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MON CHIEN STUPIDE d’Yvan Attal : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Mon chien Stupide
Père : Yvan Attal
Date de naissance : 2019
Majorité : 30 octobre 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h45 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Eric Ruf, Pascale Arbillot, Ben Attal, Adèle Wismes…

Signes particuliers : Une adaptation complètement ratée du roman de John Fante.

CRISE DE COUPLE

NOTRE AVIS SUR MON CHIEN STUPIDE

Synopsis : Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Un énorme chien mal élevé décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur… 

En quelques longs-métrages, Yvan Attal s’est forgé une filmographie plutôt séduisante. Et même quand l’acteur-réalisateur n’est pas au mieux de sa forme (Do Not Disturb ou Le Brio), il s’en tire à bon compte avec des comédies où le personnel épouse un certain cynisme truculent. Un peu comme du Woody Allen à la française dirait-on, toutes proportions gardées bien entendu. Avec Mon Chien Stupide, Yvan Attal adapte le roman éponyme culte de John Fante, qui lui permet de faire ce qu’il maîtrise le mieux : jouer avec sa compagne Charlotte Gainsbourg et parler de la banalité du couple et ses petits tracas avec un regard délicieusement misanthrope. Attal y incarne ainsi un romancier en panne d’inspiration qui affronte la crise de la cinquantaine en imputant les échecs de sa vie à… sa famille ! Cette vie routinière avec femme et enfants qui l’a privé du bonheur et de la liberté. L’arrivée impromptue d’un chien va être un catalyseur pour une remise en question.

Les bons romans ne font pas forcément les bons films. Rien de nouveau là-dedans mais Yvan Attal en dresse une énième démonstration. Si le réalisateur a bien cerné les thématiques et le ton du livre de John Fante, son adaptation est à la peine, comme si elle pataugeait dans un marécage le condamnant à un immobilisme pénible. Dans le fond, tout y est pourtant. L’introspection d’un homme qui revisite sa vie avec amertume en soulignant ses échecs, le poids de la vie de famille, l’usure du couple, la place de l’artiste, la poursuite d’un bonheur tué par la noirceur du quotidien mécanique, l’amour familial qui remplit le vide de la solitude… Yvan Attal s’efforce de garder du roman ce ton désabusé et politiquement incorrect, ce mélange d’humour noir grinçant et de tragique mélancolique, ce prisme d’un anti-héros condescendant… Mais l’écriture cinématographique est ratée et le cinéaste réussit l’exploit de tirer du matériau originel, un film plat, mollement interprété par des comédiens qui semblent avoir laissé leur talent au placard, même si à ce jeu, Charlotte Gainsbourg s’en sort un peu mieux, comme toujours.

D’un bout à l’autre, Mon Chien Stupide tourne en rond, s’embourbe dans des dialogues mal maîtrisés, subit une mise en scène trop mécanique et un jeu d’acteur globalement catastrophique (mention à un Yvan Attal en roue libre). On est comme spectateur d’une petite scène de théâtre où cabotinent des comédiens en sous-régime, lesquels tentent d’incarner une histoire rendue trop inoffensive. La mayonnaise ne prend jamais, c’est terriblement laborieux, on s’ennuie, et le mordant du récit est inopérant car les dents du scénario sont trop usées pour infliger ne serait-ce que des micro-marques. En résulte un effort cafardeux et rarement drôle (même quand il croit l’être) où les intentions sont dispersées façon puzzle par une forme pompeuse, agaçante et niché dans un nombrilisme parfois à la lisière du gênant.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennahan

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