WAKE UP AND DIE – critique (thriller/horreur)

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affiche-Wake-up-and-Die-Volver-a-morir-2011-3Mondo-mètre :
note 3
Carte d’identité :
Nom : Volver a Morir
Père : Miguel Urrutia
Livret de famille : Andrea Montenegro (Camilla), Luis Fernando Bohórquez (Dario)…
Date de naissance : 2011
Majorité au : 04 juin 2013 (DTV)
Nationalité : Colombie
Taille : 1h24 / Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) : Un thriller au concept intéressant, basé sur une idée roublarde.

Signes particuliers (-) : Wake Up and Die reprend une idée casse-gueule par l’exigence qu’elle requiert et déjà traitée sous toutes ses coutures. Mais le film manque d’inventivité et de maîtrise narrative et stylistique, tournant en rond alors que sa mise en scène chichiteuse à la limite du supportable n’aide pas.

 

CAMILLA, LÈVE-TOI ET MEURS !

Résumé : Camilla se réveille dans le lit d’un inconnu après une soirée trop arrosée dans un bar. Elle n’a que des souvenirs vaporeux mais tout trahit qu’ils ont passé une nuit très torride. Déstabilisée, elle va se faire sauvagement assassinée. C’est alors qu’un cycle infernal commence. A chaque fois qu’elle meurt des mains de son agresseur, Camilla se réveille et revit la scène. A elle de trouver au fil des recommencements, un moyen d’échapper à son funeste destin…

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Wake up and Die est un thriller de série B à mi-chemin du cinéma de genre, un petit budget d’exploitation sorti directement chez nous en DVD en juin dernier et premier film d’un jeune metteur en scène colombien qui se paye un huis clos roublard porté par seulement deux vedettes du petit écran issues du monde des télé novelas, Andrea Montenegro et Luis Fernando Bohorquez. Le concept se veut aussi simple qu’efficace. Un matin, Camilla se réveille aux côtés d’un homme rencontré la veille dans un bar et avec qui elle a visiblement passée une nuit sexuellement animée. Elle avait bu et ses souvenirs sont brumeux quand ce quasi-inconnu l’assassine sauvagement. Le début d’un cycle infernal où la jolie jeune femme sera condamnée à revivre incessamment cette même scène matinale brutale. A chaque réveil, elle est tuée, encore et encore, indéfiniment. Au fur et à mesure de ses « redémarrages », elle va essayer de s’en sortir en s’appuyant sur ses mauvaises expériences passées alors que le sombre visage de son redoutable adversaire se dévoile.

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Wake Up and Die est un film à concept qui va essayer le plus adroitement possible de jouer avec son postulat de départ balancé toutefois sans ménagement par l’impatient réalisateur Miguel Urritia qui, pressé de commencer, ne va même pas s’embarrasser d’une quelconque introduction pour nous mener vers son univers. Aucune explication ou interrogation face à cette ritournelle cyclique, c’est comme ça un point c’est tout, et l’on est condamné à être immergé dans ce cauchemar dès les premières secondes par un artiste éjaculateur précoce. Tout commence donc comme une sorte de Nuit d’été en Ville (chef d’œuvre de Michel Deville). Un homme, une femme, nus, un appartement, un réveil après une nuit mouvementée… Mais le huis clos ne va pas tourner à la découverte de l’autre au nom d’une passion fugace mais à la survie d’une frêle victime face à un meurtrier psychopathe la tenant entre ses griffes. Sympathiquement racoleur avec ses comédiens passant tout le film à poil puisqu’ils revivent sans cesse ce même réveil dénudé (ce qui aura au moins comme mérite de nous laisser profiter sous toutes ses coutures de la plastique admirable de l’actrice Andrea Monténégro) Wake Up and Die vire alors à l’énième variation autour de la mécanique de la comédie culte Un Jour sans Fin, ici déclinée en version thriller à la lisière de l’horreur. Un jeu dangereux requérant beaucoup d’inspiration et de talent d’écriture pour éviter le piège de la redondance terne et fatigante, perdant de son souffle au rythme des reboots de l’histoire.

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Et malheureusement, Urritia se retrouve avec une patate chaude entre les mains, son manque évident de maîtrise narrative plombant sa tentative de recyclage du principe de fonctionnement du classique d’Harold Ramis, brillamment réutilisé par exemple par le thriller SF Source Code de Duncan Jones. Plus embêtant, ce modeste effort apparaît surtout comme une futile copie sud-américaine du voisin ricain Gruesome qui jouait grosso modo avec la même astuce narrative sans guère plus de réussite au demeurant. Wake Up and Die manque d’épaisseur, tourne en rond sans trouver une force motrice lui permettant d’évoluer et de se réinventer pour éviter la fatale rouille de sa mécanique circulaire et le coup de grâce de cette énigme qui se répète à foison nous est infligé par le traitement visuel, handicapé par une mise en scène chichiteuse, multipliant les effets pseudo-branchouilles aussi gonflants qu’inutiles.

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Tout est au final dans le titre concernant cette « fumeuse fumisterie » trop ou pas assez théâtralisée, qui manque de génie pour convaincre même si elle atteste de la nouvelle vitalité du cinéma sud-américain dans le registre du genre. Wake Up and Die et son suspens faussement original se regarde certes sans trop de souffrances grâce à son rythme soutenu, sa courte durée et sa linéarité efficace mais Miguel Urritia signe un film trop anecdotique, manquant de volume et de diversité (dramaturgique et stylistique) pour espérer dépasser le simple niveau originel de son pitch à fausse bonne idée qui n’a rien de bien novateur en soi. Décevant malgré les promesses de son titre et de sa belle affiche, et à la limite du navet.

Bande-annonce :

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