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Le saviez-vous ? : Laurence Olivier a donné une leçon à Dustin Hoffman sur Marathon Man

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1969, Dustin Hoffman est encore un jeune acteur dont la carrière a fraîchement décollé trois ans plus tôt grâce au Lauréat de Mike Nichols. Alors que l’Amérique connaît de profonds changements, et le cinéma avec elle, le comédien fait la connaissance du réalisateur John Schlesinger. Ensemble, ils vont tourner Macadam Cowboy, chef-d’oeuvre emblématique de l’époque et qui sera couronné de trois Oscars. Les années vont ensuite passées, la notoriété d’Hoffman ne va cesser de croître après des classiques tels que Les Chiens de Paille, Papillon ou Les Hommes du Président. Arrive 1976. Au sommet, Dustin Hoffman va retrouver John Schlesinger pour Marathon Man, thriller d’espionnage adapté d’un roman éponyme à succès de William Goldman paru un an plus tôt. L’acteur y partagera l’affiche avec une légende vivante, l’impressionnant Laurence Olivier. Malgré son statut de comédien confirmé et malgré les succès, Dustin Hoffman était quand même un peu impressionné face à ce monument du septième art et du théâtre, souvent considéré comme l’un des plus grands du haut de son immense carrière. L’entente entre les deux acteurs fut très cordiale mais néanmoins, Laurence Olivier donna une petite leçon d’acting à son partenaire, qui restera comme l’une des anecdotes amusantes autour d’un film qui entrera parmi les classiques des années 70.

Pour mémoire, Dustin Hoffman a été formé à l’Actors Studio comme bien d’autres de son époque, d’Al Pacino à Jack Nicholson en passant par Dennis Hooper ou Marlon Brando. Et sur ses tournages, Hoffman appliquait les principes de la célèbre « Méthode ». L’idée était « d’être vrai et non de jouer ou de simuler », de vivre vraiment ce que vit son personnage et non de chercher à « imiter » ce qu’il traverse en l’imaginant. En gros, tout le contraire de Laurence Olivier, vieux de la vieille qui a appris l’exact opposé puisque tout sa carrière s’est bâtie sur le « jeu » et son talent pour cela. On en arrive à ce jour de tournage où Dustin Hoffman devait jouer une scène où son personnage n’avait pas dormi de la nuit. Au petit matin sur le plateau, Dustin Hoffman a débarqué dans un état d’épuisement total, pâle et cerné. Inquiet pour sa co-star qui n’avait pas l’air dans son assiette, Laurence Olivier est allé lui demander si tout allait bien car il n’en avait pas l’air. Dustin Hoffman s’est alors lancé dans une explication de la Méthode à son illustre partenaire, expliquant notamment qu’il n’avait pas dormi de la nuit pour être raccord avec son personnage et pour mieux rendre à l’écran son état de fatigue. Amusé par cette technique un peu improbable à ses yeux, Laurence Olivier lui a alors lancé un magnifique : « Et sinon, vous avez essayé de jouer tout simplement, c’est quand même plus simple !« . On imagine d’ici la tête de Dustin Hoffman qui venait de s’acharner à garder les yeux éveillés toute une nuit pour être dans le rôle, tout ça pour entendre ça le lendemain matin ! Le pire, c’est que Laurence Olivier récidivera. Lors du dernier jour de tournage, afin de paraître une fois encore épuisé et essoufflé pour les besoins d’une scène, Hoffman est allé faire un long et intense footing. De retour sur le plateau et prêt, il s’étonnera du peu de préparation de son partenaire qui débarquait limite les mains dans les poches. Et Laurence Olivier de lui avoir lancé à nouveau un magnifique : « Et si vous vous contentiez de jouer plutôt ?« .

Cette petit leçon drôle et tendre façon professeur à élève manquera Dustin Hoffman qui en parlera lors d’une masterclass à l’actors Studio des années plus tard. Selon lui, l’anecdote était à nuancer. Dustin Hoffman était en plein divorce et voulait oublier ses ennuis en s’abandonnant totalement dans son travail. Laurence Olivier aurait compris l’idée et par ces petites phrases bienveillantes, lui faire comprendre qu’il savait et qu’il lui apportait son soutien. Bon… Admettons. Mais on imagine quand même que Laurence Olivier, icône qui avait roulé sa bosse depuis les années 30 à l’écran comme sur les planches, devait avoir un peu de mal à comprendre cette nouvelle génération d’acteurs à la « méthode » un peu ubuesque. Ironie du sort, ce sera Olivier qui récoltera des récompenses pour sa performance sur le film, un Golden Globes et une nomination à l’Oscar !

Par Nicolas Rieux

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