LA BELLE DE SAÏGON (critique – drame)

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affiche-La-Belle-de-Saigon-Red-dust-1932-1Mondo-mètre :
note 6
Carte d’identité :
Nom : Red Dust
Père : Victor Fleming
Livret de famille : Clark Gable (Carson), Gene Harlow (Vantine), Mary Astor (Barbara Willis), Gene Raymond (Gary Willis), Donald Crisp (Guidon), Tully Marshall (McQuarg)…
Date de naissance : 1932
Nationalité : USA
Taille/Poids : 1h50 – Budget NC

Signes particuliers (+) : Un remarquable trio amoureux où les apparences, les images et les convictions ancrées, s’effritent dans la poussière et la puanteur des lieux. Un casting 5 étoiles et une Harlow sexy et provocatrice pour l’époque.

Signes particuliers (-) : Le film souffre la comparaison d’avec le remake de J. Ford, Mogambo même s’il dégage plus de sensualité.

 

AMOUR ET CAOUTCHOUC

Résumé : Dennis Carson dirige une exploitation de caoutchouc au Vietnam avec ses deux contremaîtres chargés de surveiller les travailleurs autochtones. Carson tombe amoureux de la femme d’un de ses associés. Ils semblent faits l’un pour l’autre mais leur amour est impossible. Par ailleurs, il ne se rend même pas compte de l’affection que lui porte Vantine, une prostituée ayant atterri dans la plantation par hasard et attendant le prochain bateau pour Saïgon…

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La Belle de Saïgon fait partie de ces quelques films du début des années 30, juste avant l’entrée en vigueur du terrible et censeur code Hays encadrant très précisément la morale au cinéma, où la sensualité et l’érotisme explosaient sur l’écran. Dans cette période où Maureen O’Sullivan se baignait nue dans Tarzan ou Mae West provoquait ouvertement l’Amérique puritaine et où la sensuelle Rita Hayworth naissait, Jean Harlow était l’une de ses comédiennes qui affolait les ligues de vertu. Ses tenues provocantes, ses dialogues ambigus, son refus pour les sous-vêtements, sa sensualité et sa légèreté d’être, faisaient d’elle une comédienne que tous les hommes vénéraient et désiraient.

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Le cinéaste Victor Fleming (Autant en Emporte Le Vent) qui a roulé sa bosse durant le cinéma muet, adapte à l’écran un scénario de John Lee Mahin, transposition cinématographique d’une pièce de Wilson Collison. Fondé sur un triangle amoureux quasi-shakespearien où un homme aime une femme d’un amour impossible sans voir qu’une autre l’aime tout autant, passionnément et tragiquement, La Belle de Saïgon joue ouvertement la sensualité via un jeu permanent d’opposition se troublant lui-même. A la pureté et la pudeur tout en retenue d’une Mary Astor effarouchée, s’oppose une Jean Harlow sensuelle et plus nature. A l’élégance de la première, s’oppose dans un pays chaud, dans la poussière et la saleté d’une plantation de caoutchouc, la crasse et la sueur des personnages qui y vivent.

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Dans ce drame réunissant tous les ingrédients de la romance à grand spectacle à l’hollywoodienne, Fleming insuffle un vrai parfum d’exotisme permanent, de provocation et de tension sexuelle. Déjà par son casting mais surtout par les tenues provocantes, par un Clark Gable viril et une Mary Astor tout effarouchée mais dont la morale vacille dans ce contexte troublant et perturbant ses bonnes valeurs morales (un point amusant, la comédienne voyant sa belle image conservatrice écornée par un scandale d’adultère quelques années plus tard).

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La Belle de Saïgon tient ses promesses bien qu’il ait quelque peu vieilli et sonne comme légèrement daté. L’exotisme de l’époque sonne plus désormais comme un furieux vent colonialiste et le film a clairement souffert de la grandeur de son illustre remake quelques décennies plus tard et écrit par le même scénariste : l’immense Mogambo de John Ford, magnifié par ses paysages africain où le récit fut transposé et par son exceptionnel casting de stars emmené par toujours le même Clark Gable qui reprend son rôle, bien entouré par la sensuelle Ava Gardner s’opposant à la blancheur pure de Grace Kelly.

Bande-annonce :

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