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AVENGERS : ENDGAME des frères Russo : la critique du film

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Avengers Endgame
Père : Joe et Anthony Russo
Date de naissance : 2018
Majorité : 24 avril 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 3h02 / Poids : NC
Genre : Super-héros, Action

Livret de famille : Robert Downey Jr., Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Brie Larson, Paul Rudd, Don Cheadle, Karen Gillan, Josh Brolin, Gwyneth Paltrow, Benedict Cumberbatch, Chris Pratt, Tessa Thompson, Elizabeth Olsen, Anthony Mackie, Sebastian Stan, Dave Bautista, etc etc etc etc….

Signes particuliers : Moins bon qu’Infinity War mais distrayant quand même.

ICI ET MAINTENANT : LA FIN D’UN CYCLE

LA CRITIQUE DE AVENGERS : ENDGAME

Synopsis : Thanos ayant anéanti la moitié de l’univers, les Avengers restants resserrent les rangs dans ce vingt-deuxième film des Studios Marvel, grande conclusion d’un des chapitres de l’Univers Cinématographique Marvel. 

L’heure est venue. C’est ici que nous ont mené 22 films répartis sur trois phases. A cet Avengers Endgame, super-blockbuster épique clôturant un cycle avant un grand renouvellement du Marvel Cinematic Universe. Les fans étaient restés sur un affreux suspens au terme d’Infinity War et l’intenable va pouvoir enfin être satisfait. Au terme d’une bataille acharnée avec l’impitoyable Thanos, plusieurs Avengers et la moitié de la population terrestre étaient partis en fumée dans une séquence aussi magnifique que tragique et mémorable. La suite des évènements a fait couler des litres d’encre numérique, nourri quantité de spéculations et de théories. Fin du suspens. Avengers Endgame hérite de la lourde tâche de devoir boucler une gigantesque boucle savamment orchestrée depuis 2008. Un casting hallucinant réunissant toute la galaxie de super-héros Marvel, des centaines de millions de dollars de budget, une durée record avoisinant les 3h00… Marvel a mis les petits plats dans les grands pour lâcher, à compter du 24 avril, ce qui est considéré comme le plus grands films de super-héros jamais produit et imaginé. La question était de savoir si le film, toujours coréalisé par les frangins Russo, allait répondre aux indescriptibles attentes des fans.

Parler d’Avengers Endgame sans spoiler Avengers Endgame est un jeu d’équilibriste loin d’être évident. C’est pourtant ce que toute personne qui veut s’exprimer sur le sujet va devoir faire avec malice au risque de s’inscrire dans la liste des criminels du cinéma. Bon ou mauvais, peu importe, gâcher le plaisir d’autrui est un péché dont il est hors de question de se rendre coupable. Seule solution, rester vague, fuyant, palabrer sur le film en général sans jamais entrer dans les détails. D’autres se chargeront ultérieurement des analyses plus précises. Que dire donc ? L’intrigue ? Difficile d’en parler. La structure ? Impossible sans rien révéler. Les effets spéciaux ? Même ça comporte un risque ! Il ne reste donc qu’à jongler en évitant les météores du spoiler.

Il y a un an, Infinity War nous avait laissé sur le carreau, le souffle coupé. De très loin, le précédent Avengers était l’un des meilleurs films de l’univers Marvel, probablement parce qu’il n’avait pas été approché comme un « produit » mais comme une œuvre. Enfin avait-on eu envie de crier ! Enfin Marvel ne récitait pas une recette pré-composée et s’était donné un peu d’ambitions autres que la seule et simple distraction rôdée. Le show avait été grand, le film dense et riche, traversé de spectacle, de rires et d’émotion. Derrière, Endgame reprend grosso modo le même modus operandi et les mêmes ingrédients, avec cette volonté de faire quelque chose d’encore plus gigantesque, d’encore plus orgasmique, d’encore plus dingue. Et sur certains points, cette sorte de deuxième partie finale répond aux attentes. Du spectacle, il y en a. Peut-être pas assez ou pas toujours bien réparti, mais il y en a. Et comme tout le monde s’en doute, on aura droit à cette fameuse réunion de super-héros promise et attendue depuis des lustres, réunion qui fera office d’intense climax repoussant les limites du spectacle super-héroïque. Du rire, la case est cochée. Fidèle à ce que l’on a pu voir précédemment dans le MCU, la caution comique viendra des personnages incarnant ce visage marvellien à savoir Tony Stark et surtout Thor, mais également Hulk et quelques autres. De l’émotion enfin. Bien entendu, ce dernier chapitre de la Phase III se devait d’en procurer et il le fait avec efficacité, laissant poindre quelques larmichettes que l’on essuie en bonhomme car merde, on est devant un truc de super-héros quoi !

Les ingrédients réunis, restait à composer une recette qui fonctionne. Et sur ce point, le bât blesse… un peu. Non pas qu’Endgame soit mauvais ou foncièrement raté, loin de là, mais on n’y a pas trouvé la même qualité d’écriture et de mise en scène que dans Infinity War. Plusieurs choses gâchent un peu le plaisir et la fête. Si cet opus final est tout de même un bon moment fournissant ce que les fans étaient en droit d’en attendre, difficile de passer sur un scénario qui se complique un peu trop inutilement la vie au risque de paumer parfois le spectateur dans sa confusion, en plus de n’être pas toujours d’une logique imparable. On n’en dira pas plus mais certains pourront avoir un peu de mal à se dépatouiller de la tambouille à étages orchestrée avec une complexité donnant quelques nœuds au cerveau. D’autant qu’on nous avait promis le « film le plus long de l’univers Marvel », c’est vrai. 3h02 selon la police. 4h selon les manifestants. Traduction, Endgame est long, très long, trop long. Et pour ceux qui n’accrocheront pas, autant dire que l’on pourrait parfaitement imaginer une version différente de l’histoire, réduite à une demi-heure et raccordée directement au cul d’Infinity War. C’eut été carrément autre chose, un autre récit, une autre approche bien plus audacieuse mais bon…

Long, parfois poussif, tels sont les principaux défauts d’Endgame. A cela vient s’ajouter quelques bricoles gênantes comme des effets spéciaux pas toujours aux petits oignons (la direction artistique peu élégante et vieillotte autour de Captain Marvel reste un problème) ou l’effet trop-plein qui représentait un risque prévisible. Réunir autant de super-héros dans un long-métrage de trois heures devant traiter de beaucoup de choses était un véritable défi, défi qui se transforme par moments en cacophonie. Clairement, il est devenu impossible d’accorder le même traitement à tous et certains héros attendus se retrouvent soumis au bon-vouloir des scénaristes qui les utilisent parfois pardessus la jambe. Si la brochette star répond présent (en premier lieu Captain America, Iron Man, Hulk, Thor), d’autres sont ouvertement relégués au rang d’intermittents du spectacle (Captain Marvel justement), traversant le film avec autant de poids qu’un yaourt allégé. Et dans certains cas, on pourra même se dire que quelques-uns auraient vraiment mérité un meilleur sort dans cette foire d’empoigne boulimique qui les oublie.

Beaucoup de défauts au final ? Oui. Clairement, Endgame est moins bon qu’Infinity War (mais les avis divergeront cela dit sur ce point). On s’en était douté dès une introduction qui laissait présager la dissonance. Très statique, les scènes s’y enchaînent comme déconnectées les unes des autres. Mais surtout, c’est le rythme qui pose problème. Lent, alourdi, redondant. Endgame démarre mou et peine à prendre son train, traînant la patte comme si la nécessité de poser l’appareil avant de déverser de l’action pétaradante avait été prise trop au pied de la lettre. Heureusement, la correction finira par venir au fur et à mesure que le film commencera à élaborer son ambitieuse mécanique (que l’on se gardera bien de dévoiler). L’étonnant et inattendu concept du film va devenir un incroyable dynamiseur, tantôt surprenant tantôt excessif, posant parfois problème aussi. Car à force, on commence à avoir la désagréable sensation que tout est possible dans le MCU, ce qui détache finalement le spectateur des enjeux dramatiques car le tricotage/détricotage est une règle totalement permise. Mais aussi imparfait soit-il, Endgame assure quand même le boulot et ne manquera pas d’exciter les neurones des fans qui vont revisiter presque 10 ans de Marvel en un film qui joue à fond la carte du fan-service nostalgique. A tel point que l’on se croirait presque dans une superproduction d’adieu alors qu’il ne s’agit que d’une transition !

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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