LE SERPENT AUX MILLE COUPURES d’Eric Valette : la critique du film
sortie cinéma

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note 2.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Le serpent aux mille coupures
Père : Eric Valette
Date de naissance : 2016
Majorité : 05 avril 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre : Polar

Livret de famille : Tomer Sisley, Terence Yin, Pascal Greggory, Erika Sainte, Stéphane Debac…

Signes particuliers : Un effort sincère et ambitieux mais entravé par ses maladresses.

JEU(X) DE MORT(S)

LA CRITIQUE DE LE SERPENT AUX MILLE COUPURES

Résumé : Sud Ouest de la France, hiver 2015. Un motard blessé quitte les lieux d’un carnage. Le mystérieux fugitif trouve refuge chez les Petit, une famille de fermiers qu’il prend en otage. A ses trousses : des barons de la drogue colombiens, le lieutenant colonel Massé du Réaux, et un tueur à gage d’élite, qui sont bien décidés à le neutraliser, par tous les moyens. L’homme a déclenché une vague de violence dont personne ne sortira indemne… 323478.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxRéalisateur apprécié pour sa passion et sa volonté de sortir un peu des éternels sentiers battus du drame et de la comédie, de sorte à vivre un cinéma de genre français trop moribond, Éric Valette ressurgit du brouillard six ans après le thriller d’action La Proie, pour un polar tortueux adapté d’un roman de DOA. Porté par le trop rare Tomer Sisley, Le Serpent aux Mille Coupures est une tentative audacieuse, précédée d’une bande annonce déplorable (et peu vendeuse) sur laquelle il serait dommage de s’arrêter.

324259.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxÉric Valette ne réussit pas toujours ce qu’il entreprend, mais il a le mérite d’avoir un style, de tenter des choses courageuses, et de faire preuve d’ambition en dépit des contraintes budgétaires qui lui incombent. Avec ce polar particulièrement sombre et racé, le cinéaste catapulte une nouvelle fois à l’écran, sa faculté à proposer des choix forts, qu’ils soient payants ou non. On trouvera autant de défauts que de qualités dans ce nouvel effort qui passe par toutes les phases, tour à tour intéressant ou décevant, accrocheur ou maladroit, mais dans tous les cas, sincère et volontariste. Avec Le Serpent aux Mille Coupures, Éric Valette tente d’installer un jeu de mort où plusieurs pistes narratives coexistent les unes autour des autres, avec la certitude qu’elles nous mèneront tôt ou tard, vers une confrontation violente. Dans cette optique, le cinéaste s’efforce de ménager une tension palpable de tous les instants, assortie à une atmosphère pesante qui soutient cette toile d’araignée en plein tissage. La construction et l’orchestration scénaristique sont ainsi ambitieuses, parfois déroutantes en attendant que les enjeux soient tous posés et les mystères en suspens déflorés, mais la curiosité est piquée au vif, dans ce qui ressemblerait presque à un étrange polar choral patientant dans l’attente de son épilogue explosif.

324728.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxMalheureusement, si Valette a bon dans l’idée avec un film aux allures d’hommage à Peckinpah, la traduction de ses intentions souffrent trop souvent de maladresses que l’on pressent comme étant surtout dues à des moyens si serrés, qu’ils ne permettent pas au récit de laisser libre court à sa folie minutieusement aiguisée. Par manque d’étoffe et de densité, tant dans la présentation de ses personnages que dans le développement de son contexte tendu, Le Serpent aux Mille Coupures peine à nous plonger totalement dans ce qu’il entend proposer, et sa quête d’un aura de mystère permanent, finit par se retourner un peu contre lui, le film demeurant au final trop souvent opaque et distant d’un spectateur jamais convié à participer de l’intérieur, à l’expérience qu’on lui soumet. Surtout, Le Serpent aux Mille Coupures trahit son titre tant il ne sait pas vendre son « serpent », tant il ne sait pas illustrer ses « 1000 coupures ». Si l’on veut bien accepter le choix assumé de rester sans cesse dans l’énigmatique, alors il fallait que l’ensemble de la narration suive, et fasse preuve d’une solidité à toute épreuve. Ce n’est pas le cas, entre sur-écriture ou petites fausses notes de ringardise, notamment dans les dialogues ou la crédibilité des scènes voulues iconiques. D’autant plus dommage qu’à l’écran, transpire toute la maîtrise de la mise en scène d’un Valette qui tente de soigner son affaire. Et le film de passer autant à côté de sa tentative, qu’il ne parvient à laisser en pointillé, le souvenir d’un effort intrigant et intéressant.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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