JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM de Juan A. Bayona : la critique du film
Sortie cinéma

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Carte d’identité :
Nom : Jurassic World : Fallen Kingdom
Père : Juan Antonio Bayona
Date de naissance : 2018
Majorité : 06 juin 2018
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h08 / Poids : NC
Genre
: Action, Aventure, SF

Livret de famille : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall, Justice Smith, Daniella Pineda, James Cromwell, Isabella Sermon, Toby Jones, Jeff Goldblum, B.D. Wong, Geraldine Chaplin…

Signes particuliers : Une suite qui permet de réévaluer la qualité du premier.

LA CHUTE DE JURASSIC WORLD

LA CRITIQUE DE JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM

Résumé : Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Owen se fait un devoir de retrouver Blue, son principal raptor qui a disparu dans la nature, alors que Claire, qui a maintenant un véritable respect pour ces créatures, s’en fait une mission. Arrivant sur l’île instable alors que la lave commence à pleuvoir, leur expédition découvre une conspiration qui pourrait ramener toute notre planète à un ordre périlleux jamais vu depuis la préhistoire.

Parti faire un tour du côté de Star Wars IX avant que l’opération ne capote pour « divergences artistiques » avec Lucasfilm, Colin Trevorrow a cédé sa place à la tête de la nouvelle franchise Jurassic World à l’espagnol Juan Antonio Bayona. Les fans avaient de quoi se réjouir tant le metteur en scène de The Impossible et Quelques Minutes après Minuit est apprécié pour son talent créatif et son sens de l’efficacité. Néanmoins, si le réalisateur du premier film à succès ne rempile pas derrière la caméra, on le retrouve toujours au scénario de cette suite qui voit Chris Pratt et Bryce Dallas Howard reprendre leur rôle respectif, et Jeff Goldblum réendosser celui du légendaire Ian Malcolm pour une simple petite apparition frustrante. Ce cinquième volet de la saga Jurassic Park situe son action quelques années après l’écroulement du parc Jurassic World. Alors qu’un puissant volcan se réveille sur l’île d’Isla Nubar, une expédition est organisée pour tenter de sauver les dinosaures menacés de réextinction. Mais au cours de leur mission, Owen Grady et Claire Dearing vont découvrir qu’ils ne sont que les pièces d’une sombre conspiration…

En réactivant la saga laissée en jachère depuis de nombreuses années, Jurassic World premier du nom avait déçu pas mal de fans, pour beaucoup agacés par son manque de personnalité et son abus du fan-servicing afin de masquer sa faible originalité. Des critiques globalement assez dures, le seul véritable tort du film de Trevorrow ayant été finalement de trop chercher à se rapprocher de son ancêtre spielbergien au point de pousser bien malgré lui le spectateur aux affres d’une comparaison perdue d’avance. Une démarche qui l’avait à la fois porté et entravé. Trois ans plus tard, les espoirs de voir un vrai bon Jurassic Park qui mettrait tout le monde d’accord reposaient donc entre les mains du talentueux Juan A. Bayona et malheureusement, le cinéaste loupe le coche, signant un second opus au final encore moins convaincant que son prédécesseur.

Pourtant, l’affaire commençait bien avec une séquence d’ouverture à la fois foutrement efficace et légèrement nostalgique. Nostalgique car la façon dont elle est construite rappelle une séquence du premier Jurassic Park de 1993, avec une menace approchant masquée sous une pluie diluvienne. Efficace ensuite car Bayona y fait l’étalage de son talent de cinéaste capable de joindre suspens, tension et virtuosité du style. Prometteur, Fallen Kingdom partait sous les meilleurs auspices. Mais derrière, tout va déraper et Bayona ne sera certainement pas le seul à blâmer dans le naufrage de l’entreprise. Si l’ibérique a sa part de responsabilité au niveau de sa mise en scène, les regards furieux se tourneront prioritairement vers Colin Trevorrow, coauteur avec son acolyte Derek Connolly, d’un script dont la bêtise est abyssale. Entre overdose de facilités, incohérences aussi monstrueuses que les dinosaures d’Isla Nubar et autres twists d’une débilité frôlant le génie, l’histoire de Fallen Kingdom est sans cesse plombée par sa non-inspiration, au point de ressembler à un gigantesque travail bâclé afin de sortir un film le plus vite possible, dans un souci d’opportuniste mercantile pour battre le fer pendant qu’il est chaud (rappelons que le premier avait cumulé 1,6 milliard de dollars de recette dans le monde). Rien que le pitch de départ a de quoi consterner. Un volcan endormi se réveille et menace l’île toute entière. Sérieusement ? Avant de choisir Isla Nubar pour y construire un parc à plusieurs billions de dollars, personne ne se serait soucié de ce « petit » détail qui risquait à tout de moment de faire capoter l’entreprise ? Et ce n’est là qu’un détail parmi d’innombrables aberrations du même acabit, voire bien plus grosses.

Mais l’ennui principal ne vient pas vraiment de ces petites couillonnades de scénario qui font plus hausser les yeux au ciel qu’autre chose. Le vrai mal qui déchire le film est plutôt dans son écriture globale, d’une platitude consternante. Si Trevorrow avant, puis Bayona ensuite, s’appliquent à offrir du spectacle avec un maximum d’action et de péripéties endiablées, reste que le rythme général est terriblement monocorde. A croire que le duo n’a strictement rien compris à ce qui a fait le génie du Jurassic Park de Steven Spielberg. Le père fondateur de la franchise avait su y varier les plaisirs et élaborer une recette qui prenait autant sur l’action que sur la tension, le fantastique, l’humour, l’émotion ou le merveilleux. Fossilisé dans son besoin incessant de ne jamais relâcher l’attention du public d’aujourd’hui, comme si ce dernier avait besoin d’être sans arrêt excité sous peine de décrocher, Jurassic World : Fallen Kingdom met en branle son postulat, passe au péage et trace sur l’autoroute de l’action sans jamais changer de vitesse. Une erreur colossale de laquelle va découler de nombreux problèmes structurels : absence de place pour développer de l’émotion, écrasement de la tension et annihilation totale de toute volonté d’intensité, cette dernière se retrouvant noyée dans un film incapable de jouer les montages russes émotionnelles et privilégiant le mode « fast and furious ». Et c’est sur ce dernier point que Juan A. Bayona a sa part de responsabilité.

Aux commandes de ce blockbuster rutilant, le cinéaste espagnol semble ne jamais avoir tenté d’imposer sa vision, comme dépassé par son matériau et contraint de jouer les faiseurs appliqués. S’il est possible à deux-trois moments de reconnaître sa patte (dont une scène qui rappelle son cinéma fantastico-cauchemardesque mais qui n’a strictement rien à foutre ici – voir photo ci-dessus), Bayona se contente de quelques rares fulgurances visuelles. Pour le reste, l’ibérique ne va jamais chercher plus loin que… le premier Jurassic Park de tonton Spielberg. Encore et toujours, on en revient à lui. C’est l’une des tares agaçantes de la conduite de ce nouveau chapitre, cette incapacité à créer qui mène à la copie permanente. Certains avaient pas mal reproché au précédent Jurassic World d’user la corde du fan-service. Bayona ne fait pas mieux mais différemment. Là où Trevorrow glissait un déluge de clins d’œil appuyés, Bayona renvoie sans cesse au modèle fondateur en copiant sa mise en scène. Rapidement, on ne compte même plus le nombre de séquences directement inspirées ou pompés sur le film de 1993 (les affrontements inter-dinos, la cuisine, le tronc d’arbre pour échapper aux troupeaux en fuite etc.), lesquelles ne font qu’accroître la sensation d’une suite dénuée d’âme et de toute inspiration propre.

Au final ? Au final, Fallen Kingdom est d’une tristesse à mourir. Si le show est assuré par la fausse générosité d’un édifice qui ne tient que par sa vitesse d’exécution permanente et son calibrage pour contenter les amateurs du moule à divertissement basique, reste que le film déçoit sur tous les étages de son mille-feuille industriel raté. L’histoire ultra-prévisible ne passionne jamais, ses personnages ne sont jamais rendus attachants, les notes d’humour tombent souvent à plat, les tentatives d’injecter quelques grammes d’émotion ne fonctionnent pas (en dehors d’un plan sur un brachiosaure joliment mélancolique), la tension s’évapore par ébullition et on en passe, à commencer par la sensation d’un émerveillement disparu depuis belle lurette et une trouille délicieuse qui a été sacrifiée sur l’autel du « grand divertissement familial formaté » là où Spielberg avait su glisser quelques notes de frissons quasi-horrifiques, créatrice d’un suspens jadis effrayant. Ici, tout est monotone, fade, réglé en mode passe-plat où l’on aligne les séquences remuantes pour créer une récréation factice sans charme ni saveur particulière. Et quand le générique de fin sur la musique de John Williams démarre, on se souvient de cette fabuleuse introduction. Fabuleuse… Normal, c’était une intro, le scénario n’avait pas encore eu le temps de faire ses dégâts. 

Ah et sinon, si   le cœur vous en dit (et que vous avez le courage de prolonger un peu le supplice),  restez jusqu’à la fin du générique pour la « micro-scène surprise ». 

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

Une réponse à “JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM de Juan A. Bayona : la critique du film
Sortie cinéma

  1. Je me demande pourquoi cela n’a pas été relevé plus tôt sur cette page allociné (pourtant remplie de cinéphiles avertis) mais ce film est clairement un plagiat très mal dissimulé de l’oeuvre du grand Alan Alexander Milne : Winnie l’ourson
    C’est pourtant flagrant, voire même gênant de limpidité par moment et cela dès la première scène du film. Jurassic world fallen kingdom n’est qu’une pâle copie des aventures du célèbre ourson jaune.
    Pour les curieux qui seraient malgré tout tentés de voir le film pour se faire leur propre avis ou car ils n’ont rien d’autre à foutre de leur vie de merde, ce film ne vaut rien et ne mérite ni votre argent ni votre temps alors pour endiguer son succès qu’il doit, je le rappelle, entièrement à l’animé de disney, une seule solution s’offre à nous : le boycott. Ne reproduisez pas mon erreur svp. Si seulement je pouvais retourner dans le temps et ne pas acheter cette place… Mais il est déjà trop tard et se morfondre ne sert à rien, nous devons réagir. Je m’adresse donc aux adeptes de la franchise « winnie the pooh » je vous invite à signer la pétition qui tourne en ce moment sur la toile qui répond au judicieux nom de « Sauvez winnie »

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