L’AUBE ROUGE, le remake – critique – avant-première (action)

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note 5
Carte d’identité :
Nom : Red Dawn
Père : Dan Bradley
Livret de famille : Chris Hemsworth (Jed), Adrienne Palicki (Tonie), Josh Peck (Matt), Josh Hutcherson (Robert), Jeffrey Dean Morgan (Colonel Tanner), Isabel Lucas (Erica), Connor Cruise (Daryl), Edwin Hodge (Danny), Will Yun Lee (Cho), Brett Cullen (Tom)…
Date de naissance : 2012
Majorité au : 28 août 2013 (en salles)
Nationalité : États-Unis
Taille : 1h33
Poids : 65 millions $

Signes particuliers (+) : De l’action correctement emballée pendant les presque 1h30 d’un divertissement simpliste mais efficace.

Signes particuliers (-) : L’abaissement de l’original au niveau d’un simple actioner assez stupide et sans aucune ambition autre que la distraction immédiate. Une trahison bien triste à Milius.

 

INVASION USA

Résumé : L’armée nord-coréenne déclenche une subite invasion du sol américain. Pris par surprise, les États-Unis tombent. Un groupe adolescents réfugiés en catastrophe dans les bois environnants, organise la résistance dans leur petite ville pour repousser l’envahisseur…

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L’INTRO :

Il n’y a pas si longtemps, on vous causait du très sympathique Tomorrow When the War Began, remake australien non officiel du célèbre L’Aube Rouge de John Milius, par Stuart Bettie. « Non officiel » dit-on, car face à lui, il y a le remake dit « officiel » produit par la MGM qui détenait les droits de l’original daté de 1984 et qui est sorti aux États-Unis en novembre dernier, disponible depuis en Bluray import. On attendait une éventuelle sortie française qui ne semblait pas venir, puis un DTV et finalement, retour à la sortie en salles programmée pour la fin du mois d’août. C’est pas peu de dire qu’il se sera fait attendre ce remake en chantier depuis 2008 et dont la sortie a failli ne jamais voir le jour en raison des grosses difficultés financières traversées par la légendaire MGM au bord de la faillite il y a encore peu. Mais grand ouf de soulagement pour les équipes du film et les spectateurs impatients, le film dirigé par le spécialiste des cascades promu metteur en scène, Dan Bradley, a pu connaître une exploitation en salles sur le sol américain qui ne lui a pas permis de rembourser son budget de 65 millions mais qui a fait une partie du travail (44 millions engrangés). Reste l’international maintenant…

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En ces temps de remakes intempestifs, la question d’une nouvelle version du chef d’œuvre miliusien qui avait contribué à révéler de jeunes comédiens comme Charlie Sheen, Patrick Swayze, Lea Thompson ou Jennifer Grey, s’est posée. Il y avait-il un intérêt quelconque à proposer cette relecture modernisée, d’autant que l’original n’a pas tant vieilli que cela ? Il faut dire que le script pondu à l’époque par Kevin Reynolds, proposait une histoire passionnante dans laquelle un groupe d’adolescents partis camper en forêt le temps d’un weekend, découvrait à leur retour que leur pays avait été subitement envahi et qu’une troisième guerre mondiale s’était brusquement déclenchée. Red Dawn (son titre original) posait un univers excitant et palpitant, terriblement d’actualité à une époque troublée par la Guerre Froide et se voulait au passage, un extraordinaire récit initiatique où une poignée d’adolescents allaient devoir prendre leurs responsabilités et grandir plus vite que prévu, pris au piège d’une guerre pour laquelle ils ne se croyaient pas taillés à la base. La fin de l’innocence. Le classique de Milius était-il perfectible ? Cela peut sembler choquant au vu de son statut légendaire mais oui. Non pas que le film avait des défauts criants mais car il proposait une fresque épique magistrale concentrée sur un trop réducteur 1h57, carcan qui l’empêchait de déployer toute l’étendue de son univers, brassant une mécanique guerrière à laquelle on aurait bien vu une heure de plus. Poser les personnages auxquels on doit s’attacher pour que le film fonctionne, l’invasion, le nouveau contexte géopolitique, montrer ce groupe abasourdi et démuni, leurs réactions, leur organisation pour faire face à ce qui est une troisième guerre mondiale totale, puis le début de la guérilla, le combat acharné… Cela faisait beaucoup pour une durée si courte. Pourtant, malgré ça, Red Dawn était un récit dense, magnifié par un Milius au meilleur de sa forme.

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Dan Bradley, pour son premier film, avait fort à faire pour repasser derrière le classique originel et son seul salut, pouvait éventuellement passer par une débauche d’ambitions dans le nouveau traitement de cette histoire en gardant les bases et le style de Milius pour seulement y ajouter de nouveaux éléments. Sauf que vous l’aurez peut-être déjà deviné, avec 65 millions de budget, ce remake s’inscrit plus comme une série B que comme une grosse fresque épique mettant les moyens pour traduire ses ambitions. Un peu comme le précédent et évoqué Tomorrow when the War Began de Bettie qui, pire, n’en avait que 27 de budget. Le résultat du film australien était d’ailleurs une agréable surprise mais Milius pouvait dormir tranquille sur ses deux oreilles tant le film manquait quand même d’épique et de hautes velléités narratives et formelles. Constat : il en va de même pour Red Dawn version 2012.

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Emmené par un jeune casting fort sympathique dominé par la star Chris Hemsworth, Red Dawn embauche également Josh Hutcherson (Hunger Games), Josh Peck (des séries et la voix de Eddie dans les Age de Glace), Adrienne Palicki (Tyra dans les premières saisons de la superbe série Friday Night Lights) ou encore la belle Isabel Lucas, la Athena des Immortels de Tarsem Singh, vue également dans Daybreakers ou encore Connor Cruise, le fils de Tom, qui jouait le rôle de Will Smith jeune dans le drame Sept Vies. Autres gueules bien connues, Jeffrey Dean Morgan (Grey’s Anatomy, Magic City côté séries ou Killing Fields, Watchmen ou Possédée côté films) ou Brett Cullen (un paquet de séries télés).

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L’AVIS :

Mais que vaut réellement Red Dawn en soi ? Dan Bradley fait un boulot propre pour accoucher au final d’un actionner efficace, divertissant, mais guère plus. Le film change de cible, époque oblige, et désigne ouvertement la Corée du Nord comme grand méchant de service en lieu et place du bloc de l’Est il y a 30 ans chez Milius. Autre changement plus embêtant, il évacue surtout une bonne part de la force du récit initiatique proposé par l’original pour se concentrer sur son efficacité plus spectaculaire. Moins doux, moins touchant et plus rentre-dedans, Red Dawn 2012 vaut surtout pour ses séquences d’action, ses fusillades et ses explosions et s’embarrasse guère d’une psychologie approfondie, l’une des forces du classique originel. Il devient du coup une série B sympathique et distrayante mais considérablement plus limitée que son modèle, voire même inférieure au film australien de Beattie sur plusieurs points. S’il bénéficie d’un plus gros budget qui lui permet de mettre le paquet dans le spectacle énergique, il s’attache par contre moins bien à ses personnages et là-dessus, le point file à Tomorrow when the War Began qui réussissait quand même, certes plus modérément que dans le Red Dawn de 1984, à nous attacher à cette petite bande d’ados innocents obligés de grandir brutalement, devant subitement porter sur leurs jeunes épaules, le poids de responsabilités énormes qui n’avaient pas à leur revenir.

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En tant que remake officiel, on pouvait s’y attendre, Red Dawn se fait globalement descendre pour sa « stupidité » maladroite. Linéaire, sans grandes ambitions autres que le spectacle, le film ne vole pas haut et ne cherche jamais à porter fièrement les couleurs du film qu’il revisite à la sauce moderne. Un film originel auquel il apporte quelques changements narratifs peu utiles (exit le début où les jeunes concernés partent en week-end et découvre le triste spectacle à leur retour et bienvenu à une grosse séquence d’action spectaculaire les montrant s’échapper) mais surtout de gros chamboulements formels comme l’injection de plus d’action mais aussi de plus de violence comme s’il croisait l’histoire de L’Aube Rouge avec l’esprit de Call of Duty. Pas toujours bien écrit (prévoir quelques non-sens) ni toujours bien réalisé (dans l’ensemble, les scènes d’action se défendent mais sont aléatoirement bien montées), Red Dawn a surtout ce défaut de devenir un film assez quelconque, vrillant parfois vers le cliché. Le résultat est trop faible pour convaincre face à l’ombre omniprésente de son modèle culte mais en revanche, en soi et détaché du fardeau inévitable et inhérent au principe du « remake », il peut toutefois être regardé comme un divertissement pas transcendant mais distrayant, mineur et oubliable, mais sustentant le temps d’une soirée placée sous l’égide de l’actionner pas compliqué à suivre. C’est quand dommage même de se dire ça, sachant qu’à la base on parle de L’Aube Rouge, mais le résultat est au moins pas aussi honteux que le récent désastre du autre remake d’un film de Milius, le pathétique Conan de Nispel.

Bande-annonce :

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