WALL CINÉ PICTURES – escale n°6 : trois idées de films à voir ou à revoir
Le ciné-club du samedi

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Cinquième numéro de notre nouveau rendez-vous « ciné-club » du samedi. Le « Wall Ciné Pictures » c’est un coup de projecteur hebdomadaire sur trois films, anciens ou récents, connus ou méconnus, d’un horizon à un autre. Histoire de se balader ensemble dans l’incroyable vivier du septième art et peut-être, de vous donner des idées ou envies, de voir ou revoir tout un tas de films ! Escale n°6, focus sur un thriller américain hyper-malin, sur un classique des années 80 et sur une petite bombe d’action made in Indonésie !

the_perfect_hostnote 3 -5

THE PERFECT HOST
De Nick Tomnay – 2010 – 1h33
Genre : Thriller – USA
Avec : David Hyde Pierce, Clayne Crawford, Helen Reddy, Megahn Perry, Joseph Will, Nathaniel Parker…

Synopsis : John est en cavale après le braquage d’une banque. Blessé, il trouve astucieusement refuge dans la maison classieuse de Warwick, homme cultivé et de goût préparant un dîner pour des amis devant venir ce soir là…

On commence par un thriller américain méconnu car inédit chez nous. Tiré d’un court-métrage tourné en 2001, The Perfect Host est le premier long de l’australien Nick Tomnay, et pour reprendre le fameux adage : « what the fuck is going on ?! » Dans le registre du bien barré, voilà un film qui se pose là et avec la manière ! The Perfect Host joue habilement sur plusieurs tableaux, de la comédie noire au thriller cruel, en passant par l’horreur à cheval entre le home invasion et le survival. En brillant jeune cinéaste qu’il était, Tomnay nous embarque dans un récit sans cesse imprévisible, où tout ce que l’on croit se délite sous nos yeux, où l’on a l’impression, la sensation, le goût et l’odeur du terrain connu mais où finalement, on ne sait rien car tout peut basculer d’une minute à l’autre. Malin comme pas deux, The Perfect Host jongle entre un humour décalé quasi-pervers et une histoire déjantée et tendue. On se croirait presque dans du bon vieux cinoche de genre nordique. Un seul conseil, il est préférable de ne rien savoir avant de lancer cette petite pépite roublarde !



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POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES
De William Friedkin – 1985 – 1h55
Genre : Policier – USA
Avec : William Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, Debra Feuer, John Turturro, Dean Stockwell, Steve James, Robert Downey Sr., Darlanne Fluegel, Michael Greene…

Synopsis : Jim Hart et son coéquipier Richard Chance traquent depuis longtemps un dangereux faussaire spécialisé dans la fabrication de faux billet, Rick Masters. Mais Jim Hart tente une expédition en solitaire pensant avoir trouvé le repère de Masters et se fait assassiné à quelques jours de la retraite. Richard Chance en fait une affaire personnelle et veut Marsters à tout prix…

On reste aux États-Unis mais côté « classiques » avec un chef-d’œuvre du maître William Friedkin. To Live and Die in L.A. est de la race de ces grands polars 80’s à la puissance destructrice. Un film culte qui marque tant les sommets artistiques de son auteur, que l’apogée d’un genre, Friedkin transcendant le simple récit d’une traque flics vs criminels, pour le hisser au rang de combat théologique entre le Bien et le Mal, dans un thriller opposant un ange de la justice (William Les Experts Petersen) et le diable humainement incarné, campé par un Willem Dafoe habité. Composant avec le meilleur de ses succès passés, Friedkin assemble la précision mécanique de French Connection, l’ambiance pesante de L’Exorciste, la tension extrême de Sorcerer ou la noirceur désespérée de Cruising. Tout en efficacité brute et illustré par une esthétique tonitruante et exubérante, Police Fédérale Los Angeles joue avec les nerfs d’un spectateur qui n’a désormais plus d’autre choix que de s’engager pleinement dans cette aventure démesurée, toujours à la frontière de la morale. Car que ce soit par Richard Chance (Petersen) ou sa Némésis Rick Marsters (Dafoe), Police Fédérale Los Angeles explore les plus sombres facettes de l’homme. D’un côté, le mal à l’état pur, de l’autre, le mal plus insidieux hantant un policier prêt à oublier morale et justice pour assouvir sa soif de revanche. Richard Chance est un anti-héro parfait, attirant à la fois l’empathie par sa décontraction préfigurant les John McClane de Piège de Cristal et autre Martin Riggs de L’Arme Fatale, mais aussi, bel exemple d’enfoiré quasi-déshumanisé et égoïste comme en témoigne sa relation avec son indic (accessoirement maîtresse), la touchante Darlanne Fluegel. Troublant, Police Fédérale… s’impose comme un fantastique précurseur d’un nouveau cinéma nihiliste en devenir, proposant au passage, l’une des plus dantesques courses-poursuites vues au cinéma avec celle de Bullitt.

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merantau_0note 3 -5

MERANTAU
De Gareth Evans – 2009 – 1h42
Genre : Action – Indonésie
Avec : Iko Uwais, Jessica Sisca

Synopsis : Le jeune Yuda, expert en Silat, un redoutable et puissant art martial, quitte sa calme campagne et sa famille pour aller tenter sa chance dans la capitale Djakarta. A peine arrivé, il va devoir intervenir pour aider Astri, une jeune femme frappée dans la rue par son mac…

Vous avez kiffé The Raid ? Alors, Merantau est fait pour vous ! Merantau, c’est tout simplement l’ancêtre du film culte indonésien au succès mondial. Même réal, même acteur. Deuxième film de Gareth Evans tourné en 2009 (deux ans avant The Raid), Merantau allait faire de Iko Uwais, une nouvelle star des arts martiaux quelques années après Tony Jaa dans Ong Bak, alors qu’il n’était qu’un livreur pour une boîte de téléphonie. Comme beaucoup de films du genre, Merantau est assez simple dans sa conception avec un script manichéen cherchant avant tout, à utiliser au cinéma un art martial méconnu (après le Muy Thaï dans Ong Bak, le Silat). Un gentil jeune homme naïf venu de sa douce campagne qui croise des méchants sans pitié (étrangers au passage, histoire de faire un clin d’œil au passé colonial), des valeurs morales qui s’opposent, un apprentissage initiatique de la grande ville dans la violence, bref le scénario ne se complique pas la vie. Mais dès qu’il s’agit d’envoyer le bois, Merantau est au rendez-vous avec des combats bourrins et déments comme on les aime. Radical, sombre et violent à souhait, Merantau témoigne des prémices de la maîtrise démente de Gareth Evans question mise en scène, alternant élégance et rugosité viscérale. Agrémenté d’un soupçon de romance (via la belle Sisca Jessica que l’on voudrait épouser sur-le-champ), Merantau est un actioner généreux en coups de tatane, dont on ressent les impacts furieux jusque dans notre fauteuil confortable. Une bombe sacrément énervée !


A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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