PÈRE FILS THÉRAPIE ! d’Emile Gaudreault : la critique du film
Sortie cinéma

Partagez cet article
0 votes

pere-fils-therapieCarte d’identité :
Nom : Père Fils Thérapie !
Père : Emile Gaudreault
Date de naissance : 2016
Majorité : 28 décembre 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : France, Québec
Taille : 1h56 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Richard Berry, Waly Dia, Jacques Gamblin, Julie Ferrier, Alice Belaïdi…

Signes particuliers : Le remake de la comédie québécoise à succès, De Père en Flic.

LA CRITIQUE DE PÈRE FILS THÉRAPIE !

Résumé : Ils sont père et fils. Ils ne se supportent pas. Leurs entourages leur ont lancé un ultimatum : participer à un stage de réconciliation « Aventures Père Fils » dans les gorges du Verdon où ils devront tenter un ultime rapprochement. Entre mauvaise foi et coups bas, pas évident qu’ils arrivent à se réconcilier. 

pere-fils-therapie

L’AVIS « POUR »

note 3 -5C’est un duo pour le moins atypique que nous propose de découvrir le réalisateur canadien, Émile Gaudreault, dans ce remake français de sa propre comédie québécoise (De Père en flic). On y retrouve l’humoriste Waly Dia, dans son premier grand rôle au cinéma, face au confirmé Richard Berry, dont il campe le fils. Et ça fonctionne plutôt pas mal. Père coriace et commandant de police chevronné, Richard Berry méprise ce fils qu’il a élevé seul mais qu’il trouve trop « sensible » et pas assez viril. De son côté, Waly Dia en a marre de ce père égocentrique et égocentré qui ne sait parler que de lui. Entre eux, la rupture est consommée. Seulement voilà, tous deux travaillent pour la police, et la mission qui les attend requiert justement… un père et son fils. Derrière le tandem, Émile Gaudreault déploie une amusante galerie de personnages composée d’un Jacques Gamblin en toxicomane complètement coincé, de son fils dépressif, ou encore de deux femmes aussi belles que drôles : Julie Ferrier en coach perchée dirigeant ces thérapies « Père-fils », et Alice Belaïdi en collègue des deux flics undercover et ex-petite amie de Waly Dia. Père Fils Thérapie ! est drôle, assez sensible, et entre vannes et situations absurdes mais assez barrées pour être crédibles, il traite avec pertinence des relations père-fils, de l’écart générationnel, et de l’incompréhension qui s’est installée entre ces paternels élevés eux-mêmes « à la dure », et leurs enfants qui souffrent davantage du regard des autres, travaillent leur apparence, et sont trop « pourris-gâtés ». On se souviendra de quelques répliques cinglantes qui sonnent juste, des scènes de combats de boue ou de danse pour le moins surprenantes, et on se réjouira de l’esprit de ce film d’humour et d’action.

Par Raphaela Louy

484298-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

L’AVIS « CONTRE »note 0 -5

Père Fils Thérapie ! est l’histoire d’une mauvaise idée, tirée d’un mauvais constat et menant vers un bien mauvais film. En 2009, la comédie québécoise De Père en Flic fracassait littéralement le box office local avec 1,2 million de spectateurs, dans un pays comptant grosso modo, 8 millions d’habitants. Un succès monstrueux, pas loin d’être culturellement comparable à celui de Bienvenu chez les Ch’tis en France. Sept ans plus tard, son réalisateur Emile Gaudreault tente d’adapter lui-même son propre film pour le public français, remplaçant ses comédiens originaux par le fatigué Richard Berry et le jeune Waly Dia, comédien-humoriste sorti du Jamel Comedy Club, lesquels sont entourés de Jacques Gamblin et Julie Ferrier. La France se mettrait-elle à faire ce que l’on reproche continuellement à nos amis américains ? Oui. Plutôt que d’avoir sorti le film chez nous à l’époque, en le vendant comme « la comédie à succès venue du Québec », on le refait, avec notre propre parlé moins « exotique » et des comédiens bien de chez nous. L’ennui dans l’histoire, c’est que De Père en Flic était déjà à la base, un film plus que moyen, dont l’immense carton au box office est aussi explicable que celui des Ch’tis chez nous. En gros, un engouement inattendu, monté en épingle sur la foi de ses premiers résultats, pour une comédie bien populaire façonnée dans les pires clichés anesthésiant le spectateur. Sept ans ont passé, impossible de profiter à chaud de l’engouement outre-Atlantique pour le film, et voici que Père Fils Thérapie ! s’apprête à débouler comme une comédie aussi mineure que lambda, dans un paysage surchargé en films du genre. pere-fils-therapieEt le résultat est dramatique. Avec son mélange de comédie poussive et de film policier englué dans le formol, Père Fils Thérapie ! ne trouve jamais le bon ton, jamais la bonne carburation, jamais la bonne recette pour prétendre à devenir le sympathique buddy movie qu’il voudrait être. Pire, il s’enfonce de la première à la dernière minute, dans son coté terriblement datée, cabotinant sur la forme comme à l’écran, en refusant toute notion de modernité pour privilégier une culture affligeante du nanardesque. Semblable à un téléfilm feuilletonesque pour jeudi soir sur TF1, avec la même lourdeur, la même facilité et la même indigence d’écriture, Père Fils Thérapie ! sombre dans sa médiocrité avec naïveté, enchaînant des gags ringards aussi peu drôles que prévisibles, emboîtés ensemble dans une mise en scène télévisuelle d’une autre époque. En dehors de quelques scènes pères-fils légèrement émouvantes, souvent venues des seconds rôles qui peuplent le film, Père Fils Thérapie ! est une consternation permanente, qui réussit cependant à se démarquer dans le paysage de la comédie française. Malheureusement pas en bien. On commençait à avoir l’habitude des navets « comiques » hexagonaux d’avance calibrés pour leurs futurs passages télé. Père Fils Thérapie ! innove en ce sens qu’il pousse le vice encore plus loin, amenant directement les téléfilms du petit écran vers les salles obscures. Pas sûr qu’on y gagne. A ce rythme là, on se retrouvera bientôt avec des Camping Paradis et autre Joséphine Ange Gardien au cinéma.

Par Nicolas Rieux

BANDE-ANNONCE :

3 commentaires à propos de “PÈRE FILS THÉRAPIE ! d’Emile Gaudreault : la critique du film
Sortie cinéma

  1. Pingback: Un duo chorégraphié sur la relation athlète-entraineur : quand Jacques Gamblin et Pascal Lefèvre enlèvent le haut – LE LABO SPORTIF

  2. Ce film inintéressant avec des dialogues pitoyables , des acteurs qui se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère , malgré leur talent d’acteur ils n’arrivent pas à sauver ce film

  3. Je suis allée voir ce « film » hier soir avec mon fils…Mais quelle catastrophe comme beaucoup de films français actuels, les dialogues sont épouvantables, on n’arrive pas à s’intéresser une seconde à… »l’histoire », mon Dieu que c’est primaire, bas de gamme…monstrueux…Il y a quelques belles images de paysages magnifiques, mais…cela ne suffit absolument pas à faire un … »film »…
    et Richard Berry me fait penser à Dustin Hoffman qui a participé avec talent à de nombreux films…et qui en fin de carrière se met à faire des « navets »…Il paraît que les scénaristes en France sont très mal payés, c’est pour cette raison que nous avons des dialogues…complètement inintéressants, pas crédibles pour un sou ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.