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HER SMELL d’Alex Ross Perry : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Her Smell
Père : Alex Ross Perry
Date de naissance : 2019
Majorité : 17 juillet 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h14 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Elisabeth Moss, Cara Delevingne, Dan Steven, Ashley Benson, Eric Stolz, Virginia Madsen, Amber Heard…

Signes particuliers : Une fiction musicale pas forcément originale mais passionnante.

ELIZABETH MOSS BRILLE EN ROCKEUSE DÉCONNECTÉE

LA CRITIQUE DE HER SMELL

Synopsis : Becky Something est une superstar du rock des années 90 qui a rempli des stades avec son girls band : « Something She ». Quand ses excès font dérailler la tournée nationale du groupe, Becky est obligée de compter avec son passé tout en recherchant l’inspiration qui les a conduites au succès.

Après quelques films relativement confidentiels, Alex Ross Perry est de retour avec un métrage qui devrait faire plus de bruit. Réunissant un casting très féminin composé notamment de Élisabeth Moss, Cara Delevingne et Amber Heard, Her Smell est une fiction musicale qui s’inspire de rockeuses comme Courtney Love ou plus largement du mouvement musical Riot Grrrl.

Sans être très original, Her Smell a le mérite d’être diablement efficace. Alex Ross Perry reprend tous les clichés du genre pour les remonter à sa propre sauce. Le spectateur assiste aux traditionnels pétages de plomb des rock-stars qui tombent dans la drogue, l’animosité et le dédain permanent. Le cinéaste plonge directement son assistance au plus près de cette décadence avec une ouverture extrêmement rythmée dans les coulisses d’une salle de concert. Une mise en scène vive, ponctuée de plans séquences inspirés, rythmés par une bande originale très portée sur des basses assommantes. Avec cette ouverture immersive, le cinéaste plonge son spectateur au plus près de l’action, mais également des thématiques qui vont être abordées : la descente aux enfers d’une artiste qui ne se retrouve plus. Il aborde ces sujets récurrents avec une proximité efficace, permettant de mettre en scène le désarroi d’une famille face à l’auto-destruction de la protagoniste, illustrée par Dan Stevens, très inspiré lui aussi.

Sans être très innovent dans ses critiques, Her Smell reprend les poncifs du genre, dénonçant une industrie musicale corrompue, et surtout destructrice. Phénomène déjà abordé dans de nombreux biopics et fictions musicales. Surtout que l’angle n’est pas forcément très original, choisissant la chute d’une artiste à cause d’une folie constitutive de sa condition de rockeuse. Des thématiques éculées qui ne trouvent pas forcément un souffle novateur. Mais l’intérêt de Her Smell n’est peut-être finalement pas là. Parce que la mise en scène d’Alex Ross Perry a quelque chose de très addictif. Fluide, colorée, et sans temps mort, la réalisation permet d’entrer dans un univers crasseux et subversif parfaitement représenté. Sans entrer dans le forcing, le cinéaste dépeint avec justesse la réalité de ce monde avarié. Corrosif à souhait, le ton définitivement pessimiste trouve quelques grâces dans des accalmies poétiques et musicales bien pensées, permettant des ruptures de ton bienvenues, laissant le spectateur respirer quelques instants.

L’intelligence de Her Smell se trouve également dans son montage qui aborde trois époques différentes de sa protagoniste. Élisabeth Moss est parfaite dans le rôle principal de cette artiste perdue entre sa véritable identité et son alter-ego de scène. Le film permet de mettre en exergue l’opposition qui anime les deux figures de la protagoniste, qui finit par ne plus savoir qui elle est vraiment. Her Smell est une histoire de personnage, qui raconte la perte d’identité d’une femme consumée par son homologue célèbre, détruite par une dualité entre sa véritable identité et son masque de rockeuse. Élisabeth Moss incarne donc une femme qui a perdu pied, perdu la connexion avec son passé et sa véritable essence, qui tente de se retrouver et se reconstruire. Her Smell est finalement une histoire de reconstruction plus que de destruction, qui finit sur une note positive, aidée par le pouvoir de l’art et de la solidarité. Quoi qu’il en soit, même si Her Smell n’est pas bien original, on s’amuse quand même, grâce à la maîtrise visuelle d’Alex Ross Perry et son véritable sens du rythme. C’est un film définitivement pop qui magnifie les codes de la fiction musicale. Avec une bande son superbe et un casting parfait, Alex Ross Perry signe un film puissant, parfois exténuant, mais souvent passionnant.

BANDE-ANNONCE :

Par Aubin Bouillé

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