ESCOBAR de Fernando León de Aranoa : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Loving Pablo
Père : Fernando León de Aranoa
Date de naissance : 2018
Majorité : 18 avril 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : Espagne
Taille : 2h03 / Poids : NC
Genre
: Biopic, Thriller, Policier

Livret de famille : Javier Bardem, Penélope Cruz, Peter Sarsgaard…

Signes particuliers : Javier Bardem est impressionnant en Pablo Escobar.

DU FASCINANT PABLO AU TERRIFIANT ESCOBAR

LA CRITIQUE DE ESCOBAR

Résumé : Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’Histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu et à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde impunément…

Décidément, la figure de Pablo Escobar n’en finit plus d’inspirer. Alors que la série Narcos continue de cartonner sur Netflix et que Benicio del Toro puis Robert Manzur ont déjà prêté leurs traits récemment au célèbre narcotrafiquant colombien -respectivement dans Paradise Lost d’Andrea Di Stefano en 2014 et Infiltrator de Brad Furman en 2016-, c’est au tour de Javier Bardem d’endosser le costume de l’homme fort du cartel de Medellin. Ce n’est pas la première fois que l’acteur espagnol est associé au rôle de Pablo Escobar mais jusqu’à présent, celui-ci avait toujours refusé les propositions adressées, déçu de la superficialité des scénarios reçus, qui n’arrivaient jamais à explorer en profondeur la personnalité du charismatique et impitoyable criminel colombien. Et parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Javier Bardem a fini par s’emparer de l’histoire, devenant à la fois producteur et coscénariste de Escobar, un biopic réalisé par le talentueux Fernando León de Aranoa (l’excellent Un Jour pas comme les autres).

Une mauvaise performance de Javier Bardem, voilà qui serait une vraie performance ! L’acteur ibérique, que l’on a rarement connu en-dessous, livre encore une fois une prestation cinq étoiles dans cet Escobar, au point d’en être le véritable argument de vente. Impliqué, convaincant et mimétique, il incarne un Pablo Escobar troublant, à la fois personnalité aimée, monstre humain et psychopathe inquiétant, jouant entre les lignes du manichéisme pour mieux faire ressortir la complexité de l’homme. Mais derrière elle, le film de Fernando León de Aranoa déçoit malheureusement, sans pour autant sombrer dans le honteux. Son principal problème est le choix d’un angle qu’il va très rapidement oublier, au risque de glisser là où il ne voulait pas forcément aller. Titré Loving Pablo en version originale, Escobar était censé être un regard porté sur le narcotrafiquant par le prisme de son orageuse histoire d’amour avec la journaliste Virginia Vallejo, auteure du livre Loving Pablo, Hating Escobar dont le film est l’adaptation. Mais De Aranoa va trop vite délaisser cet axe, le reléguant dans l’ombre d’un film qui va bel et bien prendre des allures de… biopic finalement assez classique et tout aussi factuel que ses prédécesseurs. Incarné par une excellente Penélope Cruz, Virginia Vallejo est au final une anecdote noyée dans une histoire plus générale, au point que son utilité pose question.

Globalement efficace, passionnant et très bien bâti, Escobar devient donc un portrait généraliste retraçant la « carrière » du narcotrafiquant, l’abordant en pleine ascension pour le suivre jusqu’à sa chute, il y a quinze ans. Sauf qu’en 2h00, il est difficile de retracer tout Pablo Escobar, et c’est là où le bât blesse. Escobar essaie au maximum de condenser tout en restant fidèle mais s’il s’efforce d’oublier peu de choses, il va surtout en survoler pas mal, faute de temps et d’un point de vue marqué qui lui aurait évité de devenir un survol résumant d’une vie de violence.

BANDE-ANNONCE :


Par David Huxley

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