AVENGERS : INFINITY WAR des frères Russo : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Avengers Infinity War
Pères : Joe & Antony Russo
Date de naissance : 2018
Majorité : 25 avril 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h30 / Poids : 500 M$
Genre
: Action

Livret de famille : Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Pratt, Scarlett Johansson, Chris Evans, Benedict Cumberbatch, Elizabeth Olsen, Bradley Cooper, Zoe Saldana, Josh Brolin, Mark Ruffalo, Chadwick Boseman, Tom Holland, paul Bettany, Dave Bautista, Antony Mackie, Don Cheadle, Tom Hiddlestone, Gwyneth Paltrow…

Signes particuliers : Un Marvel totalement réussi !

LE FILM DE SUPER-HÉROS ULTIME !

LA CRITIQUE DE AVENGERS, INFINITY WAR

Résumé : Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers.

L’heure a sonné, la plupart des super-héros de la galaxie Marvel se réunissent pour affronter le méchant ultime : Thanos. Au terme d’une longue production extrêmement complexe et coûteuse (on parle d’un budget record avoisinant les 500 M$), le premier volet du diptyque Avengers : Infinity War débarque enfin en salles, prêt à rassasier tous les fans de super-bonhommes aux super-costumes et aux super-pouvoirs. Selon Kevin Feig, le boss de Marvel Studios, Infinity War est censé être le plus grand film de super-héros de tous les temps. La question était de savoir si la quantité allait faire la qualité, si l’énormité du projet allait se concrétiser en un blockbuster absolu et abouti. Verdict !

Des Avengers aux Gardiens de la Galaxie en passant par Docteur Strange, Black Panther ou encore Spiderman, ils sont (presque) tous là dans cet Infinity War, super-production pétaradante qui met le paquet pour en donner pour leur argent à tous les fans de super-héros. Et s’il y a une chose que l’on ne pourra pas reprocher à Marvel dans cette affaire, c’est bien la générosité d’un spectacle devenu sans limites, qu’elles soient techniques, financières ou de casting. Mais la crainte était de voir cette gigantesque réunion tourner à la grosse foire d’empoigne bordélique vrillant vers l’implosion. On dit souvent que trop, c’est trop. Et si l’union fait soit-disant la force, trop de super-héros risquait de tuer le super-héros, les personnalités s’annihilant tout comme les univers lors de leur confrontation. Le pari d’Infinity War était donc de trouver le moyen d’éviter que ses ambitions ne se retournent contre lui en balayant la prévisible incapacité du très long-métrage (2h30 pour cette première partie), à être en mesure de gérer une telle réunion ultime à la cacophonie délirante. On a souvent été très critique en pointant du doigt les très nombreux dysfonctionnements des films Marvel mais pour une fois, on ne peut que courber l’échine et avouer : Marvel l’a fait, et vachement bien !

Un à un, le studio a su régler le compte de tous les obstacles qui se présentaient face à son dément Infinity War. Trop de personnages ? Aucun problème. Très inspiré par la mécanique d’écriture des Star Wars d’hier comme d’aujourd’hui, Infinity War relève le challenge de les faire tous exister dans un ensemble équilibré, ultra-cohérent, et huilé de sorte à ce que tous puissent s’insérer dans l’histoire sans se marcher sur les pieds, des plus « petits » aux plus « gros ». Adieu le temps où Iron Man prenait trop de place, adieu le temps où les inégalités de traitement rendaient malades les script des Avengers et consorts. Dans Infinity War, tous parviennent à se montrer, à faire évoluer l’histoire ensemble et dans la bonne direction. Une réussite indissociable d’un scénario indéniablement bon et solide, écrit avec savoir-faire et intelligence dès qu’il s’agit de manier ses différentes sous-intrigues et de passer de l’une à l’autre en évitant de sombrer dans le décousu. L’autre risque majeur était de voir les univers s’entrechoquer maladroitement. À commencer par ceux des Avengers et des Gardiens de la Galaxie. Encore une fois, c’est l’intelligence du scénario qui empêche le drame, prouvant qu’avec un peu d’adresse, il était possible de créer un tissu narratif où tout ce beau monde allait se croiser en gardant leurs spécificités et sans que l’aventure ne ressemble à une succession de sketches mal-amenés. Plutôt brillamment, Infinity War parvient donc à gérer la densité de son histoire, à éviter de se faire écraser par le poids de l’accumulation, et à dérouler un spectacle franchement plaisant et haletant.

Et derrière, tout suit correctement telle une machine parfaitement réglée. Si l’on pourra toujours reprocher au film quelques petites maladresses ou facilités de narration (certaines maladresses gâchant un peu des scènes qui auraient dû être très fortes), autant dire que Marvel sort l’artillerie lourde pour atomiser le MCU avec un film qui se hisse dans le très haut du panier. De là à dire qu’Infinity War est le meilleur long-métrage du MCU, il n’y a qu’un pas que l’on a bien envie de franchir allègrement. Car tout y est dans cette 19eme production des Studios Marvel. De l’action bien évidemment, avec un déluge de combats titanesques matérialisés par des effets spéciaux à la pointe de la pointe. Et pour une fois, les frangins Russo se sont montrés inspirés, avec un découpage globalement lisible et une mise en scène soignée. Rien de comparable avec les égarements de leurs deux Captain America, monté au hachoir par un épileptique qui tentait de cacher la misère d’une réalisation terriblement fade. Ici, le duo empile les idées artistiques et les plans de toute beauté pour proposer un spectacle non seulement pantagruélique mais de surcroît relativement élégant dans son genre. De l’humour ensuite, dans le sillage des Gardiens de la Galaxie, d’Iron Man, Hulk ou Spiderman. Sauf que cette fois-ci, on n’a pas cette désagréable impression de voir un film qui tente par tous les moyens de se rendre cool. Les notes d’humour sont astucieusement placées, sans faire ni dans le trop ni dans le pas assez, et elles permettent surtout de soulager un récit qui baigne dans un ton globalement assez sombre, avec des moments d’émotion comme on en a quasiment jamais vu dans le MCU, et qui réussissent à prendre aux tripes. D’un méchant très iconique à des super-héros auxquels on s’attache vraiment en passant par un script passionnant qui se permet même quelques petites réflexions thématiques, Infinity War est du bon sur toute la ligne, sans réelles longueurs malgré sa durée très conséquente. Désormais, on n’a plus qu’une hâte : voir la suite le plus vite possible car en matière de teasing, ce nouvel Avengers fait dans le costaud.

BANDE-ANNONCE :


Par Nicolas Rieux

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