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GLORIA BELL de Sebastian Lalio : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Gloria Bell
Père : Sebastian Lalio
Date de naissance : 2018
Majorité : 01 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique, Romance

Livret de famille : Julianne Moore, John Turturro, Caren Pistorius…

Signes particuliers : Étincelante Julianne Moore.

PORTRAIT D’UNE FEMME RAYONNANTE

LA CRITIQUE DE GLORIA BELL

Synopsis : La cinquantaine frémissante, Gloria est une femme farouchement indépendante. Tout en étant seule, elle s’étourdit, la nuit, dans les dancings pour célibataires de Los Angeles, en quête de rencontres de passage. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Arnold. S’abandonnant totalement à une folle passion, elle alterne entre espoir et détresse. Mais elle se découvre alors une force insoupçonnée, comprenant qu’elle peut désormais s’épanouir comme jamais auparavant… 

2013, le cinéaste chilien Sebastian Lelio se révélait avec Gloria, petite pépite qui fera le tour des festivals, primé à Berlin puis proposé aux Oscars pour représenter le Chili. Le film emmené par une étincelante Paulina Garcia, dressait le portrait d’une quinquagénaire divorcée qui cherchait à combler sa solitude alors que ses enfants vivent désormais leur vie. Sa rencontre avec Rodolpho, un ancien militaire, allait lui donner l’illusion d’avoir enfin renoué avec le bonheur. Six ans plus tard, Lelio signe lui-même le remake américain de son propre film, cette fois-ci porté par une Julianne Moore également productrice (et amoureuse du film originel).

Julianne Moore justement. L’actrice est clairement la caution qui permet à ce Gloria Bell de valoir le détour. Formidable et solaire dans ce rôle qui lui permet de briller, Julianne Moore livre une interprétation bouleversante de conviction, au point d’en venir à éclipser un peu l’œuvre elle-même, qui aurait probablement d’ailleurs plus de mal à tenir debout sans sa présence et sa performance. Car derrière et sur un plan purement cinématographique, Gloria Bell semble avoir quelques années de retard sur son temps, s’enroulant dans tous les codes narratifs et formels du cinéma indépendant américain du début des années 2010, époque où fleurissaient ce type d’efforts sincères et touchants, oscillant entre la comédie et le drame sans jamais être vraiment ni l’un ni l’autre. A ce titre, Gloria Bell est plutôt une chronique douce-amère, une histoire d’émancipation tour à tour tendre ou mélancolique, émouvante ou subtilement drolatique, mais qui prend soin d’éviter de s’harnacher au pathos comme à la friandise feel good, et de s’enfermer uniquement sur son côté comédie romantique. Le film baigne toujours dans un entredeux indéfini, privilégiant avant tout le portrait d’une femme en quête d’un futur et surtout en quête d’elle-même. L’approche est délicate, souvent juste, ponctuée de plans magnifiques, comme cette image mimétique et très allégorique de Julianne Moore nue aux côtés d’un chat sphinx (comprenez deux êtres exposés et à fleur de peau) pour souligner la fragilité. Un plan somptueux qui imprime la rétine. Reste que l’exercice introspectif, aussi touchant et intéressant soit-il sur le fond, peine à emporter pleinement l’adhésion sur la forme, parce qu’il semble parfois tourner un peu en rond sur lui-même malgré sa courte durée, parce qu’il n’apporte finalement pas grand chose au film originel, et parce qu’il laisse traîner un léger sentiment de déjà-vu. Mais rien que pour Julianne Moore…

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried R.

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