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Le saviez-vous ? : Le célèbre verset biblique de Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction n’existe pas !

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On a tous en tête plein de souvenirs de Pulp Fiction, le classique de Quentin Tarantino sorti en octobre 1994, quelques mois après avoir reçu la Palme d’Or à Cannes. On pense immédiatement à la mythique scène de danse entre John Travolta et Uma Thurman par exemple, à celle du shoot d’adrénaline après que Mia Wallace ait fait une overdose, on se remémore l’hilarant débat autour des burgers, du Big Mac et de la mayonnaise dans les frites, ou on pense encore au fabuleux passage avec Harvey Keitel. Mais parmi toutes les scènes les plus emblématiques du film, il y en a une qu’il est impossible d’oublier : ce passage cultissime où Samuel L. Jackson prend son temps pour déclamer solennellement un verset biblique avant d’exécuter le dénommé Brett (puis à deux autres moments). Cet extrait de la Bible que Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) ne manque pas de réciter à chaque fois qu’il tue quelqu’un, est présenté comme un passage issu du livre d’Ézéchiel, chapitre 25, verset 17 (traduit par « verset 10 » en VF – allez savoir pourquoi). Sauf qu’un rapide coup d’œil dans la Bible montre que le verset en question…n’existe pas ! Ou plutôt, disons que Tarantino l’a très très fortement arrangé à sa sauce histoire qu’il claque un peu plus dans les lignes de son scénario, et dans la bouche de son comédien.

 

Pour l’anecdote, voici ce que l’on trouve réellement dans Ezechiel 25, verset 15 à 17 :

15 Ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Parce que les Philistins se sont livrés à la vengeance, et qu’ils se sont vengés à outrance, le mépris dans l’âme, pour exterminer, haine éternelle,
16 à cause de cela, ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Je vais étendre ma main contre les Philistins, j’écraserai les Crétois et détruirai le reste qui habite le rivage de la mer ;
17 et j’exercerai sur eux de grandes vengeances, les châtiant avec fureur, et ils sauront que je suis l’Éternel quand je leur ferai sentir ma vengeance.

 

Bon, c’est pas trop mal mais ça manquait un peu de patate quand même au goût de l’ami Quentin. Qui du coup a transformé l’affaire en un bien plus marquant : « La marche des vertueux est semée d’obstacles qui sont les entreprises égoïstes que fait sans fin surgir l’œuvre du Malin. Béni soit-il l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles qu’il guide dans la vallée d’ombre, de la mort et des larmes, car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J’abattrai alors le bras d’une terrible colère, d’une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui pourchassent et réduisent à néant les brebis de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi s’abattra la vengeance du Tout-Puissant.« 

En gros, si on résume, à part quelques mots dans la dernière phrase qui ressemble trèèèèès vaguement au texte biblique, le reste est tout simplement… inventé ! Ou plutôt « repris » pour être plus précis puisqu’il s’agit en réalité d’un énième emprunt de Tarantino au cinéma asiatique qu’il aime tant, en l’occurrence à une tirade de Karaté Kiba, un film d’arts martiaux avec Sonny Chiba (acteur mythique et adoré par Tarantino) sorti en 1973. En tout cas, citation inventée, erronée, déformée ou autre, une chose est sûre : ça reste quand même une éloge sacrément fun à entendre à chaque fois ! Allez, pour le plaisir…

Par Nicolas Rieux

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