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SHOCK WAVE d’Herman Yau : la critique du film [Blu-ray]

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Carte d’identité :
Nom : Shock Wave
Père : Herman Yau
Date de naissance : 2017
Majorité : 26 juin 2020
Type de sortie : Blu-ray & DVD
Nationalité : Chine
Taille : 2h03 / Poids : NC
Genre : Action

Livret de famille : Andy Lau, Wu Jiang, Jia Song…

Signes particuliers : Un gros thriller d’action, solide et distrayant mais peu original et qualitatif.

 

ANDY LAU EN TERRAIN MINÉ

NOTRE AVIS SUR SHOCK WAVE

Synopsis : A Hong-Kong, J.S Cheung est une légende de la police. Un super flic aux états de service impressionnants. Sa spécialité : le déminage, sous toutes ses formes. Lorsqu’un groupe de terroristes menace la ville avec plusieurs tonnes d’explosifs, il est décidé à prendre tous les risques. Mais ces attaques en apparence anarchiques cachent en réalité le casse du siècle.

   

Cette année sortira en Chine Shock Wave 2, suite d’un gros hit du box office local où Andy Lau incarnait un démineur de la police opposé à un dangereux criminel qui veut lui faire des misères. Ironie de la chose, c’est alors que le second opus sort là-bas… que le premier sort chez nous. Avec juste trois ans de retard puisque Shock Wave avait déferlé sur les écrans chinois en avril 2017. Bref, mieux vaut tard que jamais et on remerciera au passage Condor Entertainement d’éditer ce bon gros blockbuster HK, à la croisée du film policier, du thriller d’action et du film catastrophe. En effet, la superstar Andy Lau y incarne donc un superflic de la brigade anti-bombes qui voit refaire surface un parrain de la pègre qu’il avait tenté de faire tomber lors d’une mission d’infiltration quelques années auparavant. Avec une équipe de terroristes, le criminel prend en otage l’un des tunnels géants permettant d’accéder à l’île de Hongkong et y place suffisamment d’explosifs pour le réduire en cendres. L’heure est comptée…

Des explosions spectaculaires, des fusillades dantesques, du suspens, de l’émotion et une petite romance qui va bien, voilà le programme annoncé par ce Shock Wave, réalisé par le faiseur Herman Yau (la saga Ip Man version sans Donnie Yen). Et concrètement, le résultat correspond à peu près à ce que l’on en attendait. Si le cinéma coréen est capable de nous faire saliver de très loin, cela fait longtemps que le cinéma HK n’a plus ce pouvoir. Ombre de ce qu’il a pu être dans les années 80 et 90, il continue d’envoyer des productions capables, mais rarement aussi qualitatives que ce que peut produire le voisin coréen. Shock Wave incarne bien cette donne. Le film d’Herman Yau fait le job sans jamais briller et si l’on passe un bon moment devant grâce à son indéniable efficacité, difficile de s’enflammer pour autant devant une production si calibrée, qu’elle en est incapable de surprendre.

On passera sur certains effets spéciaux (notamment des explosions en ville) qui piquent autant les yeux qu’une bonne grosse allergie printanière. On le sait, le cinéma HK a toujours accusé un gros retard en matière de technologie SFX, état de fait dont l’illustre Tsui Hark s’est souvent plaint. Cette problématique mise de côté, Shock Wave essaie alors de ressembler à du bon gros cinéma hollywoodien avec tous les ingrédients d’une production yankee. A ce titre, dans les scènes de déminage orchestrées selon une volonté de tension absolue, difficile de ne pas penser au ricain Démineurs de Kathryn Bigelow avec Jeremy Renner. Sauf que Herman Yau… n’est pas Kathryn Bigelow. Ni même son ombre. Le cinéaste signe une mise en scène très classique parasitée par un montage épileptique qui aura le don d’agacer par moments (surtout dans l’introduction) et cette absence de style mène vers un film passe-plats qui enchaîne ses scènes dans le respect d’un scrupuleux cahier des charges mais où il est difficile de vibrer et ressentir tension ou émotion. Le spectateur reste ainsi à distance de ce qu’il se passe à l’écran, dans un pur rôle de spectateur que l’on essaie de divertir sans trop l’impliquer. Tout est fait dans ce sens, personnages caricaturaux au possible, intrigue abracadabrantesque, rebondissements artificiels, amourette glucosée et valeurs nationalistes exaltées.

Au final, Shock Wave n’a pas beaucoup d’arguments pour se démarquer et s’imposer comme un petit must mémorable. La seule chose qu’il pourra défendre, c’est un rythme sans temps mort instaurant cette efficacité qui tient le spectateur en éveil à défaut de le tenir en haleine, et quelques séquences qui sortent du lot. Car côté fusillades, reconnaissons à Herman Yau un certain savoir-faire. Le film ayant bénéficié d’un budget plus que confortable, le cinéaste a pu se laisser aller à des gunfight ultra-spectaculaires traduisant une fascination à peine cachée pour le Heat de Michael Mann. En bref, regardable à défaut de plus (et c’est dommage car sur le papier, il pouvait faire rêver).

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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