BABYSITTER de Morgan Krantz : la critique du film [Festival de Deauville]

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babysitter-posternote 5.5 -10
Nom : Babysitter
Père : Morgan Krantz
Date de naissance : 2015
Majorité : indéterminée
Type : indéterminé
Nationalité : USA
Taille : 1h20 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Max Burkholder (Ray), Danièle Watts (Anjelika), Valerie Azlynn (Hailey), Robin Thomas (le père)

Signes particuliers : Une chronique dramatique sur un ado paumé au milieu du divorce de ses parents.

PAS GÉNIAL, MES PARENTS DIVORCENT…

LA CRITIQUE

Résumé : Ray Longway, un adolescent lunatique, devient malgré lui le sujet principal des négociations houleuses entre ses deux parents dans la procédure de divorce qui les oppose. En obtenant la garde de son fils, sa mère, une actrice qui tente désespérément de percer à Hollywood, tient aussi à conserver le train de vie confortable qui était le sien depuis son mariage. La famille décide d’engager une baby-sitter qui va rapidement réussir à combler les manques affectifs de chacun.babysitter_credit_photo_courtesy_of_filmmakersL’INTRO :

Un enfant émotionnellement paumé au milieu d’un divorce parental difficile. On se souvient à la lecture de ces quelques mots, du magnifique Kramer contre Kramer de Robert Benton, chef-d’œuvre oscarisé en 1979. Trente-six plus tard, le premier film du jeune réalisateur Morgan Krantz (ex-acteur) s’attaque à nouveau au sujet, mais en prenant une direction très différente. Pas de sentimentalisme à la sauce hollywoodienne, aucune star prestigieuse, une approche plus personnelle, en vu d’un drame confectionné dans le plus pur esprit du cinéma indépendant actuel. Et pour un premier exercice après un court et quelques efforts pour la télévision, Morgan Krantz se voit poussé sous les projecteurs après son passage au SXSW d’Austin puis à Deauville, où son long-métrage était présenté en compétition officielle.babysitter_2L’AVIS :

Avec Babysitter, Morgan Krantz signe une sorte de chronique dramatique adolescente sur le divorce parental, vu à travers les yeux d’un ado paumé entre deux âges, entre deux univers, entre deux vies. Ray (excellent Max Burkholder) est tiraillé dans sa vie mouvementée, entre la violence du combat familial et son inconfort social à l’école, entre sa différence et son désir d’acceptation, entre son mal-être profond et sa soudaine romance avec la nouvelle baby-sitter de la maison… Il ne sait plus où il en est, et la pression devient ingérable pour ses fragiles épaules d’ado torturé. Inspiré par les drames familiaux indépendants du moment et par le American Beauty de Sam Mendès (les deux références avouées par l’auteur), Morgan Krantz livre une première œuvre intéressante sur le fond, mais incomplète sur la forme, touchant avec justesse certains points de son histoire, au moins autant qu’il ne parvient pas à se saisir correctement des nombreuses pistes qu’il survole dans un récit éparpillé entre la romance teenage, la chronique adolescente et le drame psychologique sombre. Une impression d’incomplétude qui se retrouve d’ailleurs dans l’écriture, dans la maîtrise générale, dans la caractérisation des personnages (aucun n’inspire un réel attachement) ou encore dans la finalité de cet effort pas toujours follement pertinent. Néanmoins, Krantz laisse le sentiment d’être un réalisateur à suivre, et cette première réalisation, bien que maladroite, n’est pas déméritante et réussit même à subjuguer de façon intermittente, par quelques fulgurances aussi fugaces qu’envoûtantes qui magnifie une ambiance douce-amère et la violence psychologique du récit. Babysitter ne marquera probablement pas, mais il restera peut-être comme les premiers signes de l’éveil, d’un auteur et d’un jeune acteur talentueux.

LA BANDE-ANNONCE : Prochainement

Par Nicolas Rieux

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