MOONRISE KINGDOM (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : Moonrise Kingdom
Parents : Wes Anderson
Livret de famille : Edward Norton (chef scout Ward), Bruce Willis (Cpt Sharp), Bill Murray (Mr Bishop), Frances McDormand (Mme Bishop), Tilda Swinton (la femme de la DASS), Kara Hayward (Sam), Jared Gilman (Suzy), Jason Schwartzman (Ben)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h34 – 16 millions $

Signes particuliers (+) : La loufoquerie habituelle de l’univers singulier de Wes Anderson. Un casting étonnant.

Signes particuliers (-) : Le cinéaste, à cours d’idées, tourne en rond et s’auto-recycle. Ennuyeux, pas emballant, pas terrible.

 

OVERDOSE DE BONBONS ACIDULÉS

Résumé : 1965, sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, deux enfants d’une douzaine d’année, Suzy et Sam, tombent amoureux et fuguent ensemble. Toute la communauté se mobilise alors qu’une tempête approche des côtes…

Cinéaste fortement ancré dans la nouvelle génération en vue du cinéma américain, Wes Anderson, par son style atypique et très personnel, a su se faire apprécier aussi bien du grand public que des cinéphiles avertis au point de voir son nouveau bébé faire l’ouverture du festival de Cannes 2012. Après un détour par l’animation et son acclamé Fantastic Mr. Fox, le réalisateur au look et univers très bobo arty un brin fêlé, retrouve le cinéma « live » et la plupart de ses collaborateurs habituels à commencer par Roman Coppola, fils de Francis Ford, qui avait déjà co-signé les scripts du dessin animé renardesque et de A Bord du Darjeeling Limited pour Anderson.

Avec Moonrise Kingdom, nul ne doutera que l’on est chez Wes Anderson. On retrouve instantanément l’esprit doux dingue de son cinéma en forme de bonbon sucré au parfum d’œuvre décalée mi-loufoque mi-joyeusement irréelle. Un style qui avait déjà fait les succès de ses précédents succès comme La Famille Tenenbaum ou La Vie Aquatique. Côté casting, on retrouve là aussi quelques têtes habituelles avec l’ex-chasseur de fantôme Bill Murray ou Jason Schwartzman mais ils ne font que compléter une distribution en revanche nouvelle. Point de Owen Wilson, point de Luke Wilson, son frangin, point de Ben Stiller ou Anjelica Huston et place à un Bruce Willis qui décidément, continue à se diversifier mais aussi à Edward Norton (que l’on sentait en perte de vitesse ces temps-ci) Tilda Swinton, Frances McDormand (qui s’échappe de chez les Coen Bros) ou encore Harvey Keitel. Et derrière les deux jeunes protagonistes, Suzy et Sam, campés par Kara Hayward et Jared Gilman, tout ce beau monde s’active et s’affaire pour faire vivre un film débridé et doucement déjanté mêlant comédie, BD, cartoon et humour nonsensique dans une jolie fable dissertant sur l’amour préadolescent avec énergie et vivacité.

Mais rapidement, la douceur de la chose sucrée tourne à l’overdose en glucide et Moonrise Kingdom de devenir un joli paquet réjouissant et exaltant mais décevant quand on l’ouvre pour farfouiller à l’intérieur.  Plutôt agréable, plutôt mignon dans un premier temps pour sa différence, ce dernier Wes Anderson déçoit par un contenu sonnant creux au demeurant une fois la sucrerie avalée. Un brin poussif, un brin ennuyeux et répétitif, Anderson use de son maniérisme habituel qui emballe une fois sur deux. Wes Anderson ou le cinéaste impair ? Son style étant si marqué, à l’image d’un Burton, on ne peut éviter la redite dans un cinéma qui finalement semble toujours jouer la même partition en ne changeant que quelques gammes çà et là. La Famille Tenenbaum était jubilatoire alors que La Vie Aquatique était un chouïa chiant, Darjeeling Limited était revissant et dépaysant alors que Moonrise Kingdom ennuie à la longue.  Les amateurs apprécieront cette nouvelle œuvre comme ils ont pu apprécier les précédents sans lassitude, les autres risqueront d’être plus à la peine devant un joyeux portnawak attendrissant mais tournant vite à vide, faute d’énergie et de personnages attachants, Wes Anderson se focalisant plus sur son ambiance cacophonique et son esthétique/marque de fabrique, que sur son récit. Dur pour le spectateur de se retrouver ainsi impliquer dans cette cavale qui part dans tous les sens, trop peut-être parfois, et qui ne soulève pas un intérêt grandissant au fil des minutes. Réalisateur virtuose, Anderson l’est toujours mais il faudra penser à se renouveler assez rapidement pour ne tomber dans le syndrome « Tim Burton » pour spectateur bobo maniéré.

Bande-annonce :

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