10 CLOVERFIELD LANE de Dan Trachtenberg : la critique du film
Sortie cinéma

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10_cloverfield_laneMondo-mètre
note 3.5 -5
Carte d’identité :
Nom : 10 Cloverfield Lane
Père : Dan Trachtenberg
Date de naissance : 2015
Majorité : 16 mars 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h45 / Poids : 5 M$
Genre : SF, Thriller

Livret de famille : Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr….

Signes particuliers : Un vrai/faux spin-off de Cloverfield.

LE COUSIN ÉLOIGNÉ DE CLOVERFIELD

LA CRITIQUE

Résumé : Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper…10_cloverfield_lane_3L’INTRO :

Développé, produit et réalisé en secret du côté de chez Bad Robot, 10 Cloverfield Lane n’a fait parler de lui que le jour où le fort malin J.J. Abrams a lâché sur la toile un premier teaser/trailer surprise venu de nulle part, suscitant instantanément curiosité, excitation et impatience. Car cette toute petite production au budget réduit à peau de chagrin nous ramène quelques années en arrière, lorsque Abrams le producteur, dévoila un coup de maître science-fictionnel avec le Cloverfield signé Matt Reeves, sans doute l’un des meilleurs films tournés en found footage. Un must rapidement devenu culte, et dont l’aura demeure encore intact aujourd’hui. Capitalisant sur la marque « Cloverfield », 10 Cloverfield Lane est une sorte de pseudo spin-off du film de 2008, censé revisiter à sa manière (bien retorse) l’attaque extraterrestre d’un autre point de vue, celui de trois personnes enfermées à double-tour dans un bunker sans trop savoir ce qu’il se passe à l’extérieur. L’illustre John Goodman, la belle Mary Elizabeth Winstead et John Gallagher Jr. sont les trois principaux protagonistes de ce huis-clos minimaliste sous très haute tension.10_cloverfield_lane_5L’AVIS :

A la suite d’un accident de voiture alors qu’elle fuyait un passé obscur (une séquence d’ailleurs visuellement impressionnante au montage fantastique), Michelle (Mary E. Winstead) se réveille dans un bunker construit et géré par Howard (John Goodman), un imposant gaillard soit-disant ex-militaire, qui affirme ne pas l’avoir kidnappée mais au contraire, lui avoir sauvé la vie. Car dehors, une attaque chimique aurait condamné l’humanité à la mort. Sans la moindre preuve affirmant les dires de son « hôte », la pauvre jeune femme ne sait pas quoi faire et… Et on n’en dira pas plus car moins on en sait au sujet de 10 Cloverfield Lane, mieux on se porte !10_cloverfield_lane_2Autant prévenir d’emblée pour éviter les cruelles désillusions potentielles, comme certains l’auront probablement deviné sur la foi des rares images qui ont pu filtrer au détour d’une campagne marketing sacrément rusée car jouant la carte de l’énigmatique, 10 Cloverfield Lane ne ressemble en rien à son aîné. De fait, ceux qui s’attendent à un Cloverfield 2 auront de quoi être passablement déçus. Moins spectaculaire et davantage tourné vers l’exercice psychologique érigé sur les bases d’un huis-clos étouffant, le film de Dan Trachtenberg, jeune réal quasi-débutant, est un intense thriller apnéique fonctionnant au stress, à la claustrophobie, à l’inconnu inquiétant, et au mystère du « bordel, mais qu’est-ce qu’il se passe dehors ?« . Co-scénarisé à plusieurs mains (dont Damien Chazelle, l’auteur du fabuleux Whiplash), 10 Cloverfield Lane joue durant une bonne majorité du film, sur les relations tendues qu’entretiennent son trio piégé entre quatre murs, relançant régulièrement sa dynamique motrice pour esquiver brillamment les pièges de l’ennui et de la redondance. Surtout, c’est avec une grande habileté que Trachtenberg et son équipe, jonglent avec des clés narratives pourtant ultra-classiques et sur-employées par le passé, au cinéma. Confiance, doute, entraide, peur, paranoïa, affrontement, tous les éléments chers au huis-clos suffocant traditionnel sont réunis et auraient pu faire d’ailleurs de 10 Cloverfield Lane, un énième film d’enfermement recyclant du déjà-vu. Mais tenu par une progression dramatique montant crescendo en tension, par une distribution épatante de conviction, et par un canevas jouant malignement avec son concept, 10 Cloverfield Lane s’impose très vite comme une petite série B intelligente et réussie, pas forcément un sommet de génie, mais un effort efficace et palpitant, auquel on reprochera seulement d’échouer « à moitié » dans la gestion de son climax, à la fois bien pensé mais pas toujours adroitement exécuté. Et malheureusement (ou plutôt heureusement), on préfèrera rester vague sur ce point de sorte à rien dévoiler.10_cloverfield_lane_4S’il n’était pas plus moins directement apparenté à Cloverfield, dont finalement il n’emprunte que le nom, 10 Cloverfield Lane aurait pu être un excellent épisode de La Quatrième Dimension, traînant dans son sillage des émotions délicieusement cinématographiques allant de l’angoisse à l’inquiétude, en passant par l’impression d’être suspendu à un suspens redoutablement entretenu dont il est impossible de se dépêtrer. Le parti pris de nous coller au point de vue d’un personnage spécifique (Michelle/Winstead) permet au spectateur de vivre les évènements à son niveau, avec tout ce que cela comporte et engendre d’incompréhension, d’acceptation, d’incrédulité, de doute permanent ou encore de psychose et de méfiance. Michelle est-elle la victime d’un fou sociopathe ou est-ce que tout ce qu’affirme son geôlier/sauveur est vrai ? On n’en saura jamais plus qu’elle et c’est, à n’en pas douter, ce qui fait toute la saveur de 10 Cloverfield Lane, modeste réussite qui tient en haleine de bout en bout et qui distille son lot de surprises comme on les aime ! Un dernier mot pour la route ? Bradley Cooper se cache dans le film. Que les curieux prêtent attention au générique de fin.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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