TERMINATOR : GENISYS de Alan Taylor : la critique du film [Sortie Ciné]

Partagez cet article

Terminator_GenisysMondo-mètre
note 5 -10
Carte d’identité :
Nom : Terminator : Genisys
Père : Alan Taylor
Date de naissance : 2014
Majorité : 1er juillet 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h06 / Poids : 170 M$
Genre : SF, Action

Livret de famille : Arnold Schwarzenegger (Terminator), Jason Clarke (John Connor), Emilia Clarke (Sarah Connor), Jai Courtney (Kyle Reese), Byung-Hun Lee (T-1000), Matt Smith (Tim), J.K. Simmons (O’Brien), Dayo Okeniyi (Dyson)…

Signes particuliers : Intermittente du spectacle depuis le début des années 2000, la saga Terminator fait un nouveau retour, avec Schwarzenegger, et adoubée par James Cameron himself en plus !

I’LL BE BACK, J’AVAIS DIT !

LA CRITIQUE

Résumé : Le leader de la résistance John Connor envoie le sergent Kyle Reese dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor et préserver l’avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Ils y découvrent un allié inattendu : le Guardian. Ensemble, ils doivent faire face à un nouvel ennemi. La menace a changé de visage.terminator-genisys-5L’INTRO :

Branchez le défibrillateur. Chargez à 300, envoyez. C’est bon, la franchise Terminator est réanimée. Les constantes sont bonnes ? En 1984, James Cameron réinventait le cinéma d’action (et de SF au passage, ne chipotons pas) avec Terminator premier du nom. Une pièce maîtresse du genre, un film culte, et un chef d’œuvre du cinéma. En 1991, le cinéaste remettait le couvert avec le second volet, probablement le meilleur. Il réinventait le genre une seconde fois, il re-signait une pièce maîtresse, un film culte et un autre chef d’œuvre. On était très bien avec deux joyaux du septième art. Tout le monde était content, on aurait pu en rester là et c’eut été parfait. Sauf que voilà, douze ans plus tard, les années 2000 étaient arrivées. Et avec elle, cette volonté du cinéma hollywoodien de puiser dans ses classiques pour essayer de labourer un terrain qui ne demandait pas à l’être. C’est Jonathan Mostow qui ouvrira le bal en 2003 avec Le Soulèvement des Machines, nouvel opus très critiqué en son temps. Regardable, moyen, mauvais, réhabilité depuis, les avis divergent mais globalement, tous se rejoignent sur le fait que la saga venait d’être déflorée. terminator-genisys-photo-552bc861d9acbCe n’était qu’un début. 2009, l’inénarrable McG lâche Terminator : Renaissance. Comme son titre le faisait bien comprendre, l’idée était d’insuffler du sang neuf dans la franchise. Raté. Nouveau saut dans le temps, on arrive en 2015. Cette fois, c’est Alan Taylor qui s’y colle, le même Alan Taylor qui s’est rendu coupable du piteux Thor 2. Cinquième chapitre de la série, Terminator : Genisys marque surtout le grand retour du Gouvernator Arnold Schwarzenegger, qui réintègre une saga qu’il avait abandonné en 2003 pour aller faire le pitre en politique. Et parce que plus on est de gros bras, plus on rit, il est rejoint par Jason Clarke (le nouveau John Connor), par Jai Courtney (Kyle Reese – Michael Biehn dans le premier) et c’est la sexy-badass Emilia Khaleesi Clarke qui reprend le rôle de Sarah Connor, jadis dévolu à Linda Hamilton. Les bandes annonces ne laissaient augurer rien de bien bon concernant ce « nouveau renouveau » de la franchise. Le seul espoir venait de James Cameron en personne, qui adoube ce cinquième opus, le présentant comme le « vrai troisième chapitre de la saga ». Soit, si James le dit alors…terminator-genisys-7L’AVIS :

On a failli y croire. On a voulu y croire. On y a cru… mais pas longtemps. En un film, Terminator Genisys balaie toute une franchise par une démarche aussi idiote qu’elle n’était ambitieuse, démarche consistant à vouloir réinventer tout en assurant une continuité. Ces deux idéologies presque antinomiques provoquent de temps à autre des étincelles magiques au cinéma, mais elles sont tellement mal maîtrisées par Alan Taylor et ses scénaristes (dont le tâcheron impayable Patrick Lussier) que Genisys finit par ne plus assurer ladite continuité, au contraire, piétinant, atomisant, détruisant. Pourquoi donc a t-on failli y croire ? Tout simplement parce que l’introduction du film laissait quelques vagues espérances maladroites. Ce nouveau chapitre paraissait vaciller un coup à droite, un coup à gauche, tantôt cherchant à respecter ses nobles ancêtres (comprenez par là, les deux premiers), tantôt les violant allègrement et sans vergogne. A l’écran, on sent la fumisterie de l’arc narratif qui se dessine. Pourtant, quelques éclairs permettent de tenir bon. Des références aux deux premiers, des notes de cinéma eighties (comme ce clochard qui voit débarquer un Kyle Reese à poil dans sa boule à facette électrique), de bonnes idées comme la rencontre des deux T-800, Schwarzy jeune vs Schwarzy vieux (excellent trucage numérique soit dit en passant) ou la scène d’empoignade dans le grand magasin de fringues. Mais on sent que ça cloche. On ne mesurait juste pas dans quelles proportions.terminator-genisys-3Dans les faits, Genisys va vite s’avérer être une entreprise de destruction massive de la saga, lui tournant le dos en soulignant son effet par un bon gros doigt d’honneur pas loin du fist fucking. A sec et avec du gravier, histoire de décupler la douleur. Rétrospectivement, les derniers opus faisaient un effort pour demeurer dans une continuité « spirituelle », même si c’était raté ou maladroit. Le nouveau public et les plus jeunes spectateurs qui n’ont pas été biberonnés aux deux premiers apprécieront sans doute ce nouveau gros blockbuster qui s’emploie à envoyer le pâté (mention à la scène apocalyptique du début et ses effets dantesques, dans laquelle on pourra voir un clin d’œil à l’ouverture du 2). Mais les fans de la première heure, eux, seront catastrophés. Car  Genisys est à Terminator ce que Belle Journée pour Mourir était à Die Hard, un affront à la franchise dans laquelle ils s’inscrivent respectivement.terminator-genisys-4Pire, Genisys s’applique même à détruire toute l’essence de la saga. Fini les scénarios à la fois complexes et d’une pureté cristalline et bienvenu à un script brouillon qui se croit complexe et ingénieux là où il est juste confus et incohérent. Fini la maîtrise de l’art de la narration et de la conduite d’un blockbuster total. Terminator : Genisys se range dans le sillage des deux opus précédents, vomissant de l’action en sacrifiant tout univers, atmosphère, solidité et génie créatif. Fini également la beauté suprême et supérieure de la mise en scène, ici totalement fonctionnelle. À ces défauts béants s’ajoutent des dialogues d’une crétinerie rare (ou comment rendre nunuche et débilitante, une romance aux enjeux passionnants), une accentuation de l’humour transformant l’emblématique T-800 « schwarzyien » en personnage comique ou de l’humour balourd (voir le personnage inutile de J.K. Simmons), et enfin des comédiens à côté de la plaque, d’une Emilia Clarke aux fraises à un Jason Clarke en mode cabotin ridicule, en passant par un Jai Courtney qui use de son physique sans apporter nuance ou émotion. Reste Schwarzy, qui met du cœur et de la sincérité à l’ouvrage, et domine l’affaire avec son monolithisme forcé amusant.terminator-genisys-2Finalement, on en viendrait presque à croire que le meilleur dans Terminator : Genisys, c’est la fin. Son générique précisément, reprenant puissamment le thème originel et annonçant qu’enfin, le calvaire est terminé. Le bilan est que film d’Alan Taylor n’est pas la purge annoncée. Il est juste un blockbuster puéril et ultra-codifié, s’ingéniant presque à réécrire les deux premiers volets dans un effort aux allures de reboot. Une infamie difficilement pardonnable pour les fans, d’autant qu’il y avait encore quelques pistes qui auraient pu être intéressantes à traiter (voir les toutes premières rumeurs du script évoquées à l’été 2013), mais pour ça, il aurait fallu plus d’audace et surtout, une volonté de s’immerger pleinement dans la saga au lieu de produire un long-métrage envoyant balader ses prédécesseurs pour coucher son histoire pardessus, le fan service ne suffisant pas à lui-seul, à maintenir une continuité spirituelle. James Cameron a beau adouber ce nouvel exercice, nous, on ne pourra s’empêcher de ressentir comme un petit viol de notre mémoire de cinéphile. Reste que Terminator : Genisys fait au moins dans le spectacle, parfois généreux même, à défaut d’être porté par une mise en scène de qualité imposant une vision. Côté 3D, aucun intérêt et pour information, une micro-scène post-générique est présente. A quoi elle sert, on se le demande. Enfin si, à prévenir que ce n’est pas fini et qu’il y aura probablement une suite. Mince…

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

AVEZ-VOUS VU ? :

2 commentaires à propos de “TERMINATOR : GENISYS de Alan Taylor : la critique du film [Sortie Ciné]

  1. Mouais, qu’on aime pas le film je peut comprendre mais le comparer à Die hard 5, faut arrêter la coke deux minutes. Hein.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.