REALIVE de Mateo Gil : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Realive
Père : Mateo Gil
Date de naissance : 2015
Majorité : 06 juin 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : Espagne
Taille : 1h36 / Poids : NC
Genre
: Drame, SF

Livret de famille : Tom Hughes, Oona Chaplin, Charlotte Le Bon…

Signes particuliers : Plus philosophique que spectaculaire.

UNE HISTOIRE D’AMOUR ET D’IMMORTALITÉ

LA CRITIQUE DE REALIVE

Résumé : Marc est un jeune trentenaire à qui tout réussit. Lorsqu’il apprend qu’il ne lui reste plus qu’un an à vivre, il prend une décision radicale : cryogéniser son corps dans l’espoir qu’on puisse le guérir dans le futur. A son réveil, 60 ans plus tard, sans repères et séparé de ses proches, Marc découvre un monde dans lequel il est devenu un étranger. 

Scénariste de plusieurs films de son compère Alejandro Amenabar (Tesis, Ouvre les yeux, Mar Adentro, Agora), Mateo Gil était passé à la réalisation de longs-métrages avec Blackthorn en 2011, splendide western crépusculaire emmené par le regretté Sam Shepard. Cinq ans plus tard, Gil signe enfin son second effort, le drame de science-fiction Realive, qui aura mis un certain temps à sortir en salles dans l’hexagone malgré la présence au casting de Charlotte Le Bon, pour accompagner le jeune Tom Hugues, et malgré sa présentation à succès au festival de Gérardmer en janvier 2017. Dans Realive, un trentenaire condamné par un cancer décide de tenter la cryogénisation, espérant revenir à la vie à une époque où la maladie aura été vaincue. A son « réveil » en 2080, il est le premier mort jamais ressuscité. Un succès pour la médecine, mais un succès personnel ?

Avec Realive, Mateo Gil aurait pu se laisser à la facilité de confectionner un film de SF imaginant le futur de 2080 et jouant de sa découverte par un homme de notre époque. Mais comme il ne se prive pas de le dire, Mateo Gil n’avait pas l’intention de jouer cette carte là. Pour le cinéaste, Realive allait parler avant tout de concepts indissociables à tout être humain, la vie, la mort, le regard que l’on porte sur notre existence, la détérioration, les souvenirs, l’amour. Et sans jamais basculer dans la prétention soporifique, Realive de prendre le chemin d’une fable dont les enjeux sont plus émotionnels que spectaculaires. Que ferions-nous face à la mort si l’on avait la possibilité d’y échapper ? Que ferions-nous si nous pouvions devenir immortel ? Que ferions-nous de ceux que l’on aime ? L’instinct de survie prévaudrait-il sur le lien qui nous unit aux nôtres ? Concrètement dans le film, Marc Jarvis (excellent Tom Hugues) ne peut se résoudre à mourir si jeune. Mais faire le choix de la cryogénisation le privera des derniers mois qu’il aurait pu passer avec Naomi, l’amour de sa vie. A son réveil en 2080, comment gérer ces souvenirs du passé qui le hantent tant ?

Si par à-coups le film peine un peu dans le rythme ou si les nombreuses thématiques philosophiques qu’il aborde sont aussi riches que pas évidentes à toutes appréhender, Realive n’en reste pas moins séduisant par son amplitude narrative, intelligent dans son approche, touchant dans son regard intimiste, passionnant dans son étreinte psychologique, ce qui permet de compenser la maigreur évidente de son budget et son refus des codes du thriller intense. L’ensemble manque peut-être d’un peu de personnalité et de fulgurances mais la bonne surprise est appréciable.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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