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LES PROIES de Sofia Coppola : la critique du film

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Carte d’identité :
Nom : The Beguiled
Mère : Sofia Coppola
Date de naissance : 2017
Majorité : 23 août 2017
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h33 / Poids : NC
Genre
: Thriller

 

Livret de famille : Colin Farrell, Nicole Kidman, Kirsten Dunst…

Signes particuliers : Une version au féminin du classique de Don Siegel.

DANS LES GRIFFES DES FEMMES

LA CRITIQUE DE LES PROIES

Résumé : En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous.

Ambiance envoûtante pour le nouveau film de Sofia Coppola. La réalisatrice nous emmène sur les traces de Don Siegel, réalisateur du classique d’origine (1971) avec Clint Eastwood dans le rôle du Yankee perdu dans la forêt. Même si cette reconstitution historique de la guerre de Sécession va un tantinet moins loin que son modèle, les sujets principaux sont traités de façon intelligente et profonde. C’est à Colin Farrell qu’incombe la dure tâche de reprendre le rôle d’Eastwood, l’ennemi contraint de séduire les femmes d’un pensionnat sudiste, pour survivre.Sujet maintes fois abordé de la frustration sexuelle, on voit ici comment elle peut pousser des femmes (et des hommes) à se transformer, parfois pour faire ressortir le plus cruel côté de leur personnalité. Le thème de la jalousie féminine est également évoqué, ainsi que l’hypocrisie de la charité chrétienne qui pousse ces femmes à s’occuper de cet ennemi. Ennemi qui en devient de moins en moins un au fur et à mesure qu’il apprivoise ces gorgones aux allures de petits poussins perdus. Autre thème : celui du soldat qui redevient un individu quand il est séparé de la masse pour laquelle il combat. Sous le guerrier étranger se cache en fait un homme simple et bon, parfois fou et manipulateur, mais pour ce pensionnat de femmes à qui la Guerre de Sécession a pris tous les hommes depuis trois ans, il est un homme avant tout. Le Caporal John McBurney leur rend leur féminité, elles finissent par l’émasculer. Chacun y verra la métaphore qu’il voudra.

Dans une lumière d’une clarté limpide, on suit à la fois l’histoire à l’extérieur de la maison et celle des intrus à l’intérieur, comme le plus intime des témoins. Pour ce qui est des personnages, ils sont forts, en particulier les figures féminines. Troublantes, mystérieuses, hystériques, Elle Fanning et Kirsten Dunst se fondent à merveille dans leurs rôles de vraies-fausses ingénues, alors que Nicole Kidman est glaçante en mère courage castratrice. On est pris par la vie de ces femmes qui se révèlent tour à tour au contact de cet ennemi qui n’en est finalement peut-être pas un, et on se demande même qui manipule qui, doute permanent qui empêche le spectateur de prendre parti.

BANDE-ANNONCE :

Par Raphaela Louy

 

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