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LES HIRONDELLES DE KABOUL de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Les hirondelles de Kaboul
Parents : Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec
Date de naissance : 2019
Majorité : 04 septembre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h21 / Poids : NC
Genre : Animation

Livret de famille : Avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swann Arlaud, Michel Jonasz, Hiam Abbass…

Signes particuliers : Un beau film d’animation.

VERS LA LIBERTÉ ET AU-DELÀ

NOTRE AVIS SUR LES HIRONDELLES DE KABOUL

Synopsis : Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies. 

Zabou Breitman nous confiait récemment qu’elle avait signé son contrat pour le film en 2012. Traduction, il aura fallu pas moins de sept longues années de dur labeur pour que Les Hirondelles de Kaboul voit le jour. Coréalisé à quatre mains (mais avec un seul esprit dans un élan fusionnel) par la réalisatrice et l’animatrice-graphiste Eléa Gobbé-Mevellec, le film s’est ensuite envolé vers Cannes, puis vers Cabourg, il a survolé Annecy avant d’aller se poser à Angoulême où il a triomphé en remportant le prix du Meilleur Film. On a bien dit du « Meilleur Film » et non du « meilleur film d’animation ». Une fierté pour Zabou que de voir son petit trésor être reconnu en tant que long-métrage tout court et non enclavé dans son genre. Réalisé en animation 2D selon des techniques qui tranchent avec les œuvres artificielles modernes, Les Hirondelles de Kaboul nous plonge dans le Kaboul en ruines de 1998. La population vit au jour le jour avec la loi intraitable des talibans. Dans ce recoin du monde qui semblait abandonné à son triste sort, Zunaira et Mohsen s’aiment et rêvent de jours meilleurs et de liberté. Mais ils seront rattrapés par la réalité.

Le festival d’Angoulême ne s’y est pas trompé en couronnant Les Hirondelles de Kaboul. Le film, ou plutôt la petite pépite devrait-on dire, brille autant par l’intelligence de son contenu que par la beauté de sa forme ou encore l’originalité de sa démarche artistique. Car si l’on a l’habitude de voir des films d’animation qui ont été dessinés avant d’être ensuite doublés en studio par des acteurs, le film de Zabou et Gobbé-Mevellec s’est essayé à l’exercice inverse. Dans un studio, des comédiens ont véritablement joué le film en live comme s’ils étaient sur une scène de théâtre. Et on insiste sur « joué » car ils ne sont pas contentés de lire leurs textes, ils les ont vraiment incarnés, en costumes, avec accessoires et tout le toutim. Le son enregistré au cours de cette expérience de tournage plutôt originale a ensuite était mis en images. Plus clairement, Les Hirondelles de Kaboul, c’est le son avant l’image, l’image au service du son. Une approche différente qui offre au film un véritable jeu d’acteurs en lieu et place de voix artificielles, et avec cela un supplément d’âme.

Avec Les Hirondelles de Kaboul, adaptation d’un livre de Yasmina Khadra, Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec signent un superbe conte tragique et un puissant pamphlet contre l’intégrisme et l’obscurantisme. Mais sans misérabilisme, sans jamais rien appuyer, privilégiant toujours poésie, tendresse et espoir. La (fausse) simplicité des coups de crayon et la beauté formelle des traits s’imposent comme un rempart de douceur dressé face à l’horreur de ce qui est raconté au cœur de cette histoire profondément humaine et bouleversante, qui en appelle à la liberté partout à travers le monde, avec cette subtile idée qu’un jour, ce seront peut-être les femmes qui se libèreront elles-mêmes. Magnifique et puissant.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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