UN VRAI FAUSSAIRE de Jean-Luc Leon : la critique du film
Sortie cinéma

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un_vrai_faussairenote 3 -5
Nom : Un vrai faussaire
Père : Jean-Luc Léon
Date de naissance : 2015
Majorité : 02 mars 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h30 / Poids : NC
Genre : Documentaire

 

Livret de famille : Guy Ribes…

Signes particuliers : Un documentaire passionnant sur un monde d’ordinaire inaccessible, celui des faussaires de l’art.

L’ART ET LA MANIÈRE

LA CRITIQUE

Résumé : Peintre de talent et voyou, Guy Ribes, 65 ans, est le plus prolifique des faussaires Français recensés à ce jour ayant inondé le marché de l’art pendant 30 ans. En 2005, la police a saisi plus d’une centaine de ses « faux » et en 2010 le Tribunal de Créteil l’a condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. Guy Ribes n’a jamais rien copié. Ses Picasso, ses Matisse, ses Chagall, et autres Léger ont l’apparence trompeuse du « vrai » et égalent leurs inspirateurs. Mais combien de faux de sa main, authentifiés par des experts, vivent encore aux murs des collectionneurs, des galeries ou des musées ? Et dans les pages de catalogues raisonnés ? Guy Ribes nous livre les secrets de fabrication de ses «balourds » contant, avec une gouaille de marlou, une vie de flambe, de plaisir et d’arnaques. La dernière, celle qui l’a fait tomber, sort tout droit d’une série noire. On y croise une veuve bidon, de faux héritiers, un « pigeon » Suisse collectionneur et des marchands sans scrupules. Le policier qui l’a arrêté, le procureur, l’expert judiciaire et un collectionneur floué révèlent les autres facettes de ce personnage incroyable, qu’on pourrait croire sortir tout droit d’une fiction… Tout au long du film, le pinceau de Guy Ribes crée sous nos yeux une toile qui semble être de la main des maitres qui l’ont inspiré.Un vrai faussaire_2L’INTRO :

Les voies des faussaires de l’art sont impénétrables… Du moins, elles l’étaient jusqu’à Guy Ribes, « artiste du faux » dont la carrière répréhensible a été jugée au tribunal en 2010. Durant près de trente ans, Guy Ribes aura peint plus de 1500 tableaux, « à la manière » de Chagal, à la manière de Picasso, à la manière de Leger, Renoir, Miro et tant d’autres. Une œuvre monumentale qui aura inondé le marché pendant plusieurs décennies, faisant de son auteur un peintre inconnu riche à millions. Aujourd’hui encore, ses faux circulent toujours et il faudra sans doute de très nombreuses années pour démêler la vérité du mensonge, tant et si bien que cela soit réellement possible. Car Guy Ribes et ses acolytes ont dupé tout le milieu de l’art pendant si longtemps. Allez savoir où sont toutes ses œuvres authentifiées comme vraies, mais en réalité peintes de la main de ce trompeur de grand talent… Parfois encore, Guy Ribes voit passer dans des catalogues de collections, ses propres toiles. De quoi bien amuser ce personnage haut en couleurs. Un Vrai Faussaire lève le voile sur cette « profession » de l’ombre d’ordinaire inaccessible. Car par définition, le principe même du faussaire, c’est son anonymat. Jugé et condamné pour ses travaux malfaisants, Guy Ribes ne craint plus rien aujourd’hui de la justice et c’est pour cela qu’il s’est laissé filmer par le documentariste Jean-Luc Leon, qui nous replonge dans son histoire aussi étonnante que fascinante.Un Vrai FaussaireL’AVIS :

C’est à la rencontre d’un véritable « personnage », que nous emmène Jean-Luc Leon. Tout en gouaille à l’ancienne, en bonhommie et en jovialité, Guy Ribes aurait presque pu être un personnage tout droit sorti de chez Audiard, avec sa vague allure de petit truand sympathique. Soixantenaire désormais « à la retraite », Ribes raconte, sa jeunesse difficile dans le bordel tenu par ses parents, sa découverte du monde de la peinture, ses premiers faux, son ascension dans les dessous occultes du monde de l’art, le succès, le fric, les femmes, le luxe… Et bien sûr, comment et pourquoi. Comment il peignait ses œuvres faussement authentiques vendues ensuite à prix d’or, pourquoi il le faisait, avec qui, quel était le processus. Généreux avec la caméra, l’artiste (car on ne peut que lui reconnaître un talent indéniable) montre tout, allant même jusqu’à peindre quelques toiles devant l’objectif pour mieux faire la démonstration de sa méthode. Car Ribes n’était pas un copiste, il peignait « à la manière » avec quelques petites nuances nécessaires, et il expliquera d’ailleurs bien en détails, pourquoi.vrai faussaire documentairePassionnant de bout en bout, Un Vrai Faussaire est une incursion exceptionnelle dans ce monde du faux. Une incursion instructive, tout en drôlerie et en charme, en compagnie de l’un de ses illustres/méconnus représentant dont on se régale de l’absence de langue de bois… du moins, à supposer que tout est vrai. Car à l’image de son héritage artistique, Guy Ribes, c’est aussi un beau-parleur amusant, qui raconte beaucoup de choses « à sa manière » cette fois-ci. Tout n’est pas forcément vrai, parfois le sens du « show » l’amène à réécrire un peu la réalité, mais c’est justement ce qui en fait, quelqu’un que l’on régale à écouter ! Bref, un petit régal, plus pour son sujet extraordinaire que pour ses qualités documentaires, l’exercice de Jean-Luc Leon ne se montrant pas toujours très abouti, voire parfois maladroit.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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