nicolas Rieux

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