TULLY de Jason Reitman : la critique du film
sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Tully
Père : Jason Reitman
Date de naissance : 2018
Majorité : 27 juin 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h36 / Poids : NC
Genre
: Drame

Livret de famille : Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Livingston…

Signes particuliers : Jason Reitman brise la vision enjolivée de la maternité.

CHARLIZE THERON EN MÈRE DÉPASSÉE

LA CRITIQUE DE TULLY

Résumé : Marlo, la petite quarantaine, vient d’avoir son troisième enfant. Entre son corps malmené par les grossesses qu’elle ne reconnaît plus, les nuits sans sommeil, les repas à préparer, les lessives incessantes et ses deux aînés qui ne lui laissent aucun répit, elle est au bout du rouleau. Un soir, son frère lui propose de lui offrir, comme cadeau de naissance, une nounou de nuit. D’abord réticente, elle finit par accepter. Du jour au lendemain, sa vie va changer avec l’arrivée de Tully…

Sept ans après Young Adult, Jason Reitman retrouve Charlize Theron pour Tully, un drame dressant le portrait d’une mère de famille dépassée par son quotidien et glissant lentement dans la dépression après avoir accouché d’un troisième enfant. Il est loin le temps où Marlo était une jeune femme libre, pleine de vie et de rêves. Aujourd’hui, toutes ses journées se ressemblent, monotones et remplies des mêmes gestes mécaniques, le tout recouvert d’un extrême épuisement. La maternité, c’est beau dit-on. Mais la maternité, ça peut être aussi dur et douloureux, marquant au passage la fin de certaines choses.

À travers une chronique à la mélancolie amère, Jason Reitman offre un regard plutôt sombre sur la maternité. L’idée n’est certainement pas de dégoûter les futures générations et de tirer à boulets rouges sur le bonheur d’être parents, mais plutôt de briser la sacro-sainte représentation enjolivée de la maternité chère au cinéma américain, de briser aussi cette idée immuable selon laquelle être parent est une chose si merveilleuse, si douce, si joyeuse, si proche du bonheur absolu. Une idée traditionnelle inculquée depuis des décennies tant par le cinéma que par la société en général, et que le cinéaste égratigne en montrant l’envers du décor dans une proposition métaphorique brisant des tabous et osant le contrepied d’associer l’idée d’être parent à la fin de quelque chose et non au début de quelque chose. L’arrivée de Tully, une nounou de nuit (Mackenzie Davis) embauchée pour soulager Marlo, est ainsi un moyen d’articuler le présent difficile de son personnage à son passé évanoui, de la mettre face à une fenêtre ouverte sur ce qu’elle a été et ce qu’elle est aujourd’hui, avec l’espoir de la réconcilier avec son futur assombri.

Porté par une formidable Charlize Theron dont la conviction de jeu aide beaucoup un film qui tient pas mal sur ses épaules, Tully n’est pas aussi drôle qu’on pourrait l’attendre, et si quelques notes d’humour le traversent ça et là, le film de Jason Reitman prend au contraire un chemin assez dramatique, voire même tragique, chemin qu’il exploite avec une sensibilité intelligemment croquée. On regrettera seulement qu’il finisse par tourner un peu en rond sur lui-même, avant de nous sortir de son chapeau, un final très théâtralisé et bancal, fruit d’un twist intéressant mais mal appliqué, drainant dans son sillage un message finalement très conservateur, à l’opposé du reste du film.

BANDE-ANNONCE :

Par David Huxley

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