2012 de Roland Emmerich
Critique (catastrophe)

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Mondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : 2012
Parents : Roland Emmerich
Livret de famille : John Cusack, Amanda Peet, Thandie Newton, Chiwetel Ejiofor, Woody Harrelson, Danny Glover, Oliver Platt, Beatrice Rosen, Patrick Bauchau, Stephen McHattie, George Segal, Zlatko Buric, Johann Urb…
Date de naissance : 2010
Nationalité : Américaine
Taille/Poids : 2h38 – 200 millions $

Signes particuliers : Distrayant, spectaculaire, généreux, lisible, doté d’effets spéciaux renversants et nanti d’une multiplicité des points de vues intéressante dans son propos. Dommage que le script soit empêtré dans une trame indigente.

 

QUAND EMMERICH A CASSÉ SON JOUJOU…

Resumé : Des scientifiques découvrent que la Terre est sur le point de vivre une catastrophe naturelle sans précédent risquant de mettre en péril l’humanité. Des procédures sont lancées pour sauver notre civilisation…

Roland Emmerich, le spécialiste germano-américain en matière de films catastrophes a décidé de voir encore plus grand. Après un Independence Day où plusieurs capitales mondiales morflaient avec mention à Washington ou New York, après un Godzilla où New York encore était ravagé, après Le Jour d’Après où c’était les Etats-Unis tout entier qui étaient détruit, place à 2012 où le mégalo-fun réalisateur passe la vitesse supérieure et se lance dans la casse générale : ce sera cette fois la Terre entière cette fois qui passera au rouleur compresseur des effets spéciaux pour le film catastrophe ultime. Doté d’un budget pharaonique de près de 200 millions de dollars, des meilleures technologies et de tout son savoir-faire en la matière, Emmerich ambitionne le pur plaisir du spectateur, souvent frustré dans le genre par quelques séquences spectaculaires et puis plus rien. Avec 2012, le plus américain des teutons sera généreux et offrira un déluge de destruction massive régalant les mirettes.

Malheureusement, Emmerich va s’attirer au passage les foudres de la critique et d’une partie du public. Spectaculaire, 2012 l’est incontestablement. Sauf qu’un scénario valable n’aurait pas été de refus. En cause réellement, le tâcheron Harald Kloser, ami du cinéaste et qui lui sert ici de plume comme cela déjà avait été le cas sur le désastre 10.000 BC. Kloser pond un script d’une rare bêtise. Totalement cliché aussi bien dans ses personnages que dans ses situations, rebondissements ou dans sa pseudo-romance, le récit pondu par ce chef couronné roi des mauvais, est affligeant à un point rarement atteint dans le cinéma du bonhomme. Et du coup, 2012, de reposer essentiellement sur ses effets spéciaux. Lesquels, soit dit en passant, ne sont pas attaquables y compris par le plus grand prince de la mauvaise foi personnifiée.

Visuellement, 2012 envoie le bois et impressionne. Déluge titanesque de destructions massives, le film use à merveille de ses innombrables dollars pour se payer un réalisme somptueux et furieux. Emmerich casse tout et bien et nous gratifie de séquences repoussant les limites du spectaculaire. Sauf que des CGI n’ont jamais fait un film tenant la route. Heureusement, au-delà du pitch et de la trame globale navrante, le destructeur metteur en scène distille quelques idées finalement pas si bêtes et directement inspirées (inconsciemment ? On n’y croit guère) d’un vieux classique du début des années 50, le Choc des Mondes de Rudolph Maté. 2012 pose une série de questions intéressantes. Faut-il prévenir la population de la catastrophe au risque de déclencher l’anarchie durant les quelques mois ou années restantes, sachant que le monde aurait de grandes chances de s’arrêter de tourner ? Comment décider de qui aurait ou n’aurait pas le droit de bénéficier des « Arches de Noë » en construction ? La présence des puissants de ce monde est-elle finalement vraiment un scandale, sachant que leur argent est plus que nécessaire au financement d’une telle opération dont ils espèrent, évidemment, tirer contrepartie ? Doit-on ouvrir les portes pour faire monter les gens au risque de mettre en péril le peu de survivants ? Les questionnements posés par 2012 au-delà de son intrigue centrée autour du piètre père de famille John Cusack, en perdition dans sa carrière, relèvent un film qui sinon, aurait sombré encore plus bas qu’il ne le fait déjà, dans les abysses de la médiocrité scénaristique. De même que pour l’une des rares fois dans son cinéma (il l’avait bien discrètement avec le final du Jour d’Après), Emmerich se paye un brin le gouvernement qu’il critique à demi-mots. Un début que l’on espère voir se développer histoire d’apporter un peu de profondeur à son cinéma archi-commercial revendiqué « Family Entertainment ».

Sans avoir la qualité du précédent Le Jour d’Après dont le script était bien plus malin et mieux rédigé, 2012 reste un divertissement de grande ampleur en mode « plein la gueule » où chaque dollars dépensés se retrouvent à l’écran. Pas aussi con dans le fond qu’il ne l’est dans la forme, ce dernier blockbuster emmerichien en date oscille entre la bouse infâme et le plaisir coupable d’assister à un kiff géant et démesuré malgré son improbabilité et ses tendances à lorgner du côté des fameuses prédictions mayas à la mode à l’approche de la légendaire date du 21 décembre attendue, le film ayant été classé parmi les cinq œuvres les plus improbables du cinéma, par une analyse de la sérieuse NASA américaine. Mais bon, le plaisir y est quand même, dans le spectacle du moins…

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