BONE TOMAHAWK de S. Craig Zhaler : la critique du film

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Nom : Bone Tomahawk
Père : S. Craig Zhaler
Date de naissance : 2015
Majorité : 11 mai 2016
Type : Sortie vidéo
(Éditeur : M6 Vidéo)
Nationalité : USA
Taille : 2h12 / Poids : 1,8 M$
Genre : Western horrifique

Livret de famille : Kurt Russell, Matthew Fox, Richard Jenkins, Patrick Wilson, David Arquette, Sid Haig, Lili Simmons, James Tolkan…

Signes particuliers : Un savant mélange de western et de film de genre pour une réussite remarquable.

LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT : ACTE II

LA CRITIQUE

Résumé : 1850 – quelque part entre le Texas et le Nouveau Mexique. Dans la paisible ville de Bright Hope, une mystérieuse horde d’Indiens en quête de vengeance kidnappent plusieurs personnes. Le shérif local accompagné de quelques hommes se lance alors à leur poursuite pour tenter de les sauver…

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L’INTRO :

Même si le croisement n’est pas banal, ce n’est pas la première fois que le western et l’horreur se rencontrent au sein d’un même film. On se souvient par exemple de The Burrowers, Dead Bones ou plus lointainement, du Vorace d’Antonia Bird, pour ne citer qu’eux. Le fait d’importer des éléments fantastiques ou horrifiques dans une époque plus reculée où la peur de l’inconnu et du mysticisme renforçait la fragilité des hommes en en faisant des proies faciles, est pourtant un terreau intéressant pour le cinéma de genre. Bone Tomahawk a su faire fructifier l’idée en se présentant autant comme un pur western, que comme un vrai film d’horreur. Primé à Sitges, à Gerardmer et aux Spirit Awards, Bone Tomahawk se traîne une sacrée réputation au moment de paraître en DTV chez nous. Pas mal pour son auteur, l’américain S. Craig Zhaler, dont c’est là le premier long-métrage. Et pour un premier effort embrassant un registre audacieux, le néo-cinéaste a pu compter au passage, sur une distribution quatre étoiles réunissant rien de moins que Kurt Russell, Matthew Fox, Richard Jenkins, Patrick Wilson, David Arquette, Sid Haig, la belle Lili Simmons (l’une des bombes sulfureuses de la série Banshee) et même le cultissime James Tolkan (souvenez-vous le proviseur de la saga Retour vers le Futur qui traitait constamment Marty de « tocard » !) dans un micro-rôle amusant.bone-tomahawk-xlargeL’AVIS :

Récit de la cavale d’un groupe d’hommes lancés aux trousses d’indiens anthropophages qui viennent d’enlever deux des leurs, Bone Tomahawk relève fièrement le challenge de son croisement souvent jugé périlleux. La première chose qui saute aux yeux avec le film de S. Craig Zhaler, c’est son incroyable maîtrise formelle et narrative. Un script à la fois simple mais adroitement bâti, des personnages bien plantés, une mise en scène de grande qualité, une conduite qui refuse les artifices faciles mais qui assure l’essentiel du job, des dialogues délectables, quelques pointes d’humour saillantes, et une direction d’acteur aux petits oignons, où brillent un Kurt Russell idéal pour le rôle et un Richard Jenkins impayable. Solidement ancré à cheval entre les deux genres qu’il conjugue intelligemment, comme si le fordien La Prisonnière du Désert et sa quête pour récupérer des êtres chers enlevés par des « sauvages », rencontrait le film de cannibales façon le Vorace précédemment évoqué, Bone Tomahawk régale et témoigne de la naissance d’un cinéaste à suivre. Sans aucun complexe malgré son inexpérience, Zhaler signe un long-métrage efficace et éprouvant, auquel on reprochera seulement sa durée (trop) conséquente. Sur 2h12, le film souffre de longueurs évidentes (pour ne pas dire attendues), mais fort heureusement, son auteur réussit à rattraper ce manque de densité par un joli lot de séquences pleine d’hardiesse et surtout, l’ambition de livrer un pur film de suspense âpre, cruel et sans concessions.bonetomahawkskullMalin dans sa construction laissant ses « figures monstrueuses » dans l’ombre le plus longtemps possible pour mieux faire fonctionner l’imaginaire du spectateur couplé à celui des héros chassant l’inconnu, Bone Tomahawk mérite ses louanges. S. Craig Zhaler nous lâche un film de genre abouti, en plus d’un très bon western, et honnêtement, l’un comme l’autre ne courent pas les rues ces temps-ci ! Et dire qu’il a emballé cet effort superbement cinématographique (qui aurait bien mérité une sortie sur grand écran), pour moins de deux millions de dollars…

LA BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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