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STILL RECORDING de Milad Amin & Saaed Al Batal : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Lissa Ammetsajjel
Père : Saaed Al Batal, Ghiath Ayoub
Date de naissance : 2018
Majorité : 27 mars 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : Syrie
Taille : 1h43 / Poids : NC
Genre : Documentaire

Livret de famille : Milad Amin, Saaed Al Batal…

Signes particuliers : Un grand moment d’histoire, de cinéma et d’humanisme.

AU CŒUR DE LA RÉVOLUTION SYRIENNE

LA CRITIQUE DE STILL RECORDING

Synopsis : En 2011, Saeed la vingtaine, étudiant ingénieur, quitte Damas pour Douma (Ghouta orientale) et participer à la révolution syrienne. Il sera rejoint plus tard par son ami Milad, peintre et sculpteur, alors étudiant aux beaux-arts de Damas. Dans Douma libérée par les rebelles, l’enthousiasme révolutionnaire gagne la jeunesse, puis c’est la guerre et le siège. Pendant plus de quatre ans, Saeed et Milad filment un quotidien rythmé par les bombardements, les enfants qui poussent dans les ruines qu’on graffe, les rires, un sniper qui pense à sa maman, la musique, la mort, la folie, la jeunesse, la débrouille, la vie. Radiographie d’un territoire insoumis, un regard d’une densité exceptionnelle sur la guerre dans un mouvement de cinéma et d’humanité saisissant.

Le conflit syrien qui s’éternise depuis de longues années est quelque chose qui nous est presque un peu lointain, un drame que l’on suit et observe à distance à travers le regard des médias, qu’ils soient écrits ou télévisés. Still Recording nous donne l’occasion d’y pénétrer au plus près, de le vivre presque en immersion à travers une chronique documentaire filmée de l’intérieur. Tourné pendant plus de 5 ans et fabriqué à partir des 450 heures de rushes emmagasinées, le film coréalisé par Ghiath Ayoub et Saaed Al Batal dépasse finalement le simple objet de cinéma pour devenir une œuvre testament qui pourra servir de mémoire à l’histoire et aux générations futures.

Still Recording, c’est une plongée dans Douma, ville de la Ghouta orientale à une dizaine de kilomètres de Damas. Là-bas, la révolution syrienne a gagné un enthousiasme unique. Saeed et Milad, deux amis, y sont allés pour la vivre et y participer et c’est à travers eux que le film raconte. Caméra en main, des images ont été filmées. Ghiath Ayoub et Saaed Al Batal ont filmé la révolution, les révolutionnaires, les bombardements, les tragédies, le combat au quotidien mais aussi les rires, les chants, la jeunesse qui se passionne, le dialogue, la musique, la mort et la vie. Et au gré de ses moments captés et tout au long d’un voyage à la densité impressionnante, Still Recording nous fait vivre non pas un énième documentaire pédagogique sur l’horreur mais une véritable odyssée pleine de vie et d’humanité. Des instants incroyables resteront gravés longtemps comme cette discussion entre ennemis à la radio et tant d’autres. Des instants lumineux qui répondent au tumulte des coups de feu et des explosions. Immense panorama de cinq années d’enfer où la vie n’a jamais cessé de battre malgré la guerre, Still Recording est aussi pertinent et instructif qu’un fabuleux geste de cinéma. On lui reprochera juste d’être si focalisé par sa démarche de rendre compte d’un quotidien plutôt que faire dans le documentaire à recul, qu’il manque parfois de clarté quant au contexte général pour un public de non-initiés. On a parfois un peu de mal à s’y retrouver, à comprendre, à saisir les tenants et les aboutissants de la situation ou des lieux, car Ghiath Ayoub et Saaed Al Batal ont préféré saisir la réalité à vif plutôt que de l’expliquer.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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