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Le saviez-vous ? : Sur Shining, Jack Nicholson devait mourir de froid en crevant de chaud

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Le Shining de Stanley Kubrick est un film particulier à bien des égards, un film dingue, un film fleuve, un film légendaire, un film immersif, un film terrifiant, un film surtout détesté de Stephen King lui-même, qui a toujours reproché à Kubrick d’avoir dénaturé son œuvre (« Le livre est chaud, le film est froid ; le livre finit en flamme, le film finit dans la glace. Et il est misogyne » dit l’auteur de Ça). Sur Shining, Stanley Kubrick justement, avait encore une nouvelle fois fait la démonstration de toute sa folie artistique. Rien que la durée du tournage résume tout : quasiment un an ! Les prises de vues avaient débuté le pour s’achever 11 mois plus tard, en avril 1979. Pourquoi si long ? Parce que le tournage était complexe et surtout parce que, comme à son habitude, Kubrick contrôlait le moindre détail, qu’il était capable de recommencer plus de 80 fois la même scène afin d’obtenir le résultat parfait (mention à la scène de la bagarre dans l’escalier – 3 semaines et 87 prises). Parmi les scènes qui auront été dantesques à emballer, il y a celle du labyrinthe de haies. Jack Nicholson et le reste de l’équipe s’en souviennent encore.

Tout le monde (du moins on l’espère sinon arrêtez de lire immédiatement cet article) connaît le célébrissime final de Shining, ou du moins a déjà vu les images iconiques qu’il propose. On pense à ce jeu du chat et la souris entre un Jack Torrance fou et sa famille effrayée, qui se terminera dans le labyrinthe de haies enneigé de l’Overlook Hotel, avec ce plan légendaire où Jack finit congelé sur place dans la neige. Un final qui aura été très très compliqué à mettre en boîte, et pour cause… Quand on voit le film et dans un pur élan de plaisir cinéphile, on aurait presque des envies de séjour à l’Overlook Hotel, alias l’hôtel Ahwahnee dans le parc de Yosemite en Californie dans la « réalité ». On s’imagine arpenter ses longs couloirs, jeter un œil à la chambre 237, où déambuler en plein hiver dans le labyrinthe de haies qui trône majestueusement dans son jardin. Bon, cassons un mythe (même si beaucoup d’entre vous sont déjà au courant) mais Shining n’a jamais été tourné dans un quelconque hôtel avec un labyrinthe de haies dans son jardin. Si l’hôtel Ahwahnee a bien servi d’inspiration pour imaginer l’Overlook Hotel (et profite d’ailleurs de celui-ci pour se faire un peu de pub et attirer du touriste cinéphile), le film de Stanley Kubrick a été entièrement tourné en studio, précisément dans les immenses studios de l’Estree au nord de Londres. C’est là-bas que l’extréieur de l’Overlook Hotel a été reconstruit et que le labyrinthe de haies a été créé (d’autant que ce dernier est une invention kubrickienne et n’apparaissait pas dans le roman).

Comme on était en studio, autant vous dire que la neige était… bah fausse. Kubrick était taré mais pas au point de faire importer de la vraie neige. Quoique s’il avait pu, il ne se serait sans doute pas gêné mais on va bientôt comprendre que cela aurait été impossible. Précisément, on a donc fait venir près de 100 tonnes de mousse qui ont été recouvertes de sel pour donner l’impression d’une neige cristallisée. C’est dans ce décor artificiel que Jack Nicholson et Shelley Duvall devaient jouer les transits de froid. Surtout Nicholson alias Jack Torrance, avec cette mort emblématique qu’on lui connaît. L’ennui, c’est que le labyrinthe en question avait été construit dans un immense studio de prise de son… sans la moindre climatisation ! Il faisait une chaleur à crever et si à l’écran les personnages grelotent, c’était tout l’inverse dans la réalité. A tel point qu’à la fin de chaque prise, l’équipe toute entière, comédiens et comédiennes compris, se mettait en mode « striptease » en virant leurs fringues quelques minutes pour s’aérer, avant d’y retourner. L’enfer.

 

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