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MON BÉBÉ de Lisa Azuelos : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Mon Bébé
Père : Lisa Azuelos
Date de naissance : 2018
Majorité : 13 mars 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h27 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Sandrine Kiberlain, Thaïs Alessandrin, Victor Belmondo, Patrick Chesnais, Camille Claris, Arnaud Valois, Kyan Kohjandi, Yvan Attal…

Signes particuliers : Drôle, attachant, et porté par une exceptionnelle Sandrine Kiberlain.

MA FILLE, MA BATAILLE

LA CRITIQUE DE MON BÉBÉ

Synopsis : Héloïse est mère de trois enfants. Jade, sa « petite dernière », vient d’avoir dix-huit ans et va bientôt quitter le nid pour continuer ses études au Canada. Au fur et à mesure que le couperet du baccalauréat et du départ de Jade se rapproche, et dans le stress que cela représente, Héloïse se remémore leurs souvenirs partagés, ceux d’une tendre et fusionnelle relation mère-fille, et anticipe ce départ en jouant les apprenties cinéastes avec son IPhone, de peur que certains souvenirs ne lui échappent… Elle veut tellement profiter de ces derniers moments ensemble, qu’elle en oublierait presque de vivre le présent, dans la joie et la complicité qu’elle a toujours su créer avec sa fille, « son bébé ».

Dix ans après LOL, Lisa Azuelos laisse de côté les biopic sur des chanteuses décédées (Dalida) pour revenir au thème de la famille avec la comédie Mon Bébé. Comme avec LOL à l’époque, la cinéaste y projette un peu de sa propre expérience de la folie maternelle en peignant le portrait d’une mère qui voit sa dernière fille atteindre sa majorité et préparer son envol du nid. Bientôt, Eloïse, divorcée et triple maman, va se retrouver seule dans son grand appartement, et cette nouvelle étape de vie l’angoisse autant qu’elle ne la pousse à revisiter son passé de mère rock’n’roll qui a donné sa vie pour ses enfants. A l’écran, la toujours merveilleuse Sandrine Kiberlain en maman attachante, entourée de Victor Belmondo (fils de), Camille Claris et surtout Thaïs Alessandrin… la propre fille d’Azuelos !

Si vous aviez aimé la comédie générationnelle qu’était LOL, alors vous ne résisterez pas une seule seconde devant Mon Bébé, qui reprend exactement la même recette que son aîné, du sujet à son traitement en passant par le ton, l’écriture et la mise en scène. Encore une fois, Azuelos propose une histoire mère-fille fusionnelle, encore une fois elle déroule une comédie observatrice, encore une fois elle utilise un regard qui se veut universel, et encore la cinéaste s’élance sur un ton pop balancé entre le rire et l’émotion.

Azuelos capitalise sur ce qu’elle sait faire, rendre avec justesse et drôlerie la vie de parents, le fossé générationnel entre les ados et leurs aînés, les problèmes des uns et des autres et la vie qui file sans que l’on puisse la retenir. L’effort aurait été pleinement abouti sans quelques petites maladresses de mise en scène et/ou quelques passages un peu trop sur-écrits mais malgré tout, le capital séduction fonctionne à plein régime. Sur un rythme trépidant et fortement aidé par la sincérité qui anime ses instants croqués, Mon Bébé fait rire, bouleverse, rend nostalgique ou rêveur… Bref, une vaste palette de sensations et ça tombe bien, c’était exactement l’objectif avoué de Lisa Azuelos, montrer ce que l’on ressent de l’intérieur quand on quitte le nid familial, quand une mère voit ses enfants s’envoler de leurs propres ailes… Et au sommet de cette chronique haute en couleurs, une Sandrine Kiberlain rayonnante, magistrale, entière. Dévoreuse d’écran avec une douce folie lunaire qui emporte tout sur son passage, la comédienne mérite triplement son prix d’interprétation féminine glané à L’Alpe d’Huez (en attendant peut-être un César), parce qu’elle y est attachante, parce qu’elle y est hilarante, parce qu’elle y est émouvante.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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