TWIXT (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Twixt
Parents : Francis Ford Coppola
Livret de famille : Val Kilmer, Elle Fanning, Bruce Dern, Ben Chaplin, Joanne Whalley, David Paymer, Anthony Fusco…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h29 – 7 millions $.

Signes particuliers (+) : Un hommage au cinéma de Jean Rollin, pour les amateurs. La prestation de Val Kilmer, surtout dans les scènes comiques. L’ambiance de la petite ville.

Signes particuliers (-) : Kitsch, moche, nanardesque et chiant comme la pluie. La pire idée de 3D de l’histoire.

 

TWIXT, DEUX DOIGTS COUPE-FAIM (facile…)

Résumé : Un auteur spécialisé dans les romans de sorcellerie échoue dans un bled paumé pour une séance de dédicace de son nouveau bouquin. Il y fait la connaissance du particulier shérif Bobby LaGrange qui a des idées et qui aimerait co-écrire un livre avec l’écrivain sur des certains mystères concernant sa ville et ayant attrait au vampirisme…

Francis Ford Coppola, c’est mine de rien une grande page de l’histoire du cinéma. L’auteur de la trilogie du Parrain et d’Apocalypse Now fait partie de la vague des Spielberg, Scorsese, George Lucas, ces cinéastes qui ont participé de la nouvelle génération ayant en partie renouvelé le cinéma américain dans les années 70, prenant appui sur l’œuvre des Arthur Penn et autre Sam Peckinpah. Mais depuis son acclamé Dracula en 1992, l’illustre metteur en scène semblait être dans un creux artistique où, tout en continuant son petit bonhomme de chemin, ses films n’étaient plus des classiques impérissables. Puis est venu Tetro marquant un renouvellement artistique personnel, un retour aux sources, un retour à des films plus intimistes, plus profonds, plus épurés. L’espoir de retrouver le grand Coppola d’avant était permis. Lui qui aura touché un peu à tous les genres surprend en revenant au cinéma de genre, vingt ans après son baroque Dracula. Mais nanti d’un petit budget (7 millions de dollars seulement) c’est cette fois-ci plus vers la série B que le cinéaste va lorgner et cela, il ne l’a pas fait depuis près de cinquante ans, lorsque tout jeune, il avait signé Dementia 13 sous l’égide de la firme de Roger Corman. La série B, c’est clairement le credo dans lequel se range son nouveau film, Twixt (titre en rapport avec le sujet du film : le twist de fin) mettant en vedette un acteur propice aux petits budgets pour relancer une carrière au point mort :  Val Kilmer. Ce dernier y campe un écrivain de littérature fantastique débarquant dans une bourgade étrange et quasi désolée, renfermant des mystères étranges qui vont titiller sa curiosité, aidé en cela par un shérif un brin décalé ressemblant à John Carpenter.

Twixt était annoncé comme une expérience interactive. Film d’horreur philosophant sur le genre, sur l’écriture cinématographique et sur le processus créatif de l’auteur, il comportera des scènes en 3D mais pas tout le film, procédé jugé fatiguant par le cinéaste. Coppola souhaitait profiter de son maigre budget pour faire parler sa fibre créative, pour se renouveler, pour tenter des choses, pour expérimenter. Et pour « tenter des choses », on peut dire qu’il tente, ça c’est certain. Mais pas forcément dans le sens où l’on espérait.


Il y a plusieurs façon de percevoir et de recevoir ce nouveau film du cinéaste. Il y a ceux qui sont amateurs des films fantastico-horrifiques du français Jean Rollin, métrages totalement cheap où certains y voient de la création pure, une forme de poésie expérimentale et de recherche artistique. Et il y a ceux qui n’y voient que ce que ces films donnaient à voir, des séries Z indignes du cinéma, dénuées de tout talent de mise en scène, d’écriture et de technique. Twixt fait un peu le même effet en plus d’être résolument proche du style du cinéaste français. Coppola père semble bien fatigué pour avoir pondu un film surréaliste et déroutant à ce point. Le metteur en scène joue avec ses maigres moyens et s’évertue à tenter de composer une œuvre doucement poétique, étrange, empreinte d’un fantastique féerique et loufoque mêlant rêves étranges et réalité campagnarde du fin fond de l’Amérique profonde. Le résultat est plus que curieux. Coppola pensait -et pense toujours- faire de l’art, de la poésie en image dans un style très différent du sien. Il pense ainsi se renouveler totalement artistiquement en abordant des thèmes comme le douloureux processus de création d’un auteur qui ici, à la force de la boisson, s’égare dans des rêves oniriques où il converse avec le mythique Edgar Allan Poe, élaborant une histoire avec lui. Une histoire décousue au gré de ses réveils aux petits matins le poussant à vouloir sans cesse se rendormir pour imaginer, pour avoir la suite, la fin. Cet éternel problème de la fin du film qui pose souvent de grandes difficultés aux créateurs, aux écrivains, aux scénaristes, bloquant parfois sur la façon de terminer une œuvre avec efficacité.

Bande-annonce :

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